A qui la faute ?
De nombreuses entreprises partagent l’avis que l’IA s’intègre assez bien dans leurs différentes stratégies. Pourtant, son instauration dans certaines prises de décision fait craindre aux CEO que la responsabilité de cette dernière leur incombe. 80% des CEO estiment que leur poste pourrait être menacé en cas d’échec avec l’IA en 2026. 81% des dirigeants américains sont convaincus qu’ils pourraient être évincés de l’entreprise cette année à cause d’une stratégie défaillante ou d’une crise en matière d’IA.
De tels pourcentages témoignent de la difficile reconnaissance de l’IA à l’échelle de la direction de l’entreprise. L’adoption rapide de cette dernière comporte des risques mais est aussi un vecteur de productivité évident. Cette avancée à différentes vitesses provoque bien évidemment des écarts entre les différentes entreprises. La concurrence se joue alors sur à quel point une entreprise fait confiance à l’IA.
« Toutes les entreprises ont désormais accès à une IA puissante. Ce qui fait la différence, c’est leur capacité à transformer cette puissance en décisions business fiables », a déclaré Florian Douetteau, PDG et cofondateur de Dataiku.
Aller vite ou se faire distancer. C’est le dilemme qui se pose pour les dirigeants qui ne veulent pas perdre en efficacité en ne s’adaptant pas à l’intelligence artificielle. Le partage très inégal des plateformes d’IA entre très peu d’acteurs instaure le doute. Plus qu’une question de stratégie, c’est une question de sécurité qui s’impose.
Une pression sur différents niveaux
L’entrée de l’IA dans les sphères décisionnelles de l’entreprise n’est pas vue sous le même angle selon qui en bénéficie. Comme énoncé au cours de l’article, du côté des dirigeants, la réponse est sans équivoque. Le manque de confiance envers l’IA ne permet pas de travailler en totale harmonie avec elle. Cependant, du côté des conseils d’administration, il est nécessaire d’obtenir des résultats convaincants peu importe les moyens utilisés. 62% des CEO ressentent la pression de leur conseil d’administration pour qu’ils délivrent des résultats mesurables du déploiement de l’IA. Ils expriment une certaine impatience à obtenir des preuves de l’impact positif de l’IA sur les performances business.
En parallèle de cette pression interne, le gouvernement français a aussi tendance à freiner les démarches d’assimilation de l’IA. 61% des dirigeants indiquent que leurs initiatives en matière d’IA ont été retardées en raison de la réglementation, contre 49 % en moyenne dans le reste du monde. Aux Etats Unis, la réglementation n’est pas la même et la pression du conseil d’administration n’en est que plus forte. 72 % des CEO américains déclarent que leur conseil d’administration exerce une pression pour obtenir des résultats mesurables en matière d’IA, contre 61 % il y a seulement un an et 67 % à l’échelle mondiale.
F-D: « C’est tout le paradoxe auquel sont confrontés les dirigeants aujourd’hui : ils misent leur poste sur l’IA, mais continuent de remettre en question ses résultats et peinent à contrôler les systèmes dont ils se disent propriétaires. Les entreprises qui combleront ce fossé seront celles qui développeront une IA digne de confiance. C’est ce qui distingue un pari d’une véritable création de valeur. »
S’il existe de nombreuses contraintes à son utilisation, l’IA reste un élément qui fait et continuera à faire la différence au cours des prochaines années.
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