Europe IA

Microsoft conclut un accord avec la start-up française Mistral AI 

Par |

Ce 21 juillet, les deux entreprises de la tech, Microsoft et Mistral AI, ont annoncé dans un communiqué commun un accord de “plusieurs milliards” de dollars afin de permettre au géant américain d'exploiter les infrastructures de calcul de Mistral AI en Europe.

Microsoft conclut un accord avec la start-up française Mistral AI 

Un accord historique dans le secteur

Le communiqué ne précise pas la valeur exacte de ce partenariat, mais scelle la collaboration des deux entreprises. Alors que la start-up française s’apprêtait à mener une levée de fonds de 3 milliards d’euros pour atteindre une valorisation de 20 milliards d’euros, cet accord pluriannuel projette l’entreprise dans la cour des grands.

Comme le précise Marjorie Janiewicz, directrice des revenus chez Mistral dans un article pour les Échos, cet accord “est une opportunité pour les clients de Microsoft de bénéficier des innovations de Mistral. Dans un monde où l’accès aux GPU est de plus en plus rare, Mistral a investi très tôt dans l’expansion de son infrastructure. Ce partenariat vient valider cette stratégie et Microsoft pourra profiter de nos GPU en Europe”. L’accord se veut gagnant-gagnant. Microsoft se rapproche du marché européen et Mistral AI renforce sa position sur le marché européen des infrastructures de calcul.

Une opportunité pour Mistral AI

Mistral AI s’est fait connaître pour ses modèles d’intelligence artificielle intégrés. Cofondée par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix en 2023, la start-up a pour ambition de diversifier son activité. Elle a récemment investi dans la construction d’infrastructures de calcul en Europe. Selon un article du Monde, l’entreprise a déjà investi 1 milliard d’euros dans la construction de ses propres data centers en France et, plus récemment, en Suède. Elle dispose notamment du complexe de Bruyères-le-Châtel, au sud de Paris. Elle met à disposition des entreprises européennes Mistral Compute, une solution de calcul souverain destinée aux entreprises. Selon le communiqué, cet accord va permettre à Mistral AI de développer ses infrastructures en Europe. Arthur Mensch, cofondateur de Mistral AI a défendu leur objectif d’atteindre 1 gigawatt de puissance électrique d’ici 2030. 

La mise à disposition de cette capacité de calcul à Microsoft propulse Mistral AI parmi les grands acteurs du secteur comme SpaceXAI ou l’européen NScale. Dans le communiqué, il est précisé que des modèles d’IA de Mistral seront intégrés dans les produits de Microsoft. Arthur Mensch se réjouit de “voir ses modèles être déployés par les entreprises et les institutions publiques du monde entier ». 

Un moyen pour Microsoft de rassurer l’UE

La question de la souveraineté numérique européenne s’impose dans le débat public. Ce choix stratégique permet à Microsoft d’afficher son soutien à l’écosystème local européen. En pleine application progressive de l’AI Act européen, qui encadre le développement et l’utilisation des systèmes d’intelligence artificielle, cet accord vient nuancer l’hostilité envers les acteurs extra-européens. Afin d’éviter d’être freiné par les velléités protectionnistes du Vieux Continent, Microsoft veut se positionner comme l’entreprise compatible avec les exigences du marché européen.

En effet, un article de Franceinfo souligne la “possible entorse de cet accord avec les principes de la souveraineté numérique”. Néanmoins, l’article précise que Microsoft ne rachète pas Mistral AI, mais devient l’un de ses clients. Cette volonté est confirmée par le président de Microsoft, Brad Smith, qui affirme dans le communiqué que « l’Europe doit avoir accès aux capacités d’IA les plus avancées au monde, sans compromettre la maîtrise de ses données ».

Cet accord marque une nouvelle étape dans la montée en puissance de Mistral AI et témoigne de la volonté de Microsoft de s’ancrer davantage sur le marché européen. Cette collaboration s’ancre dans un contexte où la souveraineté numérique et les capacités de calcul deviennent des enjeux stratégiques.