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Dell Technologies : l’IA en entreprise, vers l’industrialisation des infrastructures et des usages

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Dans un contexte où l’intelligence artificielle passe du stade expérimental à celui de l’industrialisation, les entreprises sont confrontées à une transformation de leurs infrastructures, de la gestion de la donnée et de leurs modèles d’investissement IT.

Dell Technologies : l’IA en entreprise, vers l’industrialisation des infrastructures et des usages

Eric Bezille, Directeur Technique et CTO Ambassador chez Dell Technologies, revient sur les conditions de réussite des projets d’IA à l’échelle et sur les évolutions qu’ils imposent aux organisations, entre performance, souveraineté et cybersécurité.

Après une phase d’expérimentation, l’intelligence artificielle entre-t-elle dans une logique de déploiement à grande échelle dans les entreprises ?

E.B : « Effectivement, après avoir transformé l’essai, les entreprises doivent désormais passer à l’échelle avec un enjeu de durée. L’IA crée de la valeur lorsqu’elle repose sur trois piliers : des cas d’usage à ROI mesurable, des données exploitables et gouvernées, et une infrastructure pensée pour la performance, la sécurité et l’évolutivité. À cela s’ajoute l’économie du token, c’est-à-dire l’économie des usages de l’IA. L’IA est aujourd’hui le fondement d’une entreprise « AI native » et un facteur clé de compétitivité. »

Passer du pilote à l’industrialisation reste un cap délicat : quels sont les principaux obstacles ?

E.B : « Le premier frein reste la qualité des données, leur hétérogénéité – près de 80 à 90 % des données en entreprise sont non structurées – et leur cloisonnement, alors qu’un projet d’IA est transversal. Viennent ensuite l’intégration au système d’information, les enjeux de conformité et de cybersécurité. Mais le défi majeur est désormais économique, lié à la consommation de tokens. Avec l’avènement des agents IA qui enchaînent les requêtes, les dérives budgétaires sont rapides. Certaines organisations voient leurs coûts liés aux tokens multipliés par huit, rendant la trajectoire financière insoutenable dans leur P&L. Enfin, la réussite passe par l’engagement des directions, l’identification des “super users” et la généralisation de leurs usages à l’échelle de l’entreprise.»

L’essor de l’IA change-t-il durablement la manière d’investir dans les infrastructures et la cybersécurité ?

E.B : « Oui, car un projet d’IA consomme et génère massivement de la donnée, ce qui entraîne un besoin accru de puissance de calcul. Nous assistons à un changement de paradigme avec des infrastructures AI-ready et des architectures hybrides et modulaires, portées chez Dell par la Dell AI Factory. Le stockage devient un socle dynamique des flux. La donnée devenant un actif stratégique, l’extension des environnements impose une approche “secure by design”, intégrant la protection des données, des modèles et des pipelines. L’IA ne fait donc pas qu’accélérer les investissements : elle en redéfinit la nature. »

Dans ce contexte, comment concilier performance, sécurité et souveraineté ?

E.B : « L’objectif est de construire une infrastructure qui permette d’innover tout en gardant le contrôle. La solution consiste à apporter l’IA aux données et non l’inverse. »

Les entreprises s’orientent vers des modèles hybrides. Pourquoi ce choix s’impose-t-il ?

E.B : « Parce qu’il apporte souplesse, agilité et performance. Lorsque les usages passent à l’échelle ou que les données deviennent sensibles, l’hybridation s’impose. Notre approche Dell AI Factory permet de maîtriser ces coûts opérationnels. Nous recommandons des cycles d’investissement sur deux ans, avec réévaluation à 18 mois pour conserver des architectures évolutives et modulaires. »

Comment les infrastructures, notamment les datacenters, évoluent-elles ?

E.B : « Il est essentiel de disposer des bonnes capacités de calcul, de réseau et de stockage pour alimenter les GPU. Ce qui entraîne une transition vers des architectures en racks intégrés et une généralisation progressive du refroidissement liquide.

Chez Dell Technologies, nous intervenons sur l’ensemble de la chaîne. Avec la Dell AI Factory, la Dell AI Data Platform apporte des innovations concrètes au niveau des sous-systèmes, comme le Dell Lightning File System, un système de fichiers parallèle dédié à l’entraînement des modèles qui offre jusqu’à deux fois plus de performance que le marché. L’enjeu est de déverrouiller la donnée pour alimenter les agents en temps réel. »

À quoi ressemblera une infrastructure prête pour l’IA ?

E.B : « Elle reposera sur une fondation modulaire, ouverte et pilotable, combinant matériel et logiciel. L’enjeu sera de piloter l’économie du token, d’arbitrer entre valeur et coût des usages, tout en intégrant des garde-fous solides. Notre objectif est d’aider les organisations à passer de l’expérimentation à l’exécution, avec plus de 5 000 déploiements déjà réalisés à l’échelle mondiale grâce à notre référentiel d’AI Factory. »

À plus long terme, comment voyez-vous l’évolution des infrastructures IA dans les entreprises ?

E.B : « Nous entrons dans une phase d’industrialisation continue. Les infrastructures devront évoluer en permanence pour accompagner des usages de plus en plus dynamiques, notamment autour de l’IA agentique et du temps réel. Les entreprises ne raisonneront plus uniquement en projets IA isolés, mais en véritables écosystèmes d’intelligence distribuée, reliant données, modèles et applications métiers. Orchestrer l’ensemble de cette chaîne de valeur deviendra le facteur clé de différenciation et de compétitivité. »

Pour plus d’informations :

https://www.dell.com/fr-fr/lp/nvidia-ai