Un contexte économique sous tension
Au deuxième trimestre 2026, 76 % des responsables financiers français citent l’instabilité géopolitique comme principale source d’incertitude, aux côtés des conditions macroéconomiques et de la volatilité des coûts de l’énergie. La croissance reste positive mais moins soutenue qu’ailleurs : 67 % des entreprises françaises rapportent une croissance de leur chiffre d’affaires sur douze mois, contre 80 % aux États-Unis et 76 % au Royaume-Uni.
Vers une planification continue
Face à cette instabilité, les équipes financières françaises multiplient les révisions de prévisions. 52 % des organisations ont mis à jour leurs projections au cours des trois derniers mois, avec une moyenne de 19 révisions au T2, contre 10 au T1 — la plus forte progression parmi les marchés étudiés. Ce rythme traduit un abandon progressif des cycles de planification annuels fixes au profit d’une actualisation continue des hypothèses.
La France, championne des intentions d’investissement en IA
69 % des entreprises françaises prévoient d’augmenter leurs investissements en IA dans les douze prochains mois, le taux le plus élevé des quatre marchés étudiés. Un paradoxe toutefois : la France reste en retard sur l’adoption effective, avec seulement 24 % des entreprises jugeant leur usage de l’IA « à grande échelle ou mature », contre 45 % en Allemagne et au Royaume-Uni, et 51 % aux États-Unis.
Cet investissement s’appuie sur des résultats tangibles. Chez les entreprises françaises les plus avancées dans l’adoption de l’IA, 80 % enregistrent une croissance de leur chiffre d’affaires, contre 63 % pour les moins avancées. La confiance progresse également : 70 % des DAF déclarent une confiance accrue envers l’IA sur les six derniers mois, et 55 % constatent déjà des gains de productivité.
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Des freins qui persistent
Le coût reste le principal obstacle à une adoption plus large, cité par 40 % des répondants. Viennent ensuite le manque de compétences internes (30 %), puis à égalité la qualité insuffisante des données et les résistances organisationnelles (27 % chacune).
Un écart de confiance entre niveaux hiérarchiques
L’étude révèle aussi une fracture interne : 97 % des CFO affichent une confiance accrue dans la valeur de l’IA, contre 66 % des managers. Sur le déploiement effectif, 42 % des CFO jugent l’IA mature dans leur organisation, contre seulement 24 % des managers et 20 % des directeurs. Les dirigeants sont convaincus ; le reste de la fonction finance est encore en phase de rattrapage.
Pour Edouard Beaucourt, Head of Revenue EMEA de Pigment, les directions financières françaises entrent dans une phase où les cycles de planification fixes ne suffisent plus : la performance dépendra désormais de la capacité à ajuster rapidement les prévisions, comparer les scénarios et intégrer l’IA au cœur des processus financiers plutôt que comme un outil isolé.
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