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Climatisation et canicule : quelle est la marche à suivre ?

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Climatiser, c’est bien ; dans un bâtiment optimisé, c’est mieux. Alors que les vagues de canicule s’enchaînent en France, les experts Mathieu Gilli et Marilyne Lacaze livrent leurs conseils sur comment s'y prendre pour refroidir intelligemment un bâtiment.

Climatisation et canicule : quelle est la marche à suivre ?

Le pragmatisme avant tout

« La climatisation n’est pas le problème en soi, le problème, c’est l’ordre dans lequel on s’y prend », martèle Mathieu Gilli, directeur métier énergie du bureau d’études bâtimentaires Acceo. Pour lui, le sempiternel débat sur la clim, ravivé par les vagues de chaleur successives actuelles, manque de pragmatisme. Nous avons besoin de sortir de la posture binaire, pour ou contre la climatisation, car ce qui importe avant tout, c’est la méthode.

Comme le rappelle ce dernier, « la climatisation doit venir en dernier recours, après le diagnostic et les solutions passives, et non en premier réflexe ». Ce diagnostic, c’est celui de la qualité de l’optimisation de chaque bâtiment, qui va venir déterminer les besoins précis de chaque lieu. Le risque sinon ? Déplacer le problème. « Un bâtiment mal isolé et mal ventilé reste une bouilloire thermique, climatisation ou pas », insiste Mathieu Gilli.

Des risques multifacettes

Pour Marilyne Lacaze, directrice d’Alber (filiale d’Acceo), absence de bon diagnostic rime presque toujours avec surdimensionnement de l’appareil. Celui-ci est expliqué par le besoin de compenser les déperditions probables du bâtiment, des déperditions qui entraînent elles-mêmes un vaste gaspillage. Il faut en effet prendre en compte l’alourdissement de la facture d’achat et d’installation, auquel vient s’ajouter la surconsommation électrique. « La climatisation doit lutter en permanence contre la chaleur », explique-t-elle, avant d’ajouter : « Cela fait exploser les besoins en électricité au moment précis où le réseau est déjà sous tension. »

Et après tout cela, le résultat ne sera même pas concluant, puisque, comme insiste Mme Lacaze, « le confort reste précaire ». Il faut être informé pour éviter les mauvais choix, comme celui de la laine de verre pour l’isolation. Celle-ci n’offre pas beaucoup de déphasage thermique de par sa faible épaisseur, avec des conséquences immédiates : « Dès qu’on ouvre une fenêtre ou qu’une coupure survient, la chaleur revient immédiatement », rappelle l’experte.

Pour mieux climatiser, il ne faut pas climatiser 

Comment procéder alors ? Eh bien d’abord en choisissant les bons matériaux d’isolation, plus denses : fibre de bois ou ouate de cellulose. Il y a aussi la puissance sous-estimée de la ventilation, « premier levier de rafraîchissement d’un immeuble », selon Mathieu Gilli. Avec des gestes simples comme l’installation de brasseurs d’air et l’ouverture nocturne des fenêtres, elle permet à la chaleur de « s’évacuer par convection avant même d’atteindre l’isolant »

Enfin, moult modifications sont possibles dès l’extérieur du bâtiment, à commencer par les classiques volets ou brises-soleil, aussi efficaces qu’économiques. Plus ambitieux, mais tout aussi payant, le fait de repeindre les surfaces sombres dans des couleurs plus claires permet de particulièrement améliorer les conditions pour les appartements du dernier étage. On parle ici d’un gain significatif puisque, pour Marilyne Lacaze, cela peut « faire passer sa température de surface de 70 à 40 °C ». Pour les étages les plus bas, la meilleure option est de « désimperméabiliser et végétaliser les cours et parkings communs ». En bout de course, on obtient, toujours selon la directrice d’Alber, « une climatisation beaucoup plus petite, moins coûteuse et parfois même inutile ».