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Franchises médicales : le gouvernement renonce au doublement, mais pas à la hausse

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Face à la fronde des associations de patients et des professionnels de santé, le gouvernement recule sur le doublement du plafond des franchises médicales, qu'il envisageait de faire passer de 50 à 100 euros par an. La ministre de la Santé Stéphanie Rist confirme toutefois qu'une hausse, plus modérée et indexée sur l'inflation, reste à venir.

Franchises médicales : le gouvernement renonce au doublement, mais pas à la hausse

Un rétropédalage assumé

Stéphanie Rist a mis fin au suspense jeudi 20 août, dans une interview au Figaro. La ministre de la Santé annonce que le gouvernement abandonne, dans l’immédiat, le doublement du plafond annuel des franchises médicales. « Nous avons largement consulté et nous avons décidé de faire évoluer notre proposition », déclare-t-elle. Elle reconnaît que la mesure initiale n’a « pas été comprise » et « a pu apparaître brutale ». Le gouvernement voulait faire passer ce plafond de 50 à 100 euros.

Le gouvernement ne renonce pas pour autant à toute hausse. La ministre annonce travailler désormais à « une réforme juste, fondée sur une indexation à l’inflation depuis 2005 ». Cette nouvelle méthode devrait produire une augmentation « nettement inférieure » à celle initialement envisagée. Elle n’a pas communiqué le montant précis du futur plafond.

Une mesure qui avait suscité une opposition large

L’annonce du doublement, fin juillet, a immédiatement provoqué la mobilisation des associations de patients. Gérard Raymond, président de France Assos Santé, a dénoncé une mesure synonyme, pour les malades chroniques, de « double, triple, quadruple peine ». Il s’exprimait auprès du Parisien. La Mutualité française représente près de 500 mutuelles. Elle a de son côté estimé que ce doublement pèserait avant tout sur les personnes âgées et les patients les plus fragiles.

Les franchises médicales existent depuis 2008. Elles correspondent à une participation forfaitaire déduite des remboursements de santé : 50 centimes par boîte de médicaments ou par acte paramédical, deux euros par transport sanitaire. Le gouvernement avait déjà relevé le forfait de consultation par décret, sans vote du Parlement. Cette méthode avait nourri les critiques de l’opposition.

Une pièce du puzzle des économies sur l’Assurance maladie

Cette mesure s’inscrivait dans la stratégie du gouvernement pour réduire le déficit de la Sécurité sociale. Sébastien Lecornu avait déjà évoqué d’autres pistes, comme une réduction des remboursements pour les « gros consommateurs » de soins. Le recul de Stéphanie Rist ne change pas cet objectif d’économies. Il change la méthode. L’exécutif abandonne un doublement brutal et politiquement risqué. Il mise désormais sur une indexation plus progressive. Cette approche devrait mieux passer auprès des associations de patients, des professionnels de santé et de l’opinion publique.