En France, la pression pour progresser atteint 71 %
La France se distingue par l’intensité de la pression ressentie. Parmi les professionnels français interrogés, 71 % disent devoir améliorer constamment leurs compétences. La proportion atteint 59 % sur l’ensemble de l’échantillon. L’écart de 12 points place la France en tête des neuf pays étudiés.
Preply, plateforme d’apprentissage des langues, a publié ce rapport le 1er octobre 2026. Dynata a mené l’enquête en ligne auprès de 5 050 professionnels, dont 500 en France. La collecte s’est achevée le 26 juin 2026. Le communiqué présentant les résultats internationaux confirme le décalage entre pratique et application.
Cependant, ces chiffres concernent un public précis. Les participants ont entre 18 et 55 ans et ont cherché à développer une compétence professionnelle durant les douze derniers mois. L’étude exclut les étudiants, les personnes sans emploi et les retraités. Elle ne décrit donc pas l’ensemble des actifs français.
Formation et IA : l’abondance ne garantit pas les acquis
À l’échelle des neuf pays, 82 % des répondants estiment qu’il n’a jamais existé autant de façons d’apprendre. Pourtant, 49 % déclarent encore peiner à mobiliser leurs compétences après des mois d’apprentissage régulier. De plus, 52 % disent consacrer davantage de temps à apprendre sans toujours obtenir de meilleurs résultats.
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Preply nomme ce décalage le « paradoxe des progrès ». Il sépare l’accès aux connaissances de la capacité à les utiliser. Pour un employeur, cette distinction touche directement l’évaluation d’une formation. Le temps passé sur une plateforme renseigne sur l’activité de l’apprenant ; il ne prouve pas sa maîtrise d’une tâche.
Les résultats français éclairent aussi cette difficulté. Dans l’échantillon national, 58 % trouvent plus difficile de savoir ce qui produit des résultats. Par ailleurs, 55 % se sentent dépassés par les possibilités d’apprentissage. L’offre disponible peut donc s’accompagner d’un manque de repères, selon les déclarations recueillies.
Des usages français proches de la moyenne internationale
L’IA occupe déjà une place importante dans les parcours étudiés. Au total, 88 % des répondants déclarent l’utiliser pour apprendre, même occasionnellement. En France, cette proportion atteint 86 %. En revanche, l’usage quotidien concerne 27 % des répondants français, contre 34 % sur l’ensemble de l’échantillon.
| Indicateur déclaré | France | Ensemble des neuf pays |
|---|---|---|
| Pression pour améliorer constamment ses compétences | 71 % | 59 % |
| Utilisation de l’IA pour apprendre | 86 % | 88 % |
| Utilisation quotidienne de l’IA pour apprendre | 27 % | 34 % |
| Financement de l’apprentissage par l’employeur, total ou partiel | 58 % | 51 % |
Ces indicateurs mesurent des perceptions, des pratiques et des modalités de financement. Ils ne constituent pas des tests de compétences. De même, les résultats agrégés concernent neuf pays sélectionnés ; ils ne représentent pas tous les professionnels dans le monde.
Business Times a déjà traité les enjeux de l’adoption de l’IA sans formation structurée. L’étude Preply apporte ici un autre éclairage : utiliser un outil pour apprendre ne suffit pas à établir le résultat de cet apprentissage.
L’accompagnement humain reste largement demandé
Dans l’ensemble de l’enquête, 75 % des répondants privilégient un apprentissage associant IA et expertise humaine pour progresser durablement. Seuls 11 % préfèrent une approche entièrement autonome avec l’IA. Les 14 % restants choisissent un apprentissage traditionnel, sans IA.
Toutefois, cette préférence ne démontre pas la supériorité d’une méthode. L’enquête ne compare pas plusieurs groupes dans un protocole expérimental. Preply défend par ailleurs un modèle qui associe des professeurs à des outils technologiques. Le commanditaire a donc un intérêt commercial dans le sujet.
La demande d’accompagnement constitue néanmoins un signal pour les responsables de formation. Elle invite à examiner la place des échanges, des corrections et des mises en situation dans les parcours. Dans un cadre plus large, les recommandations de l’Unesco sur l’IA générative en éducation défendent également une approche centrée sur l’humain. Elles ne valident pas pour autant les résultats de cette enquête.
Les langues restent une priorité professionnelle
Les sciences des données et l’IA arrivent en tête des domaines étudiés : 28 % des répondants les citent. Les langues étrangères pour le travail suivent à 19 %, devant la gestion d’entreprise à 18 %. Ces proportions portent sur l’ensemble des neuf pays.
En France, les langues occupent également la deuxième place, avec 19 %, derrière les sciences des données et l’IA à 26 %. La prise de parole en public atteint 18 %. Les besoins exprimés dépassent ainsi la seule maîtrise des outils numériques.
Formation et IA : évaluer la mise en pratique
En France, 58 % des répondants déclarent que leur employeur finance tout ou partie de leur apprentissage. Ce chiffre renseigne sur la fréquence de ce soutien dans l’échantillon. Il ne mesure ni les sommes engagées ni leur rentabilité.
L’enjeu de gestion ressort néanmoins clairement de notre analyse : relier le suivi pédagogique à une situation professionnelle observable. Pour une langue, il peut s’agir de présenter une offre ou de traiter un échange client. Pour un outil de données, l’objectif peut être de réaliser puis d’expliquer une analyse. Ce sont des exemples de critères à définir, pas des performances mesurées par Preply.
Cette question prolonge notre entretien sur les compétences et la formation à l’IA. À retenir : le rapport documente un écart ressenti entre apprentissage et application. Il donne aux employeurs une raison d’examiner ce que les équipes savent faire après la formation, au-delà de leur assiduité.
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