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CHOVET mise sur l’actionnariat salarié pour sa croissance

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CHOVET associe ses salariés à une nouvelle opération de reprise par ses dirigeants. Cette PME d’ingénierie de Villeurbanne veut faire de l’actionnariat salarié un moyen de conserver ses compétences et de soutenir sa croissance. Selon les données transmises à la rédaction, elle a réalisé 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avec une activité désormais largement tournée vers la décarbonation industrielle.

CHOVET mise sur l’actionnariat salarié pour sa croissance

Pour développer un bureau d’ingénierie, il faut des clients, mais aussi des équipes capables de suivre leurs installations sur la durée. Une nouvelle technologie, un procédé à adapter ou un chantier à conduire mobilisent des compétences qui prennent du temps à acquérir. Chez CHOVET, l’évolution du capital répond notamment à cette question de continuité.

L’entreprise a annoncé le 21 septembre une nouvelle étape de son actionnariat. Après la sortie de Siparex Territoires et la cession des parts de Georges Sontag, Damien Michel prend la tête de la société comme président-directeur général. La direction entend associer plus largement les collaborateurs au développement de l’activité.

Une reprise par les dirigeants, élargie aux salariés

Créée en 1963, CHOVET conçoit et accompagne la réalisation d’installations industrielles, notamment dans le verre, le ciment, la chaux et les minerais. L’entreprise a retrouvé son indépendance à l’occasion d’un premier LMBO en 2022. Elle engage aujourd’hui une nouvelle opération de ce type.

Un LMBO désigne un rachat par les managers avec effet de levier. Ce montage repose généralement sur une société de reprise qui emprunte pour acquérir les titres. Son équilibre dépend donc de la capacité de l’activité à dégager les ressources nécessaires au remboursement.

La sortie d’un investisseur ouvre aussi un nouveau chapitre dans la transmission et le financement des PME. Pour CHOVET, l’objectif affiché est de garder son indépendance tout en donnant aux équipes un intérêt financier dans le projet.

L’entreprise compte une cinquantaine de collaborateurs. L’ouverture du capital ne signifie toutefois pas que tous sont déjà actionnaires. Le communiqué ne précise ni le nombre de souscripteurs, ni leur participation totale, ni le montant de l’opération.

L’actionnariat salarié se joue aussi dans les règles du quotidien

La direction mise sur cette évolution pour renforcer l’attractivité de CHOVET et fidéliser ses talents. Dans une société d’ingénierie, le départ d’un spécialiste peut interrompre la transmission de connaissances sur un procédé ou sur un client. Associer les équipes à la création de valeur peut donner une perspective supplémentaire à leur engagement.

Encore faut-il rendre cette perspective compréhensible. Le salarié doit pouvoir connaître les conditions d’entrée au capital, les informations auxquelles il aura accès et les modalités de revente de ses titres. Sa place dans les décisions compte autant que la promesse d’un gain futur.

Le ministère de l’Économie rappelle d’ailleurs les avantages et les risques de l’actionnariat salarié. En cas de difficultés, le salarié peut être exposé à la fois sur son emploi et sur son épargne investie dans l’entreprise. La pédagogie financière fait donc partie du dispositif.

CHOVET ne détaille pas encore publiquement ces règles. Les effets de l’opération sur la fidélisation devront, eux aussi, se mesurer dans le temps.

La décarbonation représente 74 % des projets accompagnés

Cette réorganisation intervient après une progression du chiffre d’affaires supérieure à 20 % entre 2023 et 2025, selon CHOVET. Il s’agit d’une hausse cumulée sur deux ans. Le chiffre d’affaires de 7 millions d’euros pour 2025 est, lui, indiqué dans les informations adressées à la rédaction.

L’entreprise estime que 74 % des projets accompagnés en 2025 étaient orientés vers la décarbonation. Cette proportion décrit son portefeuille d’activité. Pour apprécier les résultats environnementaux de ces projets, il faudrait examiner les économies d’énergie et les émissions évitées installation par installation.

Les missions concernent notamment l’adaptation des combustibles, des matières premières et des procédés. Pour l’industriel, ces choix doivent rester compatibles avec les coûts, les délais et la continuité de production. Une solution pertinente sur le papier doit encore fonctionner sur un site existant.

Cette évolution des besoins dépasse CHOVET. Le développement des technologies bas carbone chez Axens illustre également la diversification de l’ingénierie vers les batteries, le recyclage et de nouveaux procédés industriels.

De nouveaux marchés qui demanderont de nouvelles compétences

À horizon 2030, CHOVET veut renforcer ses métiers historiques et développer ses interventions autour du lithium, des terres rares, du recyclage et de l’énergie industrielle. Ce sont des orientations stratégiques ; l’entreprise n’annonce pas de chiffre d’affaires futur associé à ces marchés.

Elle indique avoir déjà élargi ses recrutements à des profils issus d’autres secteurs, notamment du pétrole et du gaz. Leurs méthodes peuvent être mobilisées sur les procédés de la transition industrielle. Cette diversification complète le travail de fidélisation des compétences existantes.

Le changement d’actionnariat prend ainsi place dans une transformation plus large du métier. CHOVET devra conserver la connaissance de ses installations historiques tout en apprenant à intervenir sur de nouvelles chaînes de production. Pour les équipes devenues actionnaires, la création de valeur se jouera aussi dans les études remportées, les projets livrés et les clients qui leur confieront le chantier suivant.