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Reprise de Klégé : les salariés veulent 40 % du capital

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Une offre pour la reprise de Klégé a été déposée le 7 octobre au tribunal de commerce d’Arras, annoncent ses porteurs. Le projet associerait les salariés à hauteur de 40 % du capital et vise à préserver l’activité de Bapaume. Son financement et son issue judiciaire restent à préciser.

Reprise de Klégé : les salariés veulent 40 % du capital

La reprise de Klégé entre dans une nouvelle étape. Dans un communiqué daté du 8 octobre 2026, le collectif des salariés et Ludwig Czelecz annoncent le dépôt d’une offre la veille. L’ingénieur détiendrait 60 % du capital de la structure de reprise. À ce stade, cette répartition décrit leur projet : elle ne signifie pas que le tribunal l’a retenu.

Les porteurs demandent également une réunion d’urgence avec la Région Hauts-de-France et les autres acteurs publics concernés. Ils annoncent une conférence de presse le vendredi 16 octobre, à midi, sur le site industriel de Bapaume, dans le Pas-de-Calais.

Une liquidation prononcée en juin

Le contexte judiciaire est établi par une annonce publiée au BODACC. Le tribunal de commerce d’Arras a prononcé, le 3 juin 2026, la résolution du plan de redressement et la liquidation judiciaire de Delcroix SAS, société de carrosserie située à Bapaume. L’annonce a été publiée le 12 juin.

Selon le communiqué, les salariés et Ludwig Czelecz avaient relancé Klégé en 2020. Les auteurs attribuent ensuite ses difficultés à la défaillance de Durisotti, présenté comme son principal débiteur. Cette explication relève de leur analyse ; le document ne détaille ni les créances concernées ni leur impact sur la trésorerie.

La liquidation peut conduire à une vente globale de l’entreprise, comme l’explique la fiche officielle sur la liquidation judiciaire d’une société. Le dépôt d’une offre constitue donc une étape, avant une éventuelle décision autorisant la cession.

Reprise de Klégé : une place au capital pour les salariés

Le montage annoncé réserve 40 % du capital au collectif des salariés, contre 60 % à Ludwig Czelecz. Toutefois, le communiqué ne précise pas le montant des apports, les droits de vote ou les règles de gouvernance envisagées. Il ne permet pas non plus de qualifier la future structure de coopérative.

L’association des équipes au capital soulève une question concrète : quelle place auront-elles dans les décisions industrielles et financières ? Business Times a notamment abordé ce sujet à travers l’ouverture du capital de CHOVET à ses salariés.

Pour Bapaume, les repreneurs affichent un objectif de maintien des salariés. Le communiqué évoque 74 familles dépendantes de ces emplois, sans détailler le périmètre des postes inclus dans l’offre. Ce chiffre ne correspond donc pas à un nombre d’emplois déjà sauvegardés.

Des précommandes à transformer en activité financée

Les porteurs revendiquent près de 6,1 millions d’euros de précommandes. Ils visent également 12,3 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon de fin 2027. Ces montants constituent des données annoncées et un objectif commercial, sans pièces justificatives jointes.

Surtout, un portefeuille de précommandes ne renseigne pas, à lui seul, sur les encaissements disponibles. Le communiqué ne précise ni les acomptes versés ni les conditions de confirmation des commandes. Or, la fabrication peut nécessiter des achats et le paiement de salaires avant le règlement des clients. Le besoin de trésorerie demeure ainsi une question distincte du potentiel commercial.

La diversification envisagée concerne l’alimentaire, la défense et l’industrie. Elle figure parmi les orientations du projet, sans calendrier détaillé. La recherche de nouveaux débouchés accompagne également d’autres opérations industrielles, comme la reprise d’ONDEX et son développement international.

Un appel aux pouvoirs publics les 15 et 16 octobre

Les auteurs reprochent à la Région un manque de soutien financier et opérationnel. Ludwig Czelecz évoque notamment un prêt d’un million d’euros dans sa déclaration. Le communiqué ne contient toutefois aucune décision d’attribution permettant d’en établir le statut ou les conditions.

Après une mobilisation qu’ils indiquent avoir organisée le 7 octobre à Arras, les porteurs sollicitent une réunion avec la Préfecture, Bpifrance, les élus, l’Inspection du travail, les salariés et leurs conseils.

Ils annoncent une nouvelle manifestation le jeudi 15 octobre à 14 heures à Amiens, à l’occasion de la commission permanente de la Région. Puis, le 16 octobre à midi, ils invitent les services de l’État et les élus à Bapaume. Leur présence n’est pas confirmée dans le document. Ces rendez-vous doivent soutenir le projet ; la décision du tribunal sur l’offre et les engagements de financement restent les prochaines étapes déterminantes.