Les résultats Infosys ramènent la prévision de croissance du chiffre d’affaires à 1–2 % pour l’exercice qui s’achèvera le 31 mars 2027. En juillet, le prestataire indien de services informatiques visait encore 1,5–3 %. Les deux fourchettes s’entendent à taux de change constants, afin de limiter l’effet des fluctuations monétaires.
La révision intervient alors que l’IA prend davantage de place dans les ventes. Ce décalage décrit une transition commerciale : une activité peut progresser vite sans entraîner immédiatement tout le groupe au même rythme.
Résultats Infosys : trois taux de croissance à distinguer
Pour le trimestre de juillet à septembre 2026, Infosys annonce 5,145 milliards de dollars de chiffre d’affaires. La hausse atteint 1,3 % sur un an en dollars publiés et 1,5 % à taux de change constants. En roupies, elle s’élève à 10,7 %.
Ces pourcentages ne mesurent donc pas la même chose. Retenir uniquement la progression en monnaie indienne donnerait une image différente de la dynamique suivie dans la prévision annuelle. Le calcul à changes constants sert précisément à comparer l’activité en neutralisant les variations de devises.
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La publication trimestrielle du groupe fait également état d’une marge opérationnelle de 21 %. Infosys maintient son objectif annuel entre 20 et 22 %. À ce stade, la réduction des perspectives commerciales ne s’accompagne donc pas d’une baisse de la fourchette de marge.
L’Amérique du Nord freine, l’Europe progresse
Le détail géographique éclaire le ralentissement. Selon la fiche financière du deuxième trimestre, l’Amérique du Nord représente 54,6 % du chiffre d’affaires. Les revenus y reculent de 1,5 % sur un an à changes constants.
À l’inverse, l’Europe, qui pèse 32,5 % des ventes, progresse de 4,6 % sur la même base. La trajectoire du groupe dépend donc fortement de son premier marché, même lorsque d’autres régions résistent.
Les secteurs évoluent aussi de manière inégale. À changes constants, les revenus du commerce de détail baissent de 7,7 %, ceux de la haute technologie de 17,3 %. Les services financiers progressent, eux, de 2,1 %. Ces données concernent les ventes d’Infosys à ses clients : elles ne mesurent pas l’évolution de l’ensemble de ces marchés.
L’IA atteint un dixième des ventes, sans garantir le reste
Selon Infosys, les revenus liés à l’IA représentent désormais 10,5 % du chiffre d’affaires et augmentent de 29 % par rapport au trimestre précédent. Le groupe déclarait une part de 8,2 % dans ses résultats de juillet.
Le rythme est soutenu, mais son périmètre compte. Une croissance trimestrielle de 29 % sur environ un dixième des ventes ne se compare pas directement à une prévision annuelle portant sur toute l’entreprise. Par ailleurs, ces revenus sont ceux que le fournisseur classe comme liés à l’IA. Ils ne prouvent pas le rendement obtenu par chaque client.
Pour les dirigeants acheteurs de prestations, la distinction est utile. Un projet peut générer une facture pour le prestataire avant de produire une économie mesurable chez son client. Notre entretien sur la mesure du retour sur investissement de l’IA détaille cette différence entre usage, temps gagné et valeur financière.
Les contrats signés devront encore devenir du chiffre d’affaires
Infosys annonce 5,2 milliards de dollars de grands contrats remportés, dont 62 % de nouvelles activités nettes selon sa classification. Le total comprend un accord dépassant 2 milliards de dollars.
Cette valeur contractuelle ne correspond pas aux recettes du trimestre. Les prestations s’exécutent dans le temps ; leur contribution dépend du calendrier de déploiement. Les signatures donnent ainsi une indication sur l’activité future, sans annuler les difficultés commerciales immédiates.
Les résultats Infosys invitent aussi les entreprises clientes à préciser ce qu’elles achètent avec une prestation d’IA. Quel processus doit changer ? Quelle dépense pourra réellement diminuer ? Les usages et leurs conditions d’encadrement sont abordés dans notre analyse de l’IA en entreprise à partir de l’Observatoire Inetum.
Pour Infosys, la suite se jouera dans la conversion des contrats en revenus et dans l’évolution du marché nord-américain. La progression de l’IA devra désormais se lire avec ces deux indicateurs, au-delà de sa seule croissance trimestrielle.
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