La reprise du BHV fait l’objet d’une nouvelle proposition, dévoilée le 4 novembre. Émilie Auvray, cofondatrice de L’Appartement Français, et Charles Huet, cofondateur de La carte française, portent ce projet. Leur objectif est de créer un grand magasin centré sur la fabrication française et la consommation responsable.
Cependant, cette annonce ne signifie pas qu’un repreneur a été choisi. Le montage dépend encore des capitaux réunis, des conditions d’occupation des locaux et de la procédure judiciaire.
Une reprise du BHV sur une partie des surfaces
Dans leur communiqué du 4 novembre, les entrepreneurs proposent d’exploiter un tiers du bâtiment de la rue de Rivoli. Ils envisagent cinq demi-niveaux, du sous-sol au troisième étage, avec une activité maintenue pendant les travaux annoncés par le propriétaire des murs, Brookfield.
L’offre réunirait 900 marques. Les porteurs du projet annoncent 90 % de produits fabriqués en France, 5 % de produits européens et 5 % de seconde main.
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Ainsi, leur proposition porte sur un périmètre commercial réduit. Elle ne constitue ni une acquisition annoncée de l’immeuble ni une reprise de l’ensemble des activités de la société.
Cette distinction compte pour les fournisseurs : rejoindre des rayons dans un espace repris ne revient pas à retrouver tous les débouchés du magasin actuel.
250 emplois annoncés, sans garantie à ce stade
Le projet vise le maintien de 250 emplois. Les entrepreneurs revendiquent le soutien de l’intersyndicale et évoquent un accueil bienveillant de la mairie. Ces soutiens déclarés ne valent toutefois ni engagement financier public ni décision du tribunal.
Selon la dépêche AFP du 4 novembre, le jugement d’ouverture mentionne 660 salariés pour la SEGM BHV, qui regroupe le magasin parisien et BHV Parly 2. Ce périmètre explique la prudence nécessaire avec le chiffre d’environ 700 salariés repris dans des informations antérieures.
Il serait donc prématuré de déduire de ces seuls chiffres un nombre définitif de suppressions de postes. Le contenu d’une éventuelle offre et les autres solutions pour les activités restantes détermineront la suite.
Les 15 millions d’euros restent à réunir
Pour lancer cette reprise du BHV, le tandem cherche 15 millions d’euros. Il s’agit d’un objectif de levée de fonds, et non d’une somme annoncée comme disponible.
Or, un commerce doit financer son démarrage avant d’encaisser suffisamment de ventes. Les besoins dépendent notamment du stock, des conditions de règlement et des charges d’exploitation. Sans détail public du montage, on ne peut pas assimiler les 15 millions recherchés à un prix d’acquisition.
Pour une marque candidate, les conditions commerciales compteront autant que l’adresse. Qui finance les marchandises ? Quand le fournisseur reçoit-il son paiement ? Une présence dans les rayons implique-t-elle un achat ferme ou un dépôt-vente ?
Le communiqué ne répond pas à ces questions. Elles conditionnent pourtant la trésorerie des fabricants et la répartition du risque d’invendus.
Une promesse d’origine à documenter
Le choix du made in France pose aussi une exigence de preuve. Comme le rappelle la douane sur le marquage d’origine, cette mention ne signifie pas que chaque étape de fabrication se déroule en France.
Pour les produits manufacturés, les règles d’origine prennent notamment en compte la dernière transformation substantielle. Les entreprises peuvent demander une Information sur le Made in France pour vérifier leur situation.
Par conséquent, une marque française ne suffit pas à établir l’origine française de chacun de ses produits. Notre article sur le francolavage et la confusion autour de l’origine revient sur cette différence.
Le projet devra donc préciser comment il sélectionne les références et présente leur provenance aux clients.
Le tribunal garde la main sur l’issue
Le tribunal des activités économiques de Paris a ouvert le redressement judiciaire le 2 novembre. Une audience doit examiner le maintien de la période d’observation le 18 décembre, selon l’AFP. Cette étape prolonge la séquence décrite dans notre article sur la demande de redressement et le conflit de gouvernance.
Comme l’explique Service Public sur le redressement judiciaire, une cession totale ou partielle relève d’une décision du tribunal. Celui-ci examine notamment le maintien de l’activité, l’emploi et le paiement des créanciers grâce au prix proposé.
Avant cette échéance, le projet de reprise du BHV devra surtout transformer son appel aux investisseurs en moyens financiers vérifiables.
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