Made in France

« Francolavage » : comment certains produits entretiennent la confusion sur leur origine

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Drapeaux tricolores, cocardes, mentions valorisant la France… Dans les rayons non-alimentaires, ces signes peuvent laisser penser qu'un produit est fabriqué en France alors qu'il provient de l'étranger. Une enquête de Better Things et de la Fédération indépendante du Made in France (FIMIF), menée sur 70 produits, met en lumière l'ampleur du phénomène.

« Francolavage » : comment certains produits entretiennent la confusion sur leur origine

Des indices visuels pour brouiller les repères

Le « francolavage » ne se limite pas à quelques cas isolés ! Les auteurs ont recensé des exemples dans de nombreux univers, de la mode à la décoration, en passant par les jouets, l’entretien, l’informatique ou encore la puériculture. Dans l’hypermarché témoin retenu pour l’enquête, ils ont relevé, en moyenne, une référence présentant une forme de francolavage tous les cinq mètres de rayon.

Le mécanisme est pernicieux : il repose sur des codes visuels associés à la France plutôt que sur l’indication du lieu de fabrication en tant que tel. Selon les résultats de l’enquête, 75 % des produits étudiés affichent un drapeau français ou une cocarde, alors que plus d’un sur deux est en réalité fabriqué en Chine. Dans 44 % des cas, l’origine réelle apparaît difficile, voire impossible, à identifier clairement au moment de l’achat. « Le francolavage entretient le flou, brouille les repères et joue avec la perception du consommateur », déplore Stéphane Devulder, fondateur de l’application Better Things.

Les conséquences du manque de lisibilité

Les auteurs de l’étude pointent également du doigt des pratiques commerciales qui renforcent la confusion dans les rayons eux-mêmes. Certains mélangent des produits effectivement fabriqués en France avec des produits importés, tandis que des habillages de rayon mettent en avant des symboles français sans distinguer clairement l’origine des articles.

Au-delà du constat, Better Things et la FIMIF plaident pour un marquage d’origine obligatoire dans le non-alimentaire, ce qui n’est pas encore la norme. Ils appellent aussi les distributeurs à renforcer leurs contrôles et les marques à clarifier leurs pratiques.« En 2026, il n’est plus acceptable que l’origine d’un produit reste aussi brouillée dans les rayons », estime Éric Florin, président de la FIMIF. Selon lui, le francolavage a plus d’une conséquence perverse : il fragilise la confiance des consommateurs, pénalise les fabricants qui produisent réellement en France et, finalement, nuit à la lisibilité du vrai « Made in France ».