Le cumul emploi-retraite 2027 change le calcul du revenu disponible après un départ. Entre l’âge légal et 67 ans, chaque euro de revenu retenu au-delà de 7 000 euros annuels entraîne une baisse de pension de 50 centimes. Avant l’âge légal, la réduction commence dès le premier euro.
Les décrets nos 2026-1016 et 2026-1017, datés du 2 novembre, paraissent au Journal officiel du lendemain. Ils appliquent la réforme votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. La publication des textes ne signifie donc pas que tous les retraités changent de régime dès novembre.
Cumul emploi-retraite 2027 : qui est concerné ?
Le nouveau dispositif vise les assurés dont la première pension de vieillesse de base prend effet à compter du 1er janvier 2027. L’Assurance retraite distingue les deux calendriers : les personnes parties avant cette date restent, en principe, sous les anciennes règles.
Des dispositions particulières existent pour certaines pensions et certains régimes. La seule année de naissance ne suffit donc pas à déterminer le dispositif applicable.
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Cette distinction compte aussi pour les employeurs qui organisent une transmission de compétences. Elle complète les changements de calendrier abordés dans notre article sur les départs à la retraite prévus en 2026.
Trois situations selon l’âge
Pour les nouveaux bénéficiaires concernés, hors dérogations, les règles se résument ainsi.
| Situation | Effet sur la pension |
|---|---|
| Avant l’âge légal applicable à sa génération | Réduction à hauteur des revenus professionnels et de remplacement retenus |
| De l’âge légal à moins de 67 ans | Réduction égale à 50 % des revenus retenus au-delà de 7 000 € par an en 2027 |
| À partir de 67 ans | Cumul intégral des pensions et des revenus, sous réserve des conditions de liquidation des droits |
L’âge légal varie selon la génération : il ne faut pas utiliser 64 ans comme seuil identique pour tous. Par ailleurs, avoir une retraite à taux plein avant 67 ans ne suffit plus à garantir le cumul intégral dans le nouveau dispositif.
7 000 euros : un seuil annuel, pas une interdiction de travailler
Le décret fixant les modalités de calcul apprécie le seuil sur l’année civile. Il prévoit ensuite sa revalorisation annuelle en fonction du plafond de la Sécurité sociale.
Exemple : un retraité situé entre l’âge légal et 67 ans perçoit 12 000 euros de revenus annuels retenus. Le dépassement atteint 5 000 euros. Sa réduction de pension représente donc 2 500 euros, dans la limite des pensions concernées.
Ce calcul illustre une année complète, sans activité dérogatoire. Il ne donne pas le gain net après cotisations et impôt. De plus, certains revenus de remplacement, notamment des indemnités maladie, entrent dans le calcul. Pour un micro-entrepreneur, le texte retient le chiffre d’affaires ou les recettes visés par le régime micro-social.
Les exceptions ne couvrent pas tous les revenus d’un métier
Le décret sur les activités dérogatoires distingue deux listes : les activités dispensées de rupture du lien professionnel et celles dont les revenus échappent à la réduction. Elles ne se confondent pas.
Les assistants maternels et familiaux, les gardes d’enfants et le transport scolaire figurent notamment dans la seconde liste. Les gardiens logés par leur employeur apparaissent dans la première : cette mention ne suffit pas à exonérer leurs revenus de l’écrêtement.
Pour la santé, le texte prévoit notamment une dérogation liée à l’exercice dans les zones sous-dotées définies par le code de la santé publique. D’autres règles encadrent les vacations des médecins et infirmiers retraités en établissement : entre l’âge légal et 67 ans, elles comportent une limite annuelle de 910 heures ou 260 demi-journées et un plafond de revenus. Tous les médecins retraités ne bénéficient donc pas d’une exemption générale.
Recruter un retraité suppose de revoir le calcul
Le débat politique reste ouvert. Xavier Iacovelli demande le retrait du décret, selon Public Sénat. Le gouvernement défend, lui, la limitation du dispositif pour réduire les dépenses des caisses, position exprimée par Jean-Pierre Farandou à l’Assemblée le 22 octobre.
Pour une entreprise qui souhaite mobiliser des compétences seniors, le salaire proposé ne décrit plus à lui seul l’intérêt financier de la mission. Avant de convenir d’une reprise, le calcul doit intégrer la date de première pension, l’âge et les revenus que la caisse retiendra effectivement.
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