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Recherche à l’ESTP : Julien Gardan prend la tête de l’IRC

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La recherche à l’ESTP change de direction avec la nomination de Julien Gardan à la tête de l’Institut de Recherche de la Construction. L’école organise sa feuille de route autour de cinq axes et annonce plus de 2 millions d’euros d’investissements scientifiques depuis 2024. Ses projets portent notamment sur les sols argileux, la rénovation du patrimoine et le confort des bâtiments.

Recherche à l’ESTP : Julien Gardan prend la tête de l’IRC

La recherche à l’ESTP entre dans une nouvelle étape. Dans un communiqué du 8 octobre 2026, l’école d’ingénieurs annonce la nomination de Julien Gardan à la direction de son Institut de Recherche de la Construction, l’IRC. Elle veut renforcer les collaborations entre ses équipes et faciliter le transfert de leurs travaux vers les entreprises.

Ces orientations prolongent une stratégie déjà évoquée par Joël Cuny, directeur général de l’école, dans son entretien avec Business Times publié en octobre 2025. L’annonce précise aujourd’hui les moyens, plusieurs projets et le calendrier d’organisation de la recherche.

Julien Gardan, de la fabrication additive à la direction de l’institut

Docteur en mécanique et habilité à diriger des recherches, Julien Gardan est spécialiste de la conception avancée et de la fabrication additive. Cette dernière consiste à fabriquer une pièce par ajout de matière, notamment grâce à l’impression 3D.

Selon les éléments biographiques transmis, il rejoint l’EPF en 2013 après une dizaine d’années dans l’entrepreneuriat et l’innovation industrielle. Il y développe une plateforme technologique, participe à la création d’une majeure consacrée au design industriel durable, puis prend la direction du campus de Troyes en 2022.

Il rejoint ensuite l’ESTP en 2024 pour diriger l’équipe « Technologies pour la construction et le patrimoine », à Troyes. Son nouveau mandat élargit donc son périmètre à l’ensemble de l’institut.

Cinq axes pour organiser la recherche à l’ESTP

La stratégie de recherche de l’ESTP associe les équipes scientifiques, les plateformes d’essais et les partenaires industriels. Le communiqué répartit les travaux autour de cinq axes :

  • construction durable et adaptation au changement climatique ;
  • numérique et technologies innovantes pour la construction ;
  • transition énergétique pour le bâtiment et la ville ;
  • résilience des infrastructures et génie civil ;
  • génie civil écologique.

L’école annonce une équipe de 46 chercheurs. Elle prévoit de désigner des animateurs d’axe d’ici fin 2026 pour faciliter les échanges entre les pôles. À plus long terme, elle vise 70 à 80 enseignants-chercheurs en 2035.

Depuis 2024, l’IRC indique avoir investi plus de 2 millions d’euros dans ses moyens scientifiques. Ce montant cumulé concerne notamment un démonstrateur de réseau électrique intelligent, une chambre biclimatique et des équipements de mesure. Il ne correspond pas à un budget annuel.

Sols argileux : un traitement encore en développement

Le programme IRGAK illustre l’approche appliquée de l’institut. Coordonné par l’ESTP sur la période 2024-2028, il cherche à limiter le retrait-gonflement des argiles grâce à un traitement du sol au sulfate de potassium. Le communiqué mentionne quatre thèses de doctorat.

La présentation du projet publiée par l’ADEME confirme cette piste de recherche. L’objectif est de développer une solution à base d’eau et de sulfate de potassium dissous.

Le problème concerne directement les constructeurs et les propriétaires. Comme l’explique Géorisques dans son dossier sur les sols argileux, leur volume varie avec leur teneur en eau. Ces mouvements peuvent endommager les bâtiments. Le programme vise à prévenir ces désordres. Le traitement reste en développement : son efficacité et ses conditions d’utilisation doivent encore être établies.

Des projets pour rénover et entretenir les ouvrages

À Troyes, SMART-HERIT associe l’ESTP et l’Université de Reims Champagne-Ardenne autour d’un jumeau numérique du patrimoine bâti. Le projet doit combiner modèles physiques, capteurs et intelligence artificielle pour comparer des solutions de réhabilitation.

Pour un gestionnaire immobilier, l’intérêt attendu est de simuler les effets d’une intervention avant de choisir les travaux. De son côté, DiaDIL vise à améliorer le diagnostic des infrastructures linéaires et à mieux cibler leur maintenance.

D’autres travaux portent sur la végétalisation des façades à Orléans, avec GreenMirror, et sur des pavés drainants biosourcés. Ils abordent la chaleur urbaine et l’infiltration des eaux pluviales. Ces recherches s’inscrivent dans les enjeux d’adaptation climatique des acteurs du bâtiment, déjà traités par Business Times.

Des arbitrages concrets pour les bâtiments éducatifs

L’ESTP annonce aussi la sélection du projet ÉCOLE dans l’appel à projets générique 2026 de l’ANR. Prévu sur 48 mois, il réunit notamment le Cerema, les universités Gustave Eiffel et de Tours, ainsi que Pando2. Le campus de Cachan servira de site pilote.

Les chercheurs étudieront ensemble confort thermique, qualité de l’air et consommation d’énergie. Une question résume l’objectif : quand aérer une salle sans y faire entrer trop de chaleur ou de pollution ? Les travaux doivent aboutir à des recommandations pour les gestionnaires et les collectivités.

Pour les entreprises partenaires, la prochaine étape sera de préciser les essais, les données et les résultats transférables à leurs opérations. La nomination des animateurs d’axe, attendue avant la fin de l’année, doit soutenir cette coordination.