ESG Investissements Transition Ecologique

Fondation de la Mer : la science pour guider les engagements

Par |

La Fondation de la Mer renouvelle son conseil scientifique pour rapprocher recherche, droit et économie maritime. Selon le communiqué transmis, huit membres exerceront un mandat de quatre ans sous la présidence de Thierry Pérez. Pour les entreprises qui financent des projets liés à l’océan, l’enjeu est de mieux relier leurs engagements aux connaissances scientifiques et aux réalités du terrain.

Fondation de la Mer : la science pour guider les engagements

Un conseil chargé d’éclairer les choix

Financer une action de protection ne suffit pas à en démontrer l’utilité. Il faut aussi comprendre le milieu concerné, définir ce que le projet cherche à changer et suivre ses effets. C’est à cette articulation que la Fondation de la Mer veut donner davantage de place.

Le conseil renouvelé doit éclairer ses orientations et ses prises de position. Il contribuera également à la sélection des experts mobilisés lors des prochains appels à projets. Enfin, il veillera à la rigueur scientifique et à la cohérence des programmes soutenus.

Ces missions portent donc sur la préparation et le suivi de l’action. Elles ne constituent pas une garantie de résultat pour chaque initiative financée.

La Fondation de la Mer présente ses programmes de protection, de recherche et de sensibilisation comme autant de moyens de mobiliser les citoyens, les entreprises mécènes et les pouvoirs publics.

Quatre nouveaux membres, huit expertises complémentaires

Le communiqué annonce quatre renouvellements et quatre arrivées. Thierry Pérez, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la biodiversité marine, assure la présidence du conseil.

MembreStatut annoncéDomaine d’expertise
Julien BoucherRenouvellementImpacts environnementaux, microplastiques et empreinte plastique
Guigone CamusRenouvellementAnthropologie, communautés insulaires et données de recherche
François GalganiNouveau membreDéchets marins et pollution plastique
Jean-Pierre GattusoRenouvellementAcidification et réchauffement de l’océan
Marina LévyNouvelle membreCirculation océanique, climat et écosystèmes marins
Thierry PérezRenouvellement, présidentBiodiversité marine et écosystèmes récifaux
Virginie Tassin CampanellaNouvelle membreDroit international de la mer
Leslie WidmannNouvelle membreÉconomie bleue et filières maritimes

L’arrivée du droit et de l’économie bleue élargit les regards réunis autour de la recherche. Elle permet d’aborder aussi les conditions juridiques et économiques de l’action.

La place de Marina Lévy illustre cette complémentarité. Ses travaux présentés par le CNRS sur les courants et la biodiversité marine montrent les liens entre circulation de l’eau et organisation des écosystèmes. Les enjeux marins demandent ainsi de croiser plusieurs disciplines, plutôt que de traiter chaque pression isolément.

Fondation de la Mer : relier mécénat et connaissance

Le directeur général Alexandre Iaschine résume la démarche dans le communiqué : « La crédibilité de notre action repose depuis toujours sur la science. »

Pour une entreprise mécène, cette ambition pose une question concrète : sur quelles bases choisir un projet ? Le montant engagé et la visibilité d’une opération ne disent pas, à eux seuls, ce qu’elle apporte au milieu marin.

L’intérêt d’un appui scientifique est de mieux formuler les objectifs. Il peut aider à préciser le problème traité, les méthodes employées et les indicateurs à suivre. Cependant, il faut encore distinguer les moyens mobilisés des effets observés.

Notre article sur les attentes de preuve dans l’investissement responsable aborde cette exigence dans le domaine des placements. Le mécénat relève d’une logique différente, mais la nécessité d’expliquer ce que finance l’argent reste pertinente.

L’océan concerne aussi les décisions économiques

La composition du conseil associe protection des milieux et activités humaines. Guigone Camus apporte un regard sur les communautés insulaires. Leslie Widmann représente les enjeux des filières professionnelles maritimes. Virginie Tassin Campanella introduit une expertise juridique.

Cette diversité peut être utile aux entreprises du transport, du tourisme littoral ou des ressources marines. Un projet doit tenir compte de ses effets sur les écosystèmes, mais aussi des usages et des acteurs locaux. L’annonce ne crée toutefois aucune obligation nouvelle pour ces entreprises.

Business Times avait déjà présenté les activités et les enjeux de l’économie bleue. Le renouvellement du conseil rappelle un préalable : le développement économique lié à la mer doit s’appuyer sur une connaissance précise des milieux concernés.

Le prochain test sera celui des programmes

La Fondation de la Mer affiche trois principes : considérer les enjeux dans leur ensemble, soutenir des solutions capables de produire des changements durables et rapprocher scientifiques, acteurs de terrain et financeurs.

Reste à traduire ces principes dans les projets. La qualité des critères de sélection, le suivi dans le temps et la présentation des résultats permettront d’apprécier la portée de cette nouvelle organisation.

Pour les entreprises partenaires, la question sera donc moins celle du prestige des profils réunis que celle de leur contribution aux choix financés.

Pour mémoire

Le conseil annoncé compte huit membres nommés pour quatre ans, dont quatre nouveaux entrants. Sa mission associe orientations, expertise et rigueur des programmes. Pour les entreprises, cette évolution peut renforcer le dialogue scientifique autour de leurs engagements en faveur de l’océan.