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ZEvent 2026 : après plus de 55 millions d’euros de dons, le marathon Twitch tire sa révérence

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Dix ans après ses débuts, le ZEvent organise sa dernière édition du 4 au 6 septembre 2026. Pour finir en beauté, 333 streamers vont se mobiliser au profit de 22 associations. Un concert ouvre les festivités dès le 3 septembre à Montpellier. ZeratoR espère atteindre 20 millions d’euros de dons. Au-delà du record, le ZEvent laisse surtout un modèle : celui d’une communauté numérique capable de transformer l’audience, l’engagement et le divertissement en levier de solidarité.

ZEvent 2026 : après plus de 55 millions d’euros de dons, le marathon Twitch tire sa révérence

Une dernière fois.

Du vendredi 4 au dimanche 6 septembre, des centaines de créateurs vont se succéder en direct sur Twitch pour le ZEvent.

Cette dixième édition sera aussi la dernière.

Le marathon créé par Adrien Nougaret, plus connu sous le nom de ZeratoR, et Alexandre Dachary, alias Dach, va donc refermer une aventure commencée en 2016.

En dix ans, l’événement a changé d’échelle.

Il était parti d’une maison, avec quelques streamers et 170 770 euros collectés lors de la première édition.

Le ZEvent dépasse désormais régulièrement les 10 millions d’euros.

L’organisation revendique plus de 55 millions d’euros collectés depuis sa création. Le cumul des montants publiés pour les neuf premières éditions dépasse même les 58 millions.

333 streamers pour une dernière édition hors normes

Pour cette ultime édition, l’organisation a encore élargi le dispositif.

Environ 333 streamers doivent participer au marathon, sur place à Montpellier ou à distance.

On retrouvera des habitués mais aussi de nouveaux participants.

Parmi les noms annoncés figurent notamment ZeratoR, Domingo, Antoine Daniel, Joueur du Grenier, Samuel Étienne, Ponce ou encore EnjoyPhoenix.

Amixem, Joyca, McFly et Carlito et Natoo font également partie des créateurs attendus pour cette dernière édition.

Le site spécialisé Team aAa recense les 333 participants du ZEvent 2026.

Le principe reste simple.

Chaque créateur diffuse son propre direct pendant plus de 50 heures.

Sa communauté peut effectuer des dons, suivre les animations et encourager le streamer à atteindre différents objectifs.

Le résultat ressemble à un gigantesque réseau de petites collectes qui fonctionnent simultanément.

Et toutes convergent vers le même événement.

Gims, Bigflo & Oli et Gazo pour lancer le ZEvent

Avant même le marathon, le ZEvent organise une soirée d’ouverture le jeudi 3 septembre à 20 heures.

Cette fois, le concert quitte son cadre habituel pour rejoindre la Sud de France Arena de Montpellier.

L’affiche réunit notamment Gims, Bigflo & Oli et Gazo.

Orchestre Curieux, Marianne, PV Nova et Lorien Testard complètent la programmation.

Le programme du concert est disponible sur le site officiel du ZEvent.

L’événement sera également diffusé sur Twitch.

Le choix d’une salle de plusieurs milliers de places illustre une nouvelle fois la transformation du ZEvent.

À l’origine, tout se passait derrière des écrans.

Dix ans plus tard, la puissance de la communauté numérique permet aussi de remplir de grandes salles physiques.

C’est une évolution que Business Times constatait récemment avec Léna Situations.

La créatrice a vendu les quelque 20 000 places de son spectacle à l’Accor Arena en seulement 45 minutes.

Dans les deux cas, Internet ne reste plus derrière un écran.

L’audience numérique devient capable de déplacer physiquement des milliers de personnes.

Pourquoi ZeratoR arrête-t-il le ZEvent ?

Le succès de l’événement rend justement la décision plus étonnante.

Le ZEvent ne disparaît pas parce que son audience s’effondre.

Il ne s’arrête pas non plus faute de dons.

ZeratoR explique au contraire vouloir « arrêter au top ».

Dans un entretien accordé à 20 Minutes, il explique considérer que l’événement est arrivé au bout d’un cycle.

L’organisateur veut laisser une bonne image du ZEvent et permettre à d’autres initiatives de prendre la relève.

Il évoque aussi l’envie de créer d’autres projets autour du caritatif.

La fin du ZEvent ne signifie donc pas nécessairement la fin de l’engagement de son équipe.

Elle marque plutôt la fin de ce format précis.

« Faire au moins 20 millions serait incroyable »

Pour la première fois, ZeratoR avance même un objectif chiffré.

Il aimerait atteindre 20 millions d’euros de dons pour cette dernière édition.

L’objectif reste ambitieux.

En 2025, le ZEvent avait déjà établi un nouveau sommet avec plus de 16,6 millions d’euros collectés.

L’événement avait ainsi largement dépassé les niveaux atteints en 2021, 2022 et 2024, déjà supérieurs à 10 millions d’euros.

Le créateur reconnaît lui-même qu’il n’avait jamais imaginé une telle croissance.

En 2016, les organisateurs considéraient déjà les 170 000 euros de la première édition comme un résultat exceptionnel.

Dix ans plus tard, l’objectif fixé pour le dernier week-end est plus de cent fois supérieur.

22 associations vont se partager les dons

Pour cette dernière édition, le ZEvent a aussi changé sa méthode de sélection.

Il ne soutiendra pas une cause unique.

Les organisateurs ont choisi de réunir les 22 associations qui ont bénéficié du ZEvent au cours de son histoire.

On retrouve notamment :

Action contre la Faim, Amnesty International, la Croix-Rouge française, Médecins Sans Frontières, l’Institut Pasteur, WWF France, Sea Shepherd France, la LPO, le Secours populaire, la Ligue contre le cancer ou encore l’Association française des aidants.

La LPO détaille la liste complète des 22 associations bénéficiaires.

La Fondation de France assure la collecte et la redistribution de l’argent.

Elle répartira les sommes entre les associations selon les règles définies pour cette dernière édition.

Ce choix apporte aussi une dimension symbolique.

Le ZEvent termine son histoire en réunissant toutes les causes qui l’ont accompagné depuis 2016.

Le ZEvent a inventé une nouvelle façon de donner

L’intérêt économique du ZEvent dépasse largement le montant de sa cagnotte.

L’événement a montré qu’une communauté née autour du divertissement pouvait devenir un puissant réseau de donateurs.

Le mécanisme fonctionne différemment d’un appel aux dons traditionnel.

Un spectateur ne regarde pas simplement une campagne institutionnelle lui demander de participer.

Il passe parfois plusieurs heures avec un créateur qu’il suit déjà toute l’année.

Il échange dans le chat.

Il voit les dons apparaître.

Il participe aux défis.

Et surtout, il observe immédiatement le résultat collectif.

Cette proximité change la relation au don.

RTL évoquait déjà l’émergence d’une nouvelle génération de donateurs portée par les streamers.

Le ZEvent en est probablement l’exemple français le plus spectaculaire.

Les « donation goals », une mécanique d’engagement redoutable

Une partie du succès vient des fameux « donation goals ».

Chaque streamer annonce des objectifs financiers à sa communauté.

Lorsqu’un palier tombe, il réalise le défi promis.

Cela peut être un simple déguisement.

Mais certains objectifs débouchent aussi sur des projets beaucoup plus importants.

Le don devient alors une expérience collective.

Le spectateur ne donne pas uniquement pour une association.

Il participe à une histoire qui se déroule en direct.

Les donation goals annoncés pour le ZEvent 2026 montrent à quel point cette mécanique s’est installée dans l’événement.

D’un point de vue marketing, la mécanique est particulièrement intéressante.

Objectif clair.

Progression visible.

Récompense.

Urgence temporelle.

Interaction immédiate.

Sentiment d’appartenance.

Le ZEvent applique presque naturellement plusieurs leviers que les entreprises cherchent elles-mêmes à reproduire dans leurs stratégies communautaires.

La différence reste fondamentale : ici, l’objectif final n’est pas de vendre un produit.

Il consiste à maximiser la collecte pour les associations.

Les créateurs sont devenus de véritables médias

Le succès du ZEvent raconte également l’évolution économique des créateurs de contenu.

En 2016, beaucoup d’entreprises considéraient encore Twitch comme une plateforme principalement destinée aux amateurs de jeux vidéo.

Dix ans plus tard, ses principales personnalités disposent de communautés capables de produire une audience massive et de mobiliser des millions d’euros.

Le créateur n’est plus simplement quelqu’un qui diffuse une vidéo.

Il devient un média.

Parfois une entreprise.

Et parfois les deux.

Business Times analysait récemment la valorisation à 72 millions d’euros de Legend, le média numérique fondé par Guillaume Pley.

La mécanique est différente, mais elle repose sur le même actif : l’attention et la confiance d’une communauté.

Lorsque cette confiance existe, elle peut soutenir un média, une marque, un événement ou une collecte caritative.

Du streamer à l’entrepreneur

Cette transformation se retrouve chez de nombreux créateurs.

Certains développent leurs propres marques.

D’autres produisent des événements physiques.

D’autres encore investissent dans des entreprises.

Business Times avait déjà raconté le parcours d’IbraTV, passé de créateur de contenus à entrepreneur avec Black and White Burger.

Le ZEvent montre une autre utilisation de cette puissance.

Au lieu de convertir l’audience en chiffre d’affaires, les participants la convertissent temporairement en capacité de collecte.

Le résultat constitue une démonstration spectaculaire de ce que peut représenter une communauté numérique bien construite.

Le don ne passe plus nécessairement par les médias traditionnels

Pendant longtemps, les grands rendez-vous caritatifs dépendaient principalement de la télévision et de la radio.

Le Téléthon reste évidemment la référence historique française.

Mais le ZEvent a construit une autre voie.

Pas de programme unique.

Pas de présentateur central qui contrôle l’ensemble du direct.

Chaque streamer garde son ton, sa communauté et son univers.

Des dizaines, puis des centaines de flux peuvent fonctionner en parallèle.

Le modèle correspond davantage aux habitudes des nouvelles générations.

Le public choisit la personnalité qu’il veut suivre.

Il peut passer d’une chaîne à l’autre.

Il discute directement avec les autres spectateurs.

Et le compteur de dons progresse en temps réel.

Cette décentralisation constitue probablement l’une des grandes innovations du format.

Le ZEvent ne disparaît pas sans héritiers

ZeratoR insiste d’ailleurs sur ce point.

Depuis quelques années, les marathons caritatifs organisés par des créateurs se multiplient.

Stream for Humanity ou SpeeDons ont notamment développé leurs propres communautés.

RTL recensait plus d’une dizaine d’événements philanthropiques organisés par des streamers français en 2024.

Le ZEvent a donc créé bien plus qu’une collecte annuelle.

Il a contribué à installer un nouveau format.

L’arrêt de l’événement ne signifie pas que les dons issus du streaming vont disparaître.

Le marché du caritatif numérique pourrait au contraire devenir plus diversifié.

C’est précisément l’un des arguments avancés par ZeratoR pour justifier sa décision.

Laisser de la place à d’autres.

Une leçon aussi pour les entreprises

Les dirigeants et les directions marketing peuvent tirer plusieurs enseignements du phénomène.

Le premier concerne la communauté.

Le ZEvent ne fonctionne pas parce qu’il dépense massivement pour acheter de l’audience pendant trois jours.

Il fonctionne parce que les créateurs ont construit cette audience durant des années.

Le deuxième concerne la confiance.

Un streamer demande parfois à ses abonnés de soutenir une association qu’ils connaissaient peu avant le week-end.

Cette recommandation fonctionne parce qu’elle vient d’une personnalité qu’ils suivent régulièrement.

Enfin, le troisième enseignement concerne l’événement.

Le digital et le physique ne s’opposent plus.

Le ZEvent combine désormais Twitch, plusieurs centaines de créateurs, une grande salle de spectacle, des artistes et une boutique de produits dérivés.

La communauté circule entre tous ces univers.

C’est exactement ce que cherchent aujourd’hui de nombreuses marques.

Mais une marque ne peut pas simplement copier le ZEvent

Il existe toutefois une limite.

Le succès du ZEvent repose largement sur son authenticité.

Les spectateurs savent pourquoi les streamers sont présents.

Ils voient aussi que le résultat dépend directement de leur mobilisation.

Une entreprise qui reprendrait simplement les codes des donation goals ou du live sans disposer d’une véritable communauté risquerait de produire l’effet inverse.

L’engagement ne se décrète pas.

Il se construit.

C’est d’ailleurs une autre leçon de l’économie des créateurs.

Business Times l’a récemment montré avec Léna Situations : plus une communauté devient puissante, plus la relation entre le créateur, son audience et les marques devient stratégique.

Dix ans qui ont changé la perception du streaming

Le premier ZEvent ressemblait encore à une initiative de passionnés.

Dix ans plus tard, le rendez-vous réunit des centaines de créateurs, une grande salle de spectacle et certaines des principales associations françaises et internationales.

Surtout, il a collecté plusieurs dizaines de millions d’euros.

Le phénomène dépasse donc largement le gaming.

Il montre que les communautés numériques peuvent désormais rivaliser avec certains dispositifs médiatiques traditionnels lorsqu’il s’agit de mobiliser rapidement un public.

La dernière édition aura forcément une dimension nostalgique.

Mais pour les entreprises, les médias et les associations, le véritable héritage du ZEvent se situe ailleurs.

Pendant dix ans, ses organisateurs ont démontré qu’une audience numérique pouvait devenir bien plus qu’un nombre de vues.

Elle pouvait devenir une communauté.

Et cette communauté, lorsqu’elle se mobilise, peut déplacer des millions d’euros.

Le ZEvent s’arrête.

Le modèle qu’il a contribué à créer, lui, devrait continuer à grandir.