Plus d’un entrepreneur français sur deux envisage de développer son activité hors de France. Selon une étude e-Residency menée dans cinq pays européens, la recherche de coûts plus faibles et de démarches administratives plus simples pousse de plus en plus de dirigeants à regarder vers l’étranger.
Les entrepreneurs français cherchent plus de simplicité
Créer ou développer une entreprise reste souvent perçu comme un parcours complexe. Selon une étude e-Residency réalisée en janvier 2026, 57 % des chefs d’entreprise français considèrent aujourd’hui l’option d’établir leur activité à l’étranger.
Ce chiffre montre une attente forte : les entrepreneurs veulent gagner du temps, réduire leurs coûts et alléger les contraintes administratives. La réduction des coûts arrive en tête des motivations, citée par 57 % des répondants. Les contraintes bureaucratiques suivent, avec 44 % des réponses.
Le télétravail et l’indépendance jouent aussi un rôle important. Ils sont cités par 41 % des entrepreneurs interrogés. Cette donnée traduit une évolution plus large du rapport au travail. Beaucoup d’entrepreneurs ne veulent plus forcément être liés à un seul pays ou à une seule administration pour développer leur activité.
Le message est donc assez clair. Pour attirer et retenir les entrepreneurs, un pays doit aussi proposer un cadre simple, rapide et lisible. La compétitivité ne dépend plus seulement du marché ou de la fiscalité. Elle se joue aussi sur la facilité à entreprendre.
L’e-Residency attire de plus en plus de Français
Dans ce contexte, l’Estonie se présente comme une solution déjà installée. Depuis plus de dix ans, son programme e-Residency permet aux entrepreneurs de créer et gérer une entreprise européenne entièrement en ligne.
Le dispositif promet une création de société en deux à quatre heures, avec un accès sécurisé à l’administration numérique estonienne. L’objectif est de permettre aux entrepreneurs de signer des documents, gérer leurs formalités et administrer leur société à distance.
En France, l’intérêt progresse fortement. En 2025, les demandes d’e-résidence ont augmenté de 56 %. Au total, plus de 6 400 Français sont aujourd’hui e-résidents. Ils ont fondé plus de 2 400 entreprises via ce programme.
La tech occupe une place importante dans cette communauté. Près de 19 % des e-résidents français exercent dans la programmation. Le conseil et le management figurent aussi parmi les secteurs bien représentés.
Pour Kristiina Kalda, directrice du marché France et pays francophones chez e-Residency, cette croissance traduit une demande claire des entrepreneurs français pour un environnement plus agile. Elle estime aussi que ce modèle peut servir la France, lorsque les entrepreneurs accélèrent leur développement à l’étranger avant de créer de la valeur sous forme d’emplois ou d’investissements.
L’Estonie mise sur un modèle 100 % digital
L’Estonie s’est imposée comme l’un des pays les plus avancés dans la digitalisation de l’administration. Le pays met à disposition un registre des entreprises dématérialisé, des démarches fiscales en ligne et une infrastructure pensée pour accompagner les entrepreneurs au quotidien.
Son environnement fiscal attire aussi l’attention. L’Estonie a été élue meilleur environnement fiscal de l’OCDE pour la douzième année consécutive. Le pays applique notamment un taux d’imposition de 0 % sur les bénéfices non distribués et réinvestis dans le développement, le marketing ou les recrutements.
Il faut toutefois distinguer e-résidence et résidence fiscale. L’e-Residency ne remplace pas la résidence fiscale française. Un entrepreneur français qui devient e-résident n’est pas automatiquement résident fiscal estonien à titre personnel. En revanche, l’entreprise créée en Estonie entre dans le cadre estonien.
Pour certains entrepreneurs, ce modèle représente donc un tremplin. Il permet de structurer une activité plus rapidement, dans un environnement numérique et européen. Taïg Khris, fondateur et PDG d’Onoff, présente d’ailleurs l’Estonie comme un point d’appui qui a permis à son entreprise de se développer avant de déployer son expertise en France.
Un signal pour l’écosystème entrepreneurial français
L’étude met en avant une tendance importante. Les entrepreneurs ne cherchent pas seulement à partir. Ils cherchent surtout un cadre plus simple pour avancer. La question posée à la France n’est donc pas uniquement fiscale. Elle concerne aussi la vitesse des démarches, la clarté administrative et la capacité à accompagner les entreprises dans leur croissance.
L’Estonie compte aujourd’hui plusieurs réussites technologiques, comme Skype, Bolt, Wise, Veriff ou Pipedrive. Le pays revendique aussi dix licornes et une image forte dans l’innovation numérique. Ce positionnement renforce son attractivité auprès des entrepreneurs européens.
Pour la France, ces chiffres peuvent servir d’alerte. Si 57 % des chefs d’entreprise envisagent une implantation à l’étranger, c’est qu’une partie d’entre eux cherche plus de souplesse. La simplification administrative devient donc un enjeu de compétitivité.
Avec plus de 140 000 e-résidents dans le monde, issus de plus de 185 pays, l’e-Residency confirme l’émergence d’un entrepreneuriat plus mobile. Les dirigeants veulent pouvoir créer, gérer et développer leur activité à distance. Et dans cette nouvelle compétition, les pays capables de simplifier la vie des entrepreneurs prennent une longueur d’avance.
