La fraude aux arrêts maladie existe mais elle reste marginale dans l’ensemble de la fraude sociale. En 2025, 723 millions d’euros de fraudes ont été détectés et stoppés. Sur ce total, environ 49 millions concernent les arrêts maladie soit moins de 7 %.
Ces chiffres permettent de remettre le débat à sa juste échelle, dans un contexte où le sujet prend de plus en plus de place dans l’actualité.
Des abus identifiés mais encadrés
Les cas de fraude reposent principalement sur deux situations : la poursuite d’une activité pendant un arrêt de travail ou l’utilisation d’arrêts irréguliers.
Sur l’ensemble des indemnités journalières, le taux de fraude est estimé à environ 1,8 %, soit près de 230 millions d’euros. Même si ces pratiques existent, elles restent limitées en proportion.
Le Syndicat des Indépendants insiste sur un point : toute fraude doit être sanctionnée, quel que soit le statut.
Un débat souvent focalisé sur les indépendants
Le sujet tend à se concentrer sur les travailleurs indépendants, avec l’idée qu’ils profiteraient davantage du système.
Une partie importante des fraudes repose en réalité sur des mécanismes organisés. Par ailleurs, les indépendants disposent d’une protection plus faible que les salariés avec des indemnités réduites, des délais de carence plus longs et aucun maintien de revenu.
Dans les faits, un arrêt maladie représente souvent une perte financière.
Un système de contrôle encore inadapté
La nature du travail indépendant complique les contrôles. Contrairement au salariat, il n’existe pas d’employeur pour vérifier la réalité d’un arrêt.
L’activité peut être ponctuelle, réalisée à distance ou difficile à tracer. Certaines situations comme la reprise partielle d’activité restent aussi complexes à encadrer.
Le problème tient donc autant au système de contrôle qu’aux comportements individuels.
Un enjeu financier ailleurs dans le système
Les données globales montrent que la fraude sociale dépasse largement le cadre des arrêts maladie. Elle est estimée à plusieurs milliards d’euros, dont une partie seulement est détectée.
Les fraudes liées aux indemnités journalières restent elles limitées. D’autres enjeux, comme les cotisations non déclarées représentent des montants bien plus importants.
Dans ce contexte, la fraude aux arrêts maladie apparaît comme un sujet réel mais secondaire dans l’ensemble de la fraude sociale en France.
