L’immatériel transforme la valorisation des entreprises

Par Sami Zeroual |
L’immatériel transforme la valorisation des entreprises

Deux entreprises peuvent afficher des résultats financiers similaires et pourtant obtenir des valorisations totalement différentes lors d’une levée de fonds ou d’une cession. Derrière cet écart, un facteur prend désormais une place centrale : l’immatériel.

Marques, logiciels, bases de données, algorithmes ou encore savoir-faire documentés représentent aujourd’hui une part croissante de la valeur des entreprises. Selon Finantis Value, plus de 750 millions d’euros d’actifs immatériels ont déjà été valorisés par le cabinet depuis 2017 dans plus de quinze secteurs d’activité.

Les actifs visibles ne suffisent plus

Pendant longtemps, la valorisation des entreprises reposait surtout sur les actifs tangibles : bâtiments, machines ou équipements industriels.

Mais cette logique évolue rapidement. Aujourd’hui, les analystes financiers s’intéressent de plus en plus à des ressources moins visibles capables de générer des revenus sur le long terme.

Finantis Value explique que la valeur repose désormais sur des actifs juridiquement protégés, économiquement exploitables et suffisamment différenciants pour maintenir un avantage concurrentiel durable.

Cette évolution transforme aussi le travail des experts financiers, qui doivent désormais croiser finance, technologie, droit et analyse de marché afin d’évaluer correctement ces actifs.

Une marque ne vaut pas uniquement par son nom

L’étude montre également qu’une marque ne possède pas automatiquement une forte valeur simplement parce qu’elle existe.

Dans le secteur agroalimentaire, un portefeuille de marques de pommes biologiques exploitées commercialement a ainsi atteint une valorisation de 2,99 millions d’euros. À l’inverse, un autre portefeuille composé de marques non exploitées ne représentait qu’une valeur résiduelle de 2 931 euros.

Selon Finantis Value, la valeur d’une marque dépend avant tout de sa capacité réelle à générer des revenus durables.

Le cabinet rappelle aussi que certaines estimations trop éloignées de la réalité économique peuvent être rejetées si elles ne reposent pas sur une exploitation concrète de la marque.

Les logiciels et algorithmes prennent de plus en plus de valeur

Dans les secteurs technologiques, la valeur migre progressivement du matériel vers les logiciels et les algorithmes.

Finantis Value cite notamment un système de cobotique capable de reproduire des tâches complexes valorisé à 13,3 millions d’euros. Ici, la valeur ne repose pas sur la machine elle-même, mais sur l’intelligence logicielle qui la pilote.

Dans l’aérospatial, certaines licences logicielles peuvent même représenter jusqu’à 50 % de la valeur finale d’un produit.

Cette évolution montre à quel point les actifs numériques deviennent stratégiques dans de nombreux secteurs industriels.

Les données deviennent un actif stratégique

Les données occupent également une place de plus en plus importante dans la valorisation des entreprises.

Dans le secteur biopharmaceutique, une base de données issue d’études cliniques multicentriques a par exemple été estimée à 9,2 millions d’euros.

Selon Finantis Value, une donnée qualifiée, documentée et juridiquement sécurisée peut désormais devenir un actif stratégique majeur.

Le savoir-faire documenté possède lui aussi une valeur importante lorsqu’une entreprise réussit à le transformer en processus reproductible.

Dans la cybersécurité et le secteur bancaire, certains savoir-faire ont ainsi été valorisés entre 184 000 et 219 000 euros.

L’impact social influence aussi la valorisation

Les critères sociaux prennent désormais davantage de place dans les décisions d’investissement.

Finantis Value explique que certaines technologies liées à la sécurité individuelle atteignent aujourd’hui des valorisations comprises entre 60,8 et 80 millions de dollars.

Mais le cabinet rappelle que l’impact social ne suffit pas à lui seul.

La valorisation dépend toujours de plusieurs éléments comme la taille du marché, le potentiel technologique ou encore la capacité à générer des revenus importants sur le long terme.

Finantis Value poursuit son développement

Créé en 2017, Finantis Value poursuit aujourd’hui sa structuration.

Le cabinet annonce notamment le renouvellement pour trois ans de la certification internationale CVA de Sylvie Gamet, CEO et seule femme certifiée CVA en France.

Depuis plusieurs années, l’entreprise développe également IP’Nuts, une plateforme permettant d’obtenir une première estimation d’actifs immatériels.

Avec la montée en puissance des actifs numériques, des logiciels et des données, la valorisation immatérielle devrait continuer à prendre une place de plus en plus importante dans les prochaines années.