Le débat sur la hausse du Smic se déplace vers son ampleur. Dans un entretien à La Tribune Dimanche, dont l’AFP rapporte les propos, Jean-Pierre Farandou envisage une entrée en vigueur dès le 1er décembre si les discussions avancent vite. Il estime cependant qu’un passage à 1 700 euros nets détruirait plus de 230 000 emplois. La dépêche ne détaille pas les hypothèses de ce chiffrage. Le ministre défend ainsi sa position avant la conférence sociale du 9 novembre à Matignon.
Hausse du Smic : 1 500 euros nets, un seuil en discussion
Depuis le 1er juin, le Smic atteint 12,31 euros bruts de l’heure en France hors Mayotte. Pour un temps plein, cela représente 1 867,02 euros bruts par mois. Le montant net indicatif est de 1 477,93 euros. Pour atteindre 1 500 euros nets, l’écart est donc d’environ 22 euros par mois. La CFDT demande, elle, une hausse de 100 euros nets. La CGT réclame de son côté une augmentation de 10 %, soit environ 148 euros sur la base du montant actuel.
Notre article sur la piste d’un Smic à 1 500 euros nets dès décembre détaille les options évoquées avant la conférence. Avancer la date d’une hausse et ajouter un coup de pouce supplémentaire sont deux décisions distinctes. Au 8 novembre, le montant et la date d’une éventuelle hausse en décembre restent à fixer.
Comment le salaire minimum augmente
Le mécanisme de revalorisation du Smic prévoit une révision annuelle au 1er janvier. Il tient notamment compte de l’inflation des ménages aux revenus les plus faibles. En cours d’année, le Smic augmente aussi automatiquement si l’indice de référence grimpe d’au moins 2 % depuis sa dernière fixation. Enfin, le gouvernement peut décider d’un coup de pouce au-delà des règles automatiques.
À lire aussi
- Économie & FinancesHausse du Smic : les 1 500 € nets en discussion pour décembre
- Économie & FinancesCumul emploi-retraite 2027 : ce que changent les décrets
- Économie & FinancesEmploi salarié privé : l’alternance pèse sur le recul
La prime d’activité relève d’un autre calcul. Elle dépend notamment des revenus et de la composition du foyer. Ainsi, deux salariés au même salaire brut peuvent toucher des montants différents. Pour la paie, le repère reste le taux horaire brut du Smic.
Pour les entreprises, le coût dépend aussi de la grille salariale
Une hausse du Smic oblige à relever les rémunérations qui passent sous le nouveau plancher. Elle peut aussi rapprocher les premiers échelons des suivants. Notre décryptage sur les négociations autour du Smic et des minima de branche explique cet enjeu pour les grilles.
Prenons dix salariés à temps plein qui bénéficieraient d’une hausse hypothétique de 20 centimes bruts par heure. À 151,67 heures par mois, leur employeur verserait environ 303 euros bruts de plus par mois au total. Le coût final dépendrait ensuite des cotisations et des allègements applicables. Pour les services de paie, la prochaine donnée à surveiller sera donc le taux brut officiel, avec sa date d’entrée en vigueur.
À lire également sur Business Times
- Économie & FinancesInscrits à France Travail sans activité : +0,9 % au T3
- Économie & FinancesHausse du Smic : Lescure ouvre la discussion avant janvier
- Économie & FinancesClimat des affaires : l’industrie remonte, l’emploi inquiète
- Économie & FinancesAssurance chômage : 600 millions de déficit en 2027 sous condition

