Franchisé de KFC en France, ProNoïa est sous sauvegarde depuis le 23 septembre 2026. Le jugement concernant la holding a été publié au Bodacc le 31 octobre. La procédure touche également des filiales régionales, dont ProNoïa Île-de-France, selon la fiche de son mandataire judiciaire. Le groupe exploite notamment des restaurants à Paris, à Bayonne et à Dijon. Selon KFC France, cité par l’AFP, les établissements poursuivent leur activité.
Franchisé KFC : une expansion financée par la dette
ProNoïa a ouvert son premier KFC à Pau en 2013. Dix ans plus tard, il annonçait un financement de 85 millions d’euros, principalement bancaire. Le groupe voulait passer de 26 restaurants à près de 60 d’ici 2025. Il en exploite aujourd’hui une quarantaine, selon les chiffres rapportés par l’AFP.
Sur l’exercice clos fin mars 2025, ProNoïa a enregistré 83,9 millions d’euros de chiffre d’affaires et une perte nette de 7,2 millions d’euros. Sa dette financière atteignait 60,7 millions d’euros, selon les comptes consultés par l’AFP. Les 85 millions annoncés en 2023 correspondent à une opération de financement. Les 60,7 millions mesurent la dette financière à la clôture de l’exercice 2025. Ces montants décrivent deux réalités à des dates différentes.
Selon l’AFP, le groupe a manqué deux exercices de suite les objectifs financiers imposés par ses banques. Celles-ci lui ont accordé une dérogation fin 2025, alors que des discussions portaient sur le calendrier de remboursement. Dans la restauration franchisée, ouvrir des sites accroît les ventes potentielles. Toutefois, chaque ouverture ajoute des dépenses avant que le restaurant ait trouvé sa clientèle. Business Times a décrit une autre stratégie de développement dans son article sur la croissance d’Hippopotamus par la franchise.
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La sauvegarde laisse les restaurants poursuivre leur activité
La procédure de sauvegarde d’une société s’adresse à une entreprise qui rencontre des difficultés qu’elle ne peut surmonter seule. À l’ouverture, elle doit encore pouvoir faire face à ses dettes exigibles avec les ressources dont elle dispose. Le tribunal ouvre alors une période d’observation pour examiner les perspectives de l’activité et préparer, si possible, un plan. Cette situation juridique diffère de celle de GiFi, placé en redressement judiciaire.
L’entreprise continue en principe à exploiter ses établissements. En parallèle, le jugement suspend généralement le paiement des créances antérieures, sous réserve des exceptions prévues. Les créanciers disposent en principe de deux mois à compter de la publication du jugement au Bodacc pour déclarer leurs créances. Pour un fournisseur, la date à laquelle la créance est née compte donc davantage que la date à laquelle il a appris la mise sous sauvegarde.
Les 900 salariés donnent la mesure du périmètre
Les quelque 900 salariés correspondent à l’effectif du groupe franchisé rapporté par l’AFP. Ce chiffre ne constitue pas un décompte de suppressions de postes. De même, la quarantaine de restaurants donne l’échelle du réseau exploité par ProNoïa. La procédure porte sur les sociétés qui exploitent ces restaurants et sur la holding, dans le périmètre des jugements.
La question est désormais de savoir quelles ressources l’exploitation peut dégager pour financer les dépenses courantes et respecter un éventuel calendrier de remboursement. Les modalités du plan, s’il en est présenté un, permettront de juger des conséquences pour les établissements et leurs équipes.
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