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Délais de paiement : les PME et ETI françaises atteignent 65 jours de DSO en moyenne

Par Nathan Guillemant |
Délais de paiement : les PME et ETI françaises atteignent 65 jours de DSO en moyenne

Les directions financières françaises font face à une dégradation continue de leurs délais de paiement. C’est le principal enseignement de la première édition de l’Agicap Data Pulse, une étude trimestrielle qui analyse de manière agrégée et anonymisée les données transactionnelles de plus de 8 000 entreprises utilisatrices de la plateforme Agicap.

Un DSO qui s’allonge et se fragilise

Le délai moyen de paiement client (DSO) atteint 65 jours en 2025, en hausse par rapport aux années précédentes. Un constat cohérent avec les remontées terrain : lors d’une enquête menée au premier semestre 2025, 63 % des DAF interrogés déclaraient déjà faire face à une hausse de leur DSO.

Cette dégradation n’est pas qu’un indicateur comptable. Elle augmente mécaniquement le besoin en fonds de roulement (BFR) et expose les entreprises à des tensions de trésorerie concrètes : financements d’urgence coûteux, rupture de covenants, perte de confiance des fournisseurs, dégradation de la cotation Banque de France.

Une forte saisonnalité à ne pas sous-estimer

Le DSO ne se dégrade pas de manière uniforme sur l’année. Il atteint un pic supérieur à 70 jours en août 2025, soit +8 % par rapport à la moyenne annuelle, révélant la difficulté des entreprises à assurer leur recouvrement en période estivale.

Plus préoccupant : un quart des entreprises étudiées affichent des variations de DSO supérieures à 20 % sur l’année. Une volatilité qui complique directement la fiabilité des prévisions d’encaissement et fragilise le prévisionnel de trésorerie.

Quatre profils de gestion du poste client

L’étude identifie quatre comportements distincts parmi les entreprises analysées.

DSO sous contrôle (26 %) : Le DSO reste inférieur à 60 jours et une seule relance par facture suffit en moyenne à obtenir le règlement. Le processus de recouvrement est maîtrisé.

Relances insuffisantes (24 %) : Le DSO dépasse 60 jours, mais moins d’une relance par facture est envoyée. Des leviers d’amélioration simples existent, à commencer par la mise en place de plans de relance automatisés.

DSO à risque (25 %) : Le DSO reste sous les 60 jours, mais au prix de multiples relances par facture. Le processus est actif, mais fragile.

DSO fortement dégradé (25 %) : Le DSO dépasse 60 jours malgré un processus de relance systématique. Ce décrochage n’est pas lié au volume d’activité, mais révèle un manque de suivi du risque client.

L’enjeu stratégique de 2026 : convertir les créances en liquidités

La capacité des directions financières à encaisser rapidement leurs créances conditionne directement leur capacité d’autofinancement. Or, la maîtrise du risque client va bien au-delà du nombre de relances envoyées : elle exige d’anticiper les dérives et d’adapter les actions, appels, mises en demeure au profil de chaque débiteur.

Les avancées en IA et la réforme de la facturation électronique accélèrent cette transformation. L’automatisation du recouvrement permet des relances personnalisées et graduelles, un suivi exhaustif des factures et une multiplication des actions, sans ressources supplémentaires ni dégradation de la relation client.

Grâce aux Plateformes Agréées, dont Agicap fait partie, le suivi du cycle de vie des factures en temps réel offre désormais aux DAF un niveau d’information inédit pour fiabiliser leurs prévisions d’encaissement.