Cadre de vie et santé mentale : ce que révèle le Baromètre des Franciliens 2023

Par Warner Altarac |
Cadre de vie et santé mentale : ce que révèle le Baromètre des Franciliens 2023

La santé mentale constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. En France, près d’un cinquième de la population souffre de troubles psychiques, et la crise du Covid-19 a accentué cette détérioration. En Île-de-France, une étude menée à partir du Baromètre des Franciliens 2023 montre que le cadre de vie et les relations sociales jouent un rôle déterminant dans l’état de santé mentale des habitants.

Une détresse psychologique encore très répandue

Selon l’enquête réalisée auprès de 3 803 Franciliens âgés de 18 à 75 ans, 37,7 % des personnes interrogées présentent une détresse psychologique. Bien que ce taux soit en légère baisse par rapport à 2021, il reste élevé.

Certains profils apparaissent plus vulnérables :

  • les femmes, plus touchées que les hommes ;
  • les jeunes adultes, notamment les 18-24 ans ;
  • les personnes inactives ou en situation de fragilité professionnelle ;
  • les personnes vivant seules ou dans une famille monoparentale.

À l’inverse, les personnes âgées et les retraités déclarent moins fréquemment de détresse psychologique.

Le cadre de vie, un facteur déterminant

L’étude met en évidence un lien fort entre la perception de son environnement de vie et la santé mentale.

Les personnes qui déclarent :

  • se sentir bien dans leur quartier,
  • se sentir en sécurité,
  • être proches de leurs proches,
  • ou habiter près de leur lieu de travail ou d’études

présentent nettement moins de détresse psychologique.

À l’inverse, lorsque le cadre de vie est perçu négativement, la probabilité de souffrir de détresse psychologique peut être multipliée par deux.

Un cercle d’influences réciproques

Les chercheurs soulignent que les liens entre environnement et santé mentale fonctionnent dans les deux sens.

Un cadre de vie difficile peut fragiliser l’équilibre psychologique, mais une mauvaise santé mentale peut aussi conduire à percevoir son environnement de manière plus négative. Ainsi, la santé mentale dépend d’un ensemble de facteurs imbriqués : conditions de logement, relations sociales, situation professionnelle, environnement urbain ou encore engagement social.

Cette étude confirme que la santé mentale ne dépend pas uniquement de facteurs individuels. Le cadre de vie, l’urbanisme, la qualité des logements ou encore le lien social jouent un rôle déterminant.

Favoriser des quartiers agréables, des logements de qualité et des espaces propices aux interactions sociales pourrait donc constituer un levier essentiel pour améliorer la santé mentale des populations.