Le gouvernement veut accélérer la transmission d’entreprises en France. À l’occasion de l’événement « Objectif Reprises » du 23 avril 2026, un plan d’action a été présenté pour répondre à un défi devenu urgent : le départ massif des dirigeants à la retraite.
D’ici 10 ans, près de 500 000 chefs d’entreprise vont quitter leur activité, ce qui représente plus de 3 millions d’emplois concernés . Un chiffre qui montre l’ampleur de l’enjeu, à la fois économique et territorial.
Aujourd’hui, la transmission reste encore trop peu anticipée. Beaucoup d’entreprises ferment faute de repreneur. Une sur deux ne trouve pas de successeur .
Un plan pour faciliter la reprise
Face à ce constat, l’État lance une stratégie claire. L’objectif est simple : mieux préparer, mieux connecter et mieux financer la transmission.
Plusieurs actions concrètes sont prévues :
- contacter directement les dirigeants de plus de 55 ans pour les inciter à anticiper ;
- créer un guide national pour simplifier les démarches ;
- développer des événements pour mettre en relation cédants et repreneurs ;
- renforcer les outils numériques, notamment une plateforme dédiée à la reprise.
L’idée est de rendre la transmission plus visible et plus accessible. Aujourd’hui, beaucoup d’opportunités restent invisibles, car elles passent par des réseaux informels .
Faire émerger une nouvelle génération de repreneurs
Un autre enjeu est de créer des vocations.
Selon le ministre Serge Papin, l’envie d’entreprendre existe déjà, notamment chez les jeunes. Près de 30 % des Français envisagent de créer ou reprendre une entreprise, et ce chiffre dépasse 50 % chez les 18-34 ans .
Mais la reprise reste moins valorisée que la création. L’objectif est donc de changer les mentalités et de montrer que reprendre une entreprise est aussi une manière d’entreprendre.
Des actions sont prévues dans les écoles, les lycées et les réseaux d’accompagnement pour mieux faire connaître cette voie.
Un enjeu de souveraineté économique
Au-delà des chiffres, la transmission d’entreprises est un sujet stratégique.
Elle permet de maintenir l’activité, préserver les savoir-faire et éviter la disparition d’entreprises locales. Elle joue aussi un rôle clé dans l’équilibre des territoires, notamment en zones rurales.
Pour Serge Papin, il s’agit même d’une « grande cause économique nationale » .
Financement et accompagnement : des freins à lever
Le financement reste l’un des principaux obstacles. Environ 30 % des repreneurs rencontrent des difficultés pour financer leur projet, un chiffre qui monte à 44 % pour les salariés .
Pour y répondre, plusieurs leviers sont mis en avant :
- renforcement des aides de Bpifrance ;
- développement du crédit vendeur ;
- soutien à la reprise par les salariés ;
- simplification des dispositifs fiscaux comme le pacte Dutreil.
L’objectif est de rendre les projets plus accessibles et sécurisés.
Une urgence économique
La transmission d’entreprise n’est plus un sujet secondaire.
Entre le vieillissement des dirigeants, le manque de repreneurs et les difficultés de financement, le risque est réel pour une partie du tissu économique français.
Avec ce plan, l’État veut accélérer le mouvement et éviter que des milliers d’entreprises disparaissent faute de solution.
Comme le résume Serge Papin : entreprendre, ce n’est pas seulement créer, c’est aussi reprendre.
