La réforme de la facturation électronique approche, mais beaucoup d’entreprises françaises ne sont pas encore prêtes. Selon un baromètre OpinionWay réalisé pour ECMA et le Conseil national de l’Ordre des experts-comptables, les démarches restent encore trop limitées.
Une réforme qui avance, mais pas au même rythme pour tous
La facturation électronique doit bientôt s’imposer aux entreprises françaises. Pourtant, une partie d’entre elles reste encore loin d’être prête. D’après le dernier baromètre OpinionWay réalisé pour ECMA et le Conseil national de l’Ordre des experts-comptables, 38 % des entreprises déclarent ne pas être préparées à la réforme.
Ce chiffre montre que le sujet reste difficile à maîtriser. La réforme ne se limite pas à remplacer une facture papier par un document numérique. Elle demande de revoir les outils utilisés, les habitudes internes et les circuits de transmission. Pour beaucoup d’entreprises, la transition reste donc floue.
Le choix de la plateforme fait partie des points les plus sensibles. À ce stade, seules 35 % des entreprises ont déjà choisi leur solution. Or, cette décision sera essentielle pour envoyer, recevoir et suivre les factures dans le nouveau cadre réglementaire.
Des démarches encore trop peu engagées
Le baromètre met aussi en avant un autre retard important. Plus d’une entreprise sur deux n’est pas encore inscrite à l’annuaire national. Cette étape doit pourtant permettre aux entreprises d’être correctement identifiées dans le système de facturation électronique.
La connaissance des plateformes reste également faible. Selon les résultats, 40 % des entreprises ne connaissent aucune PDP, ces plateformes de dématérialisation partenaires qui joueront un rôle clé dans la réforme. Ce manque d’information peut ralentir les décisions, surtout pour les petites structures.
Le problème vient aussi d’un décalage entre perception et réalité. 62 % des entreprises estiment avoir engagé leur transition. Mais du côté des experts-comptables, seuls 45 % considèrent leurs clients réellement prêts. Beaucoup d’entreprises ont donc conscience de la réforme, sans avoir encore lancé toutes les démarches nécessaires.
Les experts-comptables au centre de la transition
Face à ces retards, les experts-comptables vont jouer un rôle important. Ils sont déjà en lien direct avec les dirigeants et connaissent leurs outils de gestion. Ils peuvent donc les aider à comprendre les obligations, choisir une plateforme et éviter les erreurs les plus fréquentes.
Benjamin Royoux, directeur d’ECMA, observe notamment une forte confusion sur le terrain. Les entreprises ne savent pas toujours quelles démarches engager en priorité. Certaines hésitent sur le choix de leur plateforme. D’autres ne mesurent pas encore l’impact concret de la réforme sur leur organisation.
Le risque, dans les prochains mois, est celui d’un embouteillage. Si trop d’entreprises attendent la dernière minute, les demandes d’accompagnement pourraient se concentrer sur une période très courte. Cela pourrait compliquer la transition, alors même que le calendrier approche.
La facturation électronique représente pourtant une évolution importante pour les entreprises. Elle doit permettre de mieux structurer les échanges, de moderniser les processus et de simplifier le suivi des factures. Mais pour éviter une transition subie, les entreprises doivent avancer dès maintenant.
Le baromètre OpinionWay pour ECMA et le Conseil national de l’Ordre des experts-comptables rappelle donc une réalité simple : la réforme est connue, mais elle reste encore trop peu préparée. Les prochains mois seront décisifs pour transformer la prise de conscience en actions concrètes.
