Axens accélère sa transition vers les technologies bas carbone

Par Sami Zeroual |
Axens accélère sa transition vers les technologies bas carbone

Axens veut renforcer son rôle dans la transition industrielle. Dans son rapport RSE 2025, l’ETI française présente sa stratégie autour des carburants durables, des matériaux pour batteries, du recyclage et de la réduction de son empreinte carbone.

Un pivot stratégique vers la transition industrielle

Axens veut devenir un partenaire clé de la transition industrielle. L’entreprise française, qui fête ses 25 ans, détaille dans son rapport RSE 2025 une nouvelle étape de sa stratégie. Elle veut aider les secteurs de l’énergie et de la chimie à réduire leur impact environnemental, tout en développant des technologies bas carbone.

Le groupe, qui génère aujourd’hui environ 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, accentue ses investissements dans plusieurs domaines. Parmi eux : les matériaux pour batteries électriques, la circularité des métaux et des plastiques, ou encore la production de carburants d’aviation durables, aussi appelés SAF.

Cette évolution s’inscrit dans la continuité de son histoire industrielle. Depuis 25 ans, Axens développe avec IFPEN des solutions destinées aux industriels. Ces technologies ont notamment servi à produire des carburants plus propres, purifier des intermédiaires pétrochimiques ou traiter le gaz.

Aujourd’hui, l’enjeu change d’échelle. Axens veut accompagner les industriels dans la décarbonation de leurs sites existants. Pour cela, l’entreprise développe des procédés capables d’améliorer l’efficacité énergétique, de réduire l’intensité carbone et de mettre sur le marché des produits chimiques ou carburants moins émetteurs.

Des projets autour des SAF, des batteries et du recyclage

Le virage d’Axens repose sur plusieurs marchés en forte transformation. En France, l’entreprise développe un portefeuille de projets industriels autour de la production de SAF par la voie éthanol. Ces carburants d’aviation durables font partie des solutions suivies de près pour réduire l’empreinte carbone du transport aérien.

Axens travaille aussi sur le recyclage chimique du PET, un plastique très utilisé dans les emballages, notamment dans l’agroalimentaire et les cosmétiques. L’objectif est de mieux intégrer la circularité dans les chaînes industrielles et de limiter la dépendance aux matières premières vierges.

Autre axe important : les métaux critiques pour les batteries de véhicules électriques. Axens développe des solutions liées à leur production et à leur recyclage. Ce sujet devient stratégique avec la montée en puissance de la mobilité électrique et la nécessité de sécuriser les chaînes d’approvisionnement.

Pour Quentin Debuisschert, dirigeant d’Axens, le groupe construit une trajectoire progressive entre les sources fossiles et des voies de production à très faible intensité carbone. Il insiste aussi sur la capacité des équipes à transformer la recherche de laboratoire en solutions industrielles capables de fonctionner dans des conditions exigeantes.

Des objectifs environnementaux chiffrés

Axens ne veut pas seulement développer des technologies pour ses clients. Le groupe veut aussi réduire l’impact de ses propres sites. Il vise une baisse de 30 % de ses émissions de scopes 1 et 2 d’ici 2030, par rapport à 2019.

En 2025, cette baisse atteint 6,7 %. Le groupe reconnaît donc qu’un effort important reste à mener pour respecter sa trajectoire. Des investissements majeurs sont notamment attendus après 2027 pour accélérer la part d’énergies bas carbone utilisées sur ses sites industriels.

L’entreprise s’est aussi fixé d’autres objectifs environnementaux. Elle veut réduire de 20 % sa consommation d’eau et de 40 % ses déchets non recyclables, toujours par rapport à 2019. Pour y parvenir, Axens prévoit plusieurs actions opérationnelles : installer des équipements plus performants, repenser certains procédés, limiter les pertes et intégrer davantage le recyclage.

Le groupe mesure aussi les émissions évitées grâce à ses technologies. Selon les données présentées, les unités en opération ont permis d’éviter 2,4 millions de tonnes de CO2 en 2025. Les projets sous licence peuvent, eux, représenter plusieurs dizaines de millions de tonnes évitées sur leur durée de vie.

Une ETI industrielle tournée vers l’innovation

Le rapport met aussi en avant la force technologique d’Axens. Avec IFPEN, le groupe s’appuie sur 4 000 chercheurs, ingénieurs, techniciens et fonctions supports pour accélérer la transition industrielle.

Ces dix dernières années, plus de 40 produits ou catalyseurs ont été homologués. Plus de 15 nouvelles technologies ont aussi été validées sur la même période. Au total, le portefeuille d’Axens compte plus de 100 technologies.

L’activité industrielle reste importante. L’entreprise produit chaque année 75 000 tonnes de catalyseurs et d’adsorbants, dispose de 15 usines de production et recycle ou réactive 40 000 tonnes de catalyseurs par an. Elle compte aussi plus de 3 000 unités industrielles sous licence et plus de 3 500 fours industriels vendus.

Avec ce pivot, Axens veut donc s’imposer comme un acteur de la décarbonation industrielle. Le groupe ne quitte pas son expertise historique. Il cherche plutôt à l’adapter aux nouveaux besoins des industriels, entre performance énergétique, circularité, capture du carbone, carburants durables et électrification.

La transition d’Axens reste progressive, mais elle traduit une évolution nette de son positionnement. Pour l’entreprise, l’enjeu est désormais de mettre son savoir-faire au service d’une industrie moins carbonée, tout en conservant une capacité de déploiement à grande échelle.