Sécurité des entreprises : la data révèle des périodes de risque

Par Sami Zeroual |
Sécurité des entreprises : la data révèle des périodes de risque

Securitas Technology a analysé plus d’un million d’événements de télésurveillance traités en 2025. Ses données montrent que les périodes les plus chargées en alarmes ne sont pas forcément les plus critiques pour les entreprises.

Le volume d’alarmes ne dit pas tout

Pour les entreprises, une alarme ne signifie pas toujours un danger réel. C’est l’un des enseignements mis en avant par Securitas Technology, après l’analyse de 1 030 727 événements traités en 2025 par ses centres de télésurveillance. Ces données regroupent des alarmes, des interventions et des appels aux forces de l’ordre.

L’étude montre un décalage entre le volume d’alertes et le niveau de gravité des incidents. Autrement dit, les moments où les alarmes se déclenchent le plus ne sont pas toujours ceux où le risque est le plus élevé. Cette lecture par la data permet donc de mieux comprendre les périodes sensibles pour les entreprises.

Cette analyse est importante pour les responsables sécurité. Elle permet de ne pas seulement compter les alertes, mais de les qualifier. L’objectif est d’anticiper les moments où les incidents ont le plus de chances d’être sérieux, afin de mieux organiser les interventions.

Le printemps, une période plus sensible qu’il n’y paraît

Les mois précédant l’été concentrent une activité importante. Dès juin, le nombre d’alarmes et d’interventions atteint un pic, avec une hausse de 16 % par rapport à mai. Ce niveau dépasse même ceux observés en juillet et août.

Cette hausse peut s’expliquer par des routines perturbées à l’approche des congés, ou par une occupation plus irrégulière des sites. Mais Securitas Technology souligne que ce volume élevé ne correspond pas forcément aux situations les plus critiques.

Les appels aux forces de l’ordre racontent une autre histoire. Entre mars et mai, on retrouve trois des quatre mois les plus élevés en termes d’interventions. Le mois de mai arrive en tête, avec 10 % des appels annuels aux forces de l’ordre, devant mars, juin et avril.

Ces données montrent que le printemps mérite une attention particulière. Même si le nombre total d’alarmes n’est pas toujours le plus haut, la gravité des situations semble proportionnellement plus importante.

La nuit et le week-end restent des moments clés

L’analyse des horaires confirme aussi ce décalage. En journée, les alarmes sont plus nombreuses. Près de 68 % des déclenchements sont enregistrés pendant la journée, avec un pic entre 8h et 10h. Cette tranche correspond souvent aux ouvertures de sites ou à des erreurs de manipulation.

Mais les interventions réellement effectuées par les services de sécurité se concentrent davantage la nuit. Plus de la moitié des interventions, soit 50,4 %, ont lieu entre 20h et 6h. Les appels aux forces de l’ordre atteignent aussi leur niveau le plus élevé entre minuit et 2h, avec 11,3 % des sollicitations.

Le week-end présente le même type de contraste. Les jours ouvrés concentrent la majorité des alarmes. Pourtant, 42,2 % des interventions des services de sécurité ont lieu le samedi et le dimanche. Le samedi concentre à lui seul 17,3 % des appels hebdomadaires aux forces de l’ordre.

Pour les entreprises, ces chiffres rappellent que les périodes les plus calmes en apparence ne sont pas forcément les moins risquées. La nuit et le week-end demandent donc une vigilance renforcée.

Des idées reçues à revoir sur les risques

Certaines périodes souvent perçues comme sensibles ne sont pas toujours les plus critiques. C’est le cas du mois de décembre. Malgré les fêtes de fin d’année, des bureaux moins occupés et des commerces plus fréquentés, le niveau d’alarmes reste relativement modéré.

Décembre est aussi en retrait pour les appels aux forces de l’ordre, avec 7 % des appels annuels. Ce niveau reste inférieur à celui observé au printemps, notamment en mai. À l’inverse, février représente le point bas de l’année, avec des déclenchements d’alarme en net recul, jusqu’à 30 % de moins que le pic enregistré en juin.

Pour Philippe Le Grevès, directeur d’activité Monitoring et Remote services chez Securitas Technology, ces constats montrent une évolution du métier. La sécurité ne repose plus seulement sur la détection des événements. Elle repose aussi sur leur compréhension.

La data permet aujourd’hui de qualifier les situations, de prioriser les interventions et d’anticiper les périodes à risque. Pour les entreprises, l’enjeu est donc de passer d’une logique d’alerte à une logique d’analyse. Une alarme isolée ne suffit plus. Ce qui compte, c’est le contexte, l’horaire, la période et la gravité réelle de l’événement.

Avec cette lecture, Securitas Technology montre que la sécurité des entreprises devient de plus en plus pilotée par la donnée. Une évolution qui peut aider les organisations à mieux protéger leurs sites, leurs équipes et leurs actifs, en concentrant les moyens au bon moment.