Par Laurent Girard-Claudon, fondateur d’Approach People Recruitment.
Avec son rayonnement culturel et son attractivité économique, la France occupe depuis des années une place majeure sur la scène internationale. Elle figure parmi les pays européens les plus attractifs pour les investisseurs étrangers, grâce à une politique pro-business engagée depuis près d’une décennie.
Pourtant, selon le dernier rapport EY Attractiveness Survey 2026, ce leadership fait face à plusieurs défis majeurs liés à une conjoncture internationale complexe. La France demeure la première destination en Europe pour la septième année consécutive, mais elle n’échappe pas à l’instabilité de l’environnement mondial. Dans un contexte où les investissements internationaux reculent partout en Europe (-7 % par rapport à 2024), l’Hexagone subit un net recul de 17 % de ses investissements étrangers.
La France bénéficie toujours d’une position géographique idéale au cœur de l’Europe, d’un réseau d’infrastructures performant et d’une main-d’œuvre qualifiée. Sur le plan territorial, quatre territoires tricolores se distinguent particulièrement en figurant parmi les 15 principales régions d’accueil des investissements directs étrangers (IDE) en Europe :
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- L’Île-de-France (première région d’accueil avec 233 investissements)
- Auvergne-Rhône-Alpes (137 investissements)
- Le Grand-Est (88 investissements)
- Les Hauts-de-France (80 investissements)
Cependant, la progression des investissements et des emplois associés ralentit. Si l’emploi généré par les IDE recule fortement à l’échelle européenne (-25 %), la France affiche une certaine résilience en limitant sa baisse à -4 % (par rapport à 2024). En cause : une prudence généralisée des investisseurs, une instabilité économique et politique mondiale ainsi que le net repli des investissements américains et allemands en Europe (dont les volumes ont été divisés par deux depuis 2022). Bien que le marché français garde sa pole position, l’attentisme des décideurs internationaux s’est installé : 78 % d’entre eux n’envisagent pas de retour à la normale avant 2 ou 3 ans.
Transformer nos atouts en leviers
L’Hexagone continue de séduire talents et investisseurs du monde entier grâce à son attractivité culturelle, son art de vivre et la richesse de son système éducatif. Mais pour que cette attractivité perdure, elle doit s’inscrire dans une stratégie résolument tournée vers l’international. Un meilleur enseignement des langues, une ouverture plus précoce au monde et un soutien renforcé aux Français de l’étranger sont autant de leviers indispensables.
La gestion des ressources humaines devient un levier stratégique. Savoir développer des compétences internationales, faciliter la mobility professionnelle et structurer des parcours transnationaux est essentiel. La France doit encourager la mobilité internationale des talents. Le Volontariat International en Entreprise (V.I.E.), encore sous-exploité, offre une opportunité précieuse. Ces expériences à l’étranger permettent aux professionnels français d’enrichir leurs compétences, de renforcer les liens avec des marchés clés et d’alimenter les viviers de talents multiculturels, avant de réinjecter ce savoir-faire dans l’économie nationale.
Les talents français expatriés jouent un rôle clé dans le rayonnement du savoir-faire national. À leur retour, ils enrichissent le marché de compétences rares, de pratiques innovantes et d’une vision internationale. Mieux mobiliser ces profils, c’est aussi mieux répondre aux besoins des entreprises, notamment dans les secteurs porteurs.
Des secteurs porteurs en hausse
Parmi ces secteurs stratégiques, plusieurs moteurs se distinguent particulièrement en 2026 :
- La défense : Elle maintient une forte dynamique de recrutement, portée par un contexte géopolitique instable et les investissements continus de la loi de programmation militaire 2024-2030. L’industrie de défense prévoit plus de 30 000 recrutements d’ici la fin de l’année 2026, avec une forte demande en ingénieurs, techniciens et experts en cybersécurité ou en intelligence artificielle.
- L’intelligence artificielle (IA) : Le secteur est en pleine expansion et la France enregistre de belles victoires en attirant plus de projets étrangers que ses voisins européens. Portée par les investissements publics (France 2030, Plan IA) et un mix électrique largement décarboné (nucléaire et renouvelables) qui séduit les géants du numérique, la demande de profils techniques (ingénieurs IA, data scientists, spécialistes du machine learning) reste extrêmement forte.
- La logistique et l’énergie bas-carbone : Ces secteurs tirent également leur épingle du jeu dans le baromètre 2026, la logistique s’affirmant notamment comme un secteur particulièrement intensif en création d’emplois.
Pour rester compétitive, la France doit impérativement miser sur l’innovation, l’ouverture et le maintien d’une stratégie industrielle et technologique ambitieuse. Le rayonnement durable de la France dépendra de sa capacité à sécuriser son environnement réglementaire, stabiliser la confiance des investisseurs et continuer à former, attirer et faire grandir les talents internationaux de demain.
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