Bien-être au travail Management

Le rapport au travail évolue

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Les salariés accordent une importance croissante à leurs conditions de travail. Selon la quatrième édition de l’étude internationale "Talent Trends 2026" de Michael Page, 53 % des salariés interrogés renonceraient à une promotion si celle-ci compromettait leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. 

Le rapport au travail évolue

Prioriser la vie personnelle

Conserver du temps libre pour leur vie personnelle s’impose comme une priorité pour de nombreux salariés. Depuis 2022, première édition de cette étude Michael Page, cette variable s’impose davantage dans les choix de carrière. Aujourd’hui, 41 % des 60 000 professionnels interrogés craignent de devoir renoncer à leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle en acceptant un nouveau poste. Le bien-être et la satisfaction au travail s’imposent comme des critères déterminants dans les choix de carrière. 

La tendance s’observe dans tous les secteurs et les pays. En effet, 53 % des salariés interrogés renonceraient à une promotion si celle-ci devait nuire à leur équilibre de vie. En France, cette évolution a été mise en lumière lors du Conseil national de la Refondation en 2023.

« Les demandes d’équilibre entre temps de vie, de responsabilisation et la cohérence entre les discours et les actes des entreprises deviennent des facteurs d’attractivité pour les travailleurs. »

Rapport “Re-considérer le travail”, Sophie Thiéry et Jean-Dominique Sénard, Assises du Travail

Une transformation profonde du travail

Au-delà d’une transformation structurelle, ce constat invite à repenser le rapport au travail au sein de la société. Le marché du travail est en tension. Dans un contexte incertain pour les entreprises et avec une augmentation des exigences des candidats, les délais de recrutement se rallongent. Les candidats se montrent plus exigeants et arbitrent davantage leurs choix en fonction de leurs aspirations personnelles. 59 % des salariés de l’étude affirment qu’ils chercheraient un nouvel emploi si on leur demandait de venir plus souvent au bureau. 

Pour la revue Travail et Emploi, les chercheurs Sylvie Blasco, Coralie Perez et Camille Peugny ont étudié les “Aspirations et (dés-)engagements : les évolutions contemporaines du rapport au travail”. Leur travail souligne que les salariés sont en quête d’équilibre de vie et de sens au sein de leur profession. Il ne s’agit pas d’un rejet total des responsabilités mais d’un désir de travailler dans de meilleures conditions. Les auteurs soulignent que les salariés recherchent davantage de sens et un management plus cohérent avec leurs attentes. 47 % des salariés se disent satisfaits de leur poste actuel mais seulement 12 % s’y projettent sur plus de trois ans. 

Le poste de manager ne fait plus rêver 

Longtemps perçu comme l’aboutissement naturel d’une carrière, le management perd progressivement de son attractivité.

“Le prix à payer de cette évolution professionnelle semble être de plus en plus important et de moins en moins de cadres semblent prêts à y consentir. »

Rapport de l’APEC publié en 2026

De nombreux jeunes cadres estiment ne pas avoir l’expérience requise ou la personnalité adéquate pour exercer ce type de poste. Selon le rapport de l’APEC, entre 2022 et 2025, la part des cadres non-managers souhaitant accéder à des responsabilités hiérarchiques est passée de 42 % à 34 %. Chez les moins de 35 ans, cette aspiration chute de 63 % à 47 %. Ce manque d’intérêt s’explique par les contraintes du statut : gestion des individualités, charge de travail, stress intense et manque de reconnaissance. 

Ces contraintes et ces craintes se traduisent dans l’attractivité de ces postes. Seulement un salarié français sur cinq (21 %) considère une promotion avec des responsabilités managériales comme son principal objectif de carrière.

« La progression de carrière n’est plus recherchée à tout prix, mais conditionnée à la capacité de préserver un équilibre durable entre objectifs professionnels et personnels. »

Frédéric Benay, Directeur Général Michael Page France

Les voisins européens sont moins touchés par ce désintérêt du management. Ces postes intéressent 24 % des Espagnols et des Suisses, 29 % des Italiens et 48 % des Portugais. 

Loin de traduire un désengagement, cette évolution révèle une redéfinition des priorités. Les salariés recherchent désormais un travail qui s’intègre à leur vie, plutôt qu’une vie organisée autour du travail.