De nouveaux codes à adopter
Il faut tout d’abord admettre que l’écriture sur les réseaux sociaux est assez personnelle. D’une personne à l’autre, un message peut être perçu différemment et sa teneur peut donc évoluer. Chaque jour de nouvelles expressions naissent, certaines disparaissent et d’autres perdent leur sens. Même l’orthographe d’un mot peut avoir une incidence sur sa signification au point où des messages qui peuvent paraître informels de prime abord doivent être relus et écrits avec le plus grand soin. Le contexte et la personne qui reçoit vont aussi avoir une importance capitale, toute une branche de la linguistique y est consacrée.
Les habitudes sociales évoluent. Dans une société qui ne jure que par les réseaux sociaux, il est nécessaire d’en connaître les codes. C’est comme lorsqu’on apprend une nouvelle langue. Il est capital que le message que l’on souhaite transmettre soit décrypté par l’interlocuteur de la bonne manière.

Ce que l’on remarque en observant ce classement c’est que certaines erreurs que l’on fait au digital sont aussi des erreurs à ne pas commettre lorsqu’on s’adresse directement à une personne. Démarrer une discussion avec une personne sans la saluer au préalable n’est pas très conventionnel. Pour autant, il n’est pas d’usage de lui faire la bise en message non plus. On peut donc observer une certaine volonté de reproduire des comportements, des usages sociaux sur le digital sans pour autant qu’ils fonctionnent. Les discussions par messages se font souvent dans la spontanéité, il n’est donc pas commun de passer par des salutations conventionnelles. De plus, il est typique des français de mettre l’accent sur la politesse là où dans d’autres pays cela n’apparaît pas forcément comme étant une priorité.
La structure de l’application de messagerie
L’un des éléments importants à prendre en compte est la particularité de l’application sur laquelle on communique. Les réseaux sociaux nous enferment dans une bulle où il est devenu évident qu’un message doit toujours être accompagné d’une réponse. Le « vu » par exemple n’est pas présent sur toutes les plateformes et peut être désactivé sur d’autres. Il informe, comme son nom l’indique, qu’un message a été vu. Cependant, si dans une discussion « normale » cela peut paraître évident de répondre lorsqu’une personne nous parle, sur les réseaux la réponse peut arriver plus tard.
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Une avalanche de messages peut aussi provoquer l’oubli de l’émission d’une réponse. C’est à ce moment-là qu’il faut commencer à prendre en compte la valeur para-linguistique des messages digitaux. Un message, une réaction peut avoir un sens différent selon la situation. Laisser quelqu’un en « vu » a été caractérisé comme un manque de respect. Dans sa définition le « vu » n’est qu’une indication visuelle de l’ouverture d’un message. Elle ne confirme en aucun cas sa lecture ou sa prise en compte.
Il est difficile de s’adapter aux codes de l’application car ils ne correspondent ni aux codes des échanges épistolaires ni aux appels ni aux échanges en physique. Faire des messages vocaux ou des petits messages sont des adaptations sociales face aux applications de messagerie. La liberté d’écriture et l’instantanéité des réponses poussent les interlocuteurs à multiplier les sujets de conversation. Etre sur plusieurs tâches à la fois pousse aussi à envoyer des messages vocaux qui sont plus simples dans leur exécution. Ils sont aussi parfois plus explicites grâce à la suppression de la barrière de l’écrit.
Du côté de la personne qui réceptionne
Recevoir un appel alors que le contenu pouvait être partagé par message n’est pas une sensation très agréable. Une tonne de messages vocaux reçus à la suite quand on est en public renforce cette sensation d’impolitesse. Mais il ne faut pas oublier que deux personnes peuvent avoir des intérêts contraires et donc une conception de l’échange digital complètement différente. Il n’y a donc pas réellement de code universel de la conversation par message. C’est plutôt une convention qui s’établit entre les interlocuteurs en amont et qui évolue au cours du temps.
Ce qui pose réellement problème c’est lorsqu’on se retrouve avec des codes à adopter qui se cumulent et qui varient selon les situations. En entreprise par exemple, il est parfois nécessaire d’adopter une forme d’expression digitale adaptée. Fini les smileys ou la négligence sur l’orthographe. La formulation des messages peut avoir une conséquence sur comment l’on est perçu au sein d’une entreprise. Un message mal interprété peut mener à des rappels à l’ordre ou à des sanctions.
Envoyer des messages professionnels en dehors du travail au regard des précédentes explications prend une autre tournure. Dans un cas où de nombreuses personnes souhaitent séparer la vie professionnelle de la vie privée, recevoir de tels messages renvoie à ne jamais pouvoir réellement sortir du cadre professionnel. Cela entre en compte dans le cadre légal avec le droit à la déconnexion.
Percevoir de l’impolitesse à travers les messages digitaux est sujet à interprétation. Contexte, proximité avec l’interlocuteur, personnalisation des codes, il existe de multiples éléments à prendre en compte. Les réseaux sociaux nous ont imposé une nouvelle manière de communiquer de manière directe ou indirecte. Le choix nous appartient désormais de nous y adapter ou non.
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