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Les entreprises françaises misent sur l’IA et la prévision continue face aux turbulences économiques

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Selon le CFO Index Q2 2026 publié par Pigment, elles privilégient désormais une planification plus continue, fondée sur des scénarios multiples, des prévisions actualisées plus fréquemment et une intégration croissante de l’IA.

Les entreprises françaises misent sur l’IA et la prévision continue face aux turbulences économiques

Dans un contexte marqué par l’instabilité géopolitique, la volatilité des coûts de l’énergie et des perspectives de croissance moins dynamiques qu’aux États-Unis ou au Royaume-Uni, les directions financières françaises changent de méthode. Selon le CFO Index Q2 2026 publié par Pigment, elles privilégient désormais une planification plus continue, fondée sur des scénarios multiples, des prévisions actualisées plus fréquemment et une intégration croissante de l’IA.

Des prévisions revues beaucoup plus souvent

L’étude, réalisée auprès de 2 000 directeurs financiers et responsables financiers en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, montre une accélération nette du rythme des révisions budgétaires en France. Au cours des trois derniers mois, 52 % des entreprises françaises ont mis à jour leurs prévisions financières.

En moyenne, elles ont révisé leurs projections 19 fois au deuxième trimestre 2026, contre 10 fois au premier trimestre. Il s’agit de la progression la plus forte parmi les pays étudiés. Cette évolution traduit une rupture avec les cycles annuels de planification traditionnels : les entreprises cherchent désormais à ajuster leurs hypothèses de manière plus régulière pour réagir plus rapidement aux fluctuations du marché.

L’IA devient un levier stratégique

Dans cette transformation, l’intelligence artificielle occupe une place centrale. 69 % des entreprises françaises prévoient d’augmenter leurs investissements dans l’IA au cours des douze prochains mois, soit le niveau le plus élevé des marchés analysés.

La France reste néanmoins en retard sur l’adoption actuelle : 24 % des organisations déclarent une utilisation de l’IA à grande échelle ou mature, contre 45 % en Allemagne et au Royaume-Uni et 51 % aux États-Unis. Mais la dynamique d’investissement témoigne d’une volonté claire de combler cet écart.

Les entreprises les plus avancées dans l’usage de l’IA semblent déjà en tirer des bénéfices mesurables. 80 % d’entre elles enregistrent une croissance de leur chiffre d’affaires, contre 63 % parmi celles dont l’adoption est moins mature. Par ailleurs, 70 % des responsables financiers français déclarent une confiance accrue dans l’IA au cours des six derniers mois, et 55 % constatent déjà des gains de productivité.

Vers une planification continue

Ces résultats illustrent une mutation plus profonde du rôle des directions financières. Face à des marchés plus imprévisibles, elles ne se contentent plus d’élaborer un budget annuel fixe : elles cherchent à construire une capacité d’adaptation permanente, capable de tester plusieurs scénarios et de réorienter rapidement les décisions opérationnelles.

« Les directions financières françaises entrent dans une nouvelle phase. Elles ne peuvent plus s’appuyer uniquement sur des cycles de planification fixes, construits une ou deux fois par an », souligne Édouard Beaucourt, Head of Revenue EMEA de Pigment. « Dans un environnement plus instable, la performance dépend de la capacité à ajuster les prévisions, à comparer plusieurs scénarios et à prendre des décisions plus rapidement. L’IA peut jouer un rôle clé, à condition d’être intégrée aux processus financiers et non traitée comme un outil isolé. »

Pour les entreprises françaises, l’enjeu est désormais de transformer cette volonté d’investissement en résultats concrets : améliorer la qualité des données, diffuser les compétences nécessaires et intégrer l’IA au cœur des processus de planification afin de renforcer durablement leur résilience et leur compétitivité.