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Canada–États-Unis : l’escalade douanière met le Mexique sous pression

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Le Canada a choisi de riposter. Après l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane américains sur ses produits, Ottawa imposera à son tour, dès le 8 septembre, des taxes allant de 15 % à 50 % sur 27,6 milliards de dollars canadiens d'importations en provenance des États-Unis. Le bras de fer dépasse désormais les deux voisins : le Mexique, dont plus de 83 % des exportations partent vers le marché américain, suit l'affrontement de très près.

Canada–États-Unis : l’escalade douanière met le Mexique sous pression

Les négociations n’auront finalement pas évité l’affrontement. Depuis le 22 août, Washington applique des droits de douane de 50 % à une série de produits canadiens représentant 27,6 milliards de dollars canadiens d’échanges.

Ottawa répondra à compter du 8 septembre, avec des surtaxes de 15 %, 25 % ou 50 % appliquées à des produits américains pour un montant équivalent. Acier, produits laitiers, électroménager, matériel agricole, papier ou électronique sont notamment concernés. Le gouvernement canadien revendique une réponse « au dollar près, au taux près ».

Le conflit commercial entre les deux pays, que Business Times évoquait déjà en juillet dans son article Le Canada au bord du conflit commercial avec les États-Unis, a donc changé de dimension.

Le Canada reste très dépendant de son voisin américain

Le rapport de force est pourtant loin d’être équilibré.

En 2025, 71,7 % des exportations canadiennes de marchandises étaient encore destinées aux États-Unis, selon Statistique Canada. La part a certes baissé par rapport aux 75,9 % enregistrés en 2024, mais elle suffit à mesurer le poids du marché américain pour l’économie canadienne.

Ottawa tente donc de limiter les dégâts. Le gouvernement a annoncé 7,5 milliards de dollars canadiens de mesures de soutien, notamment pour aider les entreprises touchées et favoriser la recherche de nouveaux débouchés.

Cette diversification prendra toutefois du temps. Les deux économies ont construit depuis des décennies des chaînes industrielles étroitement imbriquées, particulièrement dans l’automobile, l’acier et les équipements industriels.

Donald Trump a d’ailleurs ajouté une nouvelle menace au dossier : porter à 50 % les droits de douane sur les voitures, camions et pièces automobiles fabriqués au Canada à partir du 1er janvier 2027.

Pour les constructeurs, une telle mesure ne toucherait pas seulement les usines canadiennes. Les pièces et composants circulent plusieurs fois de part et d’autre de la frontière avant qu’un véhicule ne soit terminé. Une hausse des droits peut donc rapidement se retrouver dans les coûts de production américains.

Le Mexique évite pour l’instant l’affrontement

À Mexico, la stratégie est différente.

Le gouvernement mexicain continue de négocier avec Washington et cherche à préserver autant que possible les conditions d’accès au marché américain. Le ministre de l’Économie, Marcelo Ebrard, indiquait encore le 21 août que les discussions progressaient sur l’acier, l’aluminium et l’intégration des chaînes d’approvisionnement nord-américaines.

Le Mexique peut difficilement se permettre une rupture comparable à celle engagée par Ottawa.

Les États-Unis absorbent 83,3 % des exportations mexicaines en 2026, selon les données du ministère mexicain de l’Économie.

La relation commerciale est massive. Les échanges de biens et services entre les États-Unis et le Mexique ont atteint 964,1 milliards de dollars en 2025.

Mexico cherche donc à négocier là où Ottawa a choisi la réciprocité. Pour l’instant, les deux pays suivent des chemins différents face à la même politique commerciale américaine.

L’ACEUM à l’épreuve

Le problème ne se limite plus à quelques lignes tarifaires.

Le Canada, les États-Unis et le Mexique sont liés depuis 2020 par l’ACEUM, l’accord qui a succédé à l’ALENA. Près de 2 000 milliards de dollars d’échanges de biens et services sont réalisés à l’intérieur de cette zone commerciale.

La multiplication des droits de douane brouille donc les règles du jeu pour les entreprises qui ont organisé leur production à l’échelle du continent.

Automobile, sidérurgie, électronique, agriculture : les groupes présents en Amérique du Nord vont devoir suivre non seulement les taxes imposées par Washington, mais aussi les mesures de rétorsion et les éventuelles exceptions négociées pays par pays.

La politique douanière américaine s’était déjà considérablement élargie cet été. Business Times avait notamment consacré un article aux 60 pays visés par les nouveaux droits de douane des États-Unis ainsi qu’à la réaction de l’Union européenne aux droits de douane de Donald Trump.

Cette fois, l’affrontement touche le cœur même du marché nord-américain.

La première échéance est maintenant fixée au 8 septembre, date d’entrée en vigueur des contre-mesures canadiennes. La suivante pourrait arriver au 1er janvier avec l’automobile. D’ici là, le Mexique tentera de conserver ce qu’Ottawa n’a pas réussi à obtenir : un compromis avec Washington.