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IA en direction financière : 72 % des responsables interrogés ont dépensé plus que prévu

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IA en direction financière : 72 % des 338 responsables interrogés par Esker déclarent que leurs dépenses ont dépassé leurs prévisions sur douze mois. Publiée le 24 septembre 2026, cette étude montre aussi que les gains de productivité restent plus faciles à observer que leur effet sur la trésorerie. Pour les dirigeants, elle pose une question pratique : quels contrôles et quels résultats exiger avant de laisser un outil agir seul ?

IA en direction financière : 72 % des responsables interrogés ont dépensé plus que prévu

IA en direction financière : un budget sous surveillance

Le chiffre attire l’attention, mais il faut le lire avec précision. Dans le baromètre mondial 2026 d’Esker, 72 % des répondants disent que leur entreprise a dépensé plus que prévu dans l’IA durant l’année écoulée. Il s’agit de leurs déclarations. L’étude ne donne ni le montant moyen des dépenses ni celui des écarts. Elle ne démontre donc pas que 72 % des entreprises ont officiellement dépassé un budget voté.

Esker a commandé cette étude et transmis son communiqué à Business Times. L’éditeur vend lui-même des solutions d’automatisation aux directions financières. Ses résultats éclairent les priorités des personnes interrogées, mais ils ne constituent pas un audit indépendant des comptes de leurs entreprises.

Parmi les 137 directeurs financiers interrogés, 75 % signalent une hausse des coûts des logiciels et abonnements d’IA. Cette proportion atteint 45 % parmi les 201 autres responsables financiers. En outre, 65 % des directeurs financiers peinent à relier l’usage de l’IA à un résultat précis, contre 40 % dans l’autre groupe. Ces comparaisons demandent de la prudence : les groupes n’ont pas la même répartition géographique.

La productivité progresse, la valeur reste à prouver

Les personnes interrogées citent d’abord la productivité. Selon l’annonce publiée par Esker le 24 septembre 2026, 58 % constatent une amélioration sur ce point. En parallèle, 48 % mentionnent une amélioration des flux de trésorerie. Ces réponses décrivent des bénéfices perçus ; elles ne chiffrent pas un retour sur investissement vérifié.

Ce décalage compte pour une PME ou une ETI. Un logiciel peut accélérer le traitement des factures sans réduire la dépense totale. La direction doit aussi payer les licences, l’intégration, la sécurité et la formation. De plus, un salarié doit parfois contrôler ou corriger les résultats de l’outil.

Une méthode consiste à choisir un processus précis, puis à comparer son coût avant et après le déploiement. Prenons les factures fournisseurs : combien coûtait le traitement d’une facture correcte ? Quel délai séparait sa réception de sa validation ? Combien d’erreurs exigeaient une reprise ? Ensuite, l’entreprise peut ajouter tous les coûts du projet au calcul. Business Times détaille cette approche dans son entretien sur la mesure du retour sur investissement de l’IA.

IA en direction financière : où garder la main ?

Les répondants ne confient pas toutes les décisions à la machine. Selon Esker, 32 % utilisent l’IA pour recommander une action que les équipes exécutent ensuite. Par ailleurs, 29 % l’autorisent à agir après une validation humaine. L’étude décrit les pratiques déclarées par ces responsables ; elle ne mesure pas directement la qualité des décisions prises.

Pour un dirigeant, la frontière doit être claire. L’outil peut repérer une facture en double ou préparer une prévision de trésorerie. En revanche, une personne désignée devrait valider les actions sensibles, selon les risques propres à l’entreprise. Une modification de coordonnées bancaires ou un paiement inhabituel justifient, par exemple, des contrôles renforcés.

Cette question rejoint un autre constat récent de Business Times. Dans notre analyse des fraudes et de l’automatisation financière, nous décrivions déjà le décalage entre l’usage des outils et les règles de validation. Les deux études portent sur des échantillons différents : leurs pourcentages ne s’additionnent pas.

Les données et les usages cachés compliquent le contrôle

Avant de donner plus d’autonomie à l’IA, encore faut-il lui fournir des données fiables. Dans l’enquête Esker, 48 % des répondants citent leur qualité comme obstacle. Ils sont 42 % à pointer le manque de liens entre les outils d’IA et les systèmes financiers. Ainsi, une automatisation rapide peut produire des erreurs si elle s’appuie sur des fichiers incomplets.

Autre alerte : 66 % savent ou soupçonnent que des salariés de la finance utilisent des outils d’IA que leur entreprise n’a pas approuvés. « Savent ou soupçonnent » ne signifie pas qu’Esker a constaté ces usages dans 66 % des entreprises. Toutefois, ce résultat invite à établir une liste d’outils autorisés et des règles de partage des données. La CNIL rappelle les enjeux de protection des données liés à l’IA.

La direction financière peut alors demander trois éléments avant chaque nouveau projet : un résultat à mesurer, un coût complet et un responsable de la validation. Puis elle peut limiter les droits de l’outil tant que ces points restent incertains. C’est une grille de décision proposée par Business Times, et non une conclusion chiffrée de l’enquête.

Ce qu’il faut surveiller

Les prochains résultats utiles seront les montants réellement investis, les gains financiers constatés et le coût des contrôles humains. Sans ces données, les réponses de l’enquête ne permettent pas de calculer un retour moyen sur investissement. Esker présente aussi son propre cadre d’agents d’IA dans son communiqué. Il faudra juger ses performances sur des déploiements documentés, avec des résultats comparables avant et après.

Les points à garder en tête

  • Enquête : 338 responsables financiers interrogés en août 2026, dont 137 directeurs financiers ; Esker a commandé l’étude.
  • Coûts : 72 % déclarent des dépenses en IA supérieures aux prévisions sur douze mois, sans montant publié.
  • Priorité : mesurer le coût complet, les gains obtenus et les contrôles nécessaires avant d’élargir l’autonomie d’un outil.
  • Limite : le communiqué ne précise ni le mode de recueil, ni la méthode de recrutement, ni les pondérations, ni les sous-échantillons par pays ; il ne permet pas d’établir la représentativité.