Grève chez SFR : ce que disent les chiffres
Des salariés de SFR ont cessé le travail jeudi 24 septembre après-midi, à l’appel de la CFDT, de l’Unsa et de la CFTC. Selon le bilan syndical rapporté par l’AFP dans sa dépêche sur la grève, l’Unsa comptait au moins 2 660 grévistes et la CFDT en évoquait 3 500. Cela représente environ un tiers à un peu moins de la moitié des 8 000 salariés pris comme référence. Ces estimations syndicales ne constituent pas un comptage indépendant.
La mobilisation a touché plusieurs sites, notamment dans la région lyonnaise et autour de Nantes. L’enjeu dépasse chaque implantation. Les salariés cherchent à connaître leur futur employeur, leurs missions et la durée des garanties d’emploi. Dans son appel du 22 septembre, la CFTC réclame notamment des offres de reclassement et des protections prolongées au-delà de 2029.
Un chiffre circule aussi dans les témoignages : 12 500 postes. La CFTC parle de « jusqu’à 12 500 emplois menacés » à l’échelle du groupe et de ses activités associées. Ce nombre ne signifie pas que les repreneurs ont annoncé 12 500 licenciements. Il ne porte pas sur le même périmètre que les quelque 8 000 salariés de SFR évoqués pour l’opération.
Grève chez SFR : la vente n’est pas encore conclue
Le protocole signé le 6 juin 2026 prévoit une valeur d’entreprise de 20,35 milliards d’euros pour les actifs concernés. Un complément de prix potentiel peut atteindre 650 millions d’euros. Il ne s’agit pas du seul montant qui changerait effectivement de mains : le prix final dépendra des ajustements prévus dans l’accord.
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Surtout, un protocole d’accord n’est pas une vente achevée. Les opérateurs attendent encore la signature de la documentation définitive et les décisions des autorités compétentes. Ils envisagent une réalisation au second semestre 2027. L’Arcep précise que l’Autorité de la concurrence ou la Commission européenne devra examiner l’opération. Elle souligne aussi que les obligations de qualité et de continuité des réseaux de SFR restent applicables pendant cette période.
Les acheteurs promettent un emploi aux salariés du périmètre repris jusqu’au début de 2029. Ils évoquent le maintien d’un poste ou une proposition d’emploi. Toutefois, cette échéance ne règle pas, à elle seule, la question des fonctions après 2029. Elle ne donne pas non plus le détail des affectations, des sites ou des conditions de travail. Voilà pourquoi les syndicats réclament des engagements plus précis.
Que doivent anticiper les clients professionnels ?
Le texte des acheteurs prévoit que Bouygues Telecom reprenne SFR Business, sauf les clients professionnels disposant d’un numéro SIREN que le protocole attribue à Free. Il prévoit aussi une structure transitoire pour d’autres actifs et une migration sur plusieurs années. Ces répartitions restent conditionnées à la réalisation de l’opération.
Une TPE ou une PME abonnée chez SFR n’a donc aucune raison de supposer que son contrat change dès aujourd’hui. En revanche, elle peut dresser la liste de ses lignes mobiles, accès internet et services hébergés. Ensuite, elle peut vérifier les dates d’engagement, les niveaux de service et les interlocuteurs de support. Cette préparation sera utile si une migration lui est proposée.
Pour une entreprise qui dépend de sa connexion pour encaisser, livrer ou assister ses clients, une interruption peut coûter cher. Elle peut donc tester sa solution de secours et tenir à jour ses contacts d’urgence. Les changements de réseau demandent aussi une attention particulière aux anciens équipements : Business Times a déjà détaillé les conséquences de la fin progressive de la 2G et de la 3G.
Les fournisseurs et sous-traitants de SFR devront, eux aussi, suivre la répartition des activités. L’acheteur d’une clientèle, d’un réseau et d’un service informatique ne pilote pas forcément les mêmes contrats. Pour comprendre les enjeux humains d’une telle transition, notre article sur l’intégration après un rachat rappelle l’importance des équipes et des processus.
Ce qu’il faut surveiller
Les prochaines étapes sont la fin des consultations sociales, la signature des accords définitifs et l’examen par les autorités de concurrence. Il faudra aussi connaître, site par site, les affectations proposées et les garanties applicables après début 2029. Côté clients, les opérateurs devront détailler le calendrier de migration, la reprise des contrats et les moyens consacrés à la continuité du service. À ce stade, aucune suppression de 12 500 postes n’a été annoncée comme une décision acquise.
Les repères du dossier
- Mobilisation : au moins 2 660 grévistes selon l’Unsa, 3 500 selon la CFDT, le 24 septembre 2026 ; chiffres syndicaux.
- Transaction : protocole à 20,35 milliards d’euros de valeur d’entreprise signé le 6 juin 2026 ; opération encore soumise à conditions.
- Emploi : promesse des acheteurs jusqu’au début de 2029 pour les salariés du périmètre repris ; demande syndicale de garanties plus longues.
- Entreprises clientes : suivre les communications contractuelles, le support et le calendrier d’une éventuelle migration.
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