Au siège de HP France à Meudon, une conversation traverse la Manche. Entre la France et le Royaume-Unis, 350 km sépare deux interlocuteur, pourtant ils ont l’impression d’être à un mètre l’un de l’autre, leurs visages apparaissent à taille réelle et leurs gestes prennent du relief. La démonstration de HP Dimension avec Google Beam, le 1er octobre, donne corps à cet ambition qui anime les entreprises depuis leur utilisation massive de la visioconférence : renouer avec le réel. « C’est une expérience de visioconférence immersive 3D à échelle réelle qui reproduit la présence, qui reproduit la sensation d’être dans la même salle », résume Christophe Herrerias, responsable de la catégorie vidéo chez HP.
HP Dimension ouvre une fenêtre sur la conversation
Un écran de 65 pouces, sept caméras et l’IA de Google, voici la recette qui compose le dispositif du nouveau HP dimension. « Les caméras qui sont de part et d’autre, filment latéralement le visage et vont envoyer deux flux 4K au cloud Google. Ces deux flux 4K vont être traités par les algorithmes du cloud Google », détaille Christophe Herrerias. La septième caméra suit le regard et l’écran envoie une vue différente à chaque œil. « C’est le cerveau qui restitue une image 3D. Parce qu’en réalité, ce ne sont que des pixels qui bougent en temps réel pour restituer l’image. » Le son et le mobilier font le reste et renforcent l’illusion de proximité. « On est autour d’une table ronde, et même si ce n’est pas vrai, quelque part on a l’impression que l’interlocuteur est de l’autre côté de la table », poursuit le responsable. « Le moteur de tout ça, parce qu’il n’y a pas de lunettes et pas de casque, c’est notre cerveau. »
L’objectif est de favoriser l’attention. « On est sur des meetings plus courts, plus efficaces, beaucoup plus centrés sur l’autre, sur ce qu’il a à dire, sur l’écoute et la restitution que ce qu’on peut faire classiquement sur un call audio ou vidéo», estime Christophe Herrerias. Les recherches de Google en 2023 sur Project Starline font état de restitutions écrites 28 % plus longues et d’une attention au visage accrue de 14 %. Des résultats de laboratoire, à confronter aux usages en entreprise.
Des usages qui dépassent la salle de réunion
Pour les usages, HP vise les organes décisionnaires des entreprises, ceux qui demandent de la confiance. Un investisseur « choisit avant tout sur qui il va investir », explique Christophe Herrerias, il est donc primordiale pour un dirigeant de créé un lien rapproché, même à distance. Par exemple, pour un expert veux examiner un prototype, « Je peux toujours envoyer un fichier 3D ou 4D, mais cela n’a pas d’équivalence avec un échange en direct dessus. » Le luxe s’intéresse aussi au dispositif. « Lorsqu’il s’agit de produits chers et fragiles, dont le transport est difficile à assurer, ce sont typiquement des objets que l’on pourrait montrer en 3D à la personne. Seul bémol, il va manquer le toucher. », observe le responsable.
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Le recrutement est aussi visé. « Le premier cas d’usage, c’est le cas de ressources humaines. L’objectif est de faciliter la lecture des réactions et du langage corporel malgré l’éloignement.», souligne le responsable. HP cite aussi un cabinet américain qui envisage d’associer des espaces de travail partagés à son dispositif, pour y accueillir des candidats tandis que les recruteurs restent au siège.
En France, HP prépare une installation au centre hospitalier Henri Laborit, à Poitiers, pour la pédopsychiatrie. Le matériel y a été livré le 1er octobre. « Le lien direct entre le patient et le thérapeute, c’est ce qui prime avant tout, on a réellement l’impression de se regarder dans les yeux », insiste le responsable. Mais les usages se dessinent et se multiplient au fur et à mesures, dès qu’un de nouvel utilisateur essaye cette technologie : « Chaque client qui vient les découvrir apporte des nouveaux cas d’usage », confirme Christophe Herrerias.
Un investissement à confronter aux besoins
Or la 3D proposée par HP Dimension requiert deux salles équipées, et surtout une personne dans chacune. « On ne peut pas rajouter pour le moment une troisième salle ou une quatrième salle pour faire un appelle en même temps », précise Christophe Herrerias. Ainsi, pour le moment, il n’est pas faisable de faire un appel à plusieurs, sinon le système passe en deux dimensions. « Une fois le dispositif installé, le but n’est pas que cette salle serve juste une heure par jour ou un jour par semaine. Ici l’objectif est de mettre à disposions cette expérience 3D immersive aux ressources humaines, aux experts, aux ingénieurs… ».
Toutefois pour faire fonctionner l’appareil correctement, l’entreprise dois disposer d’une connexion d’au moins 50 mégabits par seconde, et ceux, dans chaque sens. « Il y a quand même un technicien qui va venir, soit chez Vidélio, soit chez Orange, qui va valider les prérequis techniques, faire l’installation, le calibrage ainsi que la mise en fonctionnement », explique le responsable. Compter tout de même 50 000 dollars par appareil, le budget comprend le matériel, le mobilier et la licence annuelle Google Beam. Seul bémol : la confidentialité reste à examiner, le cloud de Google traite les échanges, mais nuls ne sais si ils sont conserver.
Christophe Herrerias évoque des lettres d’intérêt pour 600 à 700 appareils dans six pays différents . À l’avenir HP envisage des formats plus compacts : « En fonction du succès qu’aura HP Dimension avec Google Beam » dans sa version actuelle, « cela donnera de la matière pour aller plus loin. Il y a de l’ambition, et on a envie d’y aller. » L’usage décidera de la place du produit dans l’entreprise.
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