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Liquidation de Tudigo : que deviennent les investissements ?

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La liquidation de Tudigo, prononcée le 12 octobre 2026, ouvre une période d’incertitude pour le suivi des placements. Elle ne liquide pas automatiquement les entreprises financées. En revanche, organiser la continuité peut demander des décisions et entraîner des frais pour les investisseurs.

Liquidation de Tudigo : que deviennent les investissements ?

La liquidation de Tudigo change d’abord l’interlocuteur des épargnants et des dirigeants financés par la plateforme. Le tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé cette décision le 12 octobre, après le redressement judiciaire ouvert le 5 août. La fiche de la société identifie la SELARL Laura Lafon comme liquidateur.

Pour comprendre les conséquences, il faut séparer la société qui exploitait la plateforme, les entreprises financées et les véhicules d’investissement interposés. Ces structures n’ont pas le même patrimoine. Leur distinction détermine les droits à suivre et les démarches à engager.

La liquidation de Tudigo ne liquide pas chaque placement

Un investissement réalisé via une plateforme peut prendre la forme d’actions ou d’obligations. Dans le premier cas, l’épargnant détient une participation, parfois à travers une société dédiée. Dans le second, il détient un titre de dette selon les conditions de l’émission. La défaillance de l’intermédiaire n’efface pas, à elle seule, ces titres.

Dans sa communication publiée pendant le redressement judiciaire, Tudigo expliquait que les fonds déjà investis avaient été transmis aux sociétés financées. Elle distinguait aussi les remboursements en attente de reversement, conservés sur un compte séparé auprès du prestataire de paiement Lemonway.

Ces explications décrivent l’organisation annoncée avant la conversion en liquidation. Elles ne permettent pas de promettre un remboursement immédiat de chaque somme. Pour un dossier donné, il faut encore identifier où se trouvent les fonds et qui peut autoriser leur mouvement.

Le risque économique du projet subsiste par ailleurs. Une entreprise financée peut rencontrer ses propres difficultés, indépendamment de Tudigo. À l’inverse, la liquidation de la plateforme ne démontre pas que toutes les sociétés accompagnées ont fait défaut.

Le plan de continuité ne garantit pas les remboursements

Le plan de gestion extinctive publié par Tudigo prévoit de confier certaines fonctions à des prestataires. Pour les investissements en actions, il cite Capsens pour l’administration technique et les flux, ainsi que 1563 pour la représentation des sociétés dédiées.

La nomination du nouveau représentant dépend d’une validation des actionnaires concernés. L’existence du plan ne signifie donc pas que chaque transfert est déjà réalisé. Au 18 octobre, les documents consultés ne permettent pas d’établir l’avancement opérationnel de tous les dossiers.

L’AMF rappelle les limites de ces dispositifs. Un plan de continuité doit organiser les fonctions essentielles, mais il peut ne pas couvrir le recouvrement contentieux. L’investisseur risque alors de devoir agir lui-même, avec des frais, sauf représentation collective prévue.

La distinction est concrète : assurer la circulation d’une information ou d’un paiement ne garantit ni la solvabilité de l’entreprise financée ni l’issue d’un recours.

Des frais à examiner avant de décider

Le document de Tudigo prévoit des frais pour les investisseurs. Pour les dossiers en actions, il affiche notamment le barème suivant :

Poste prévuMontant indiqué
Gestion par 15638 400 € TTC par année commencée, pour le dossier pris en charge
Frais Capsens sur la collecte destinée à financer la gestion2 % TTC
Frais Capsens sur les flux de retour concernés1,8 % TTC

Ce tableau ne constitue pas une facture individuelle de 8 400 euros pour chaque épargnant. Le document prévoit une collecte pour financer le dossier. Les modalités de contribution demandent donc une vérification dans la consultation propre à chaque véhicule.

Les obligations suivent un autre barème, avec des différences selon qu’un dossier rembourse normalement ou nécessite un recouvrement. Avant tout accord, l’enjeu consiste à connaître les prestations incluses et leur financement. Ces coûts peuvent modifier le montant net finalement récupéré, sans qu’il soit possible de le chiffrer globalement à ce stade.

Pour les entreprises financées, conserver une relation avec leurs investisseurs

Une société qui a levé des fonds reste tenue par ses engagements contractuels. La disparition de la plateforme peut toutefois compliquer la transmission des comptes ou l’organisation des échanges avec ses investisseurs. Il faut alors identifier le représentant habilité et les modalités de suivi.

Le financement participatif peut accompagner des projets très différents, comme l’illustre notre article sur l’ouverture du capital de Mobile.club au public. Les risques et les circuits de gestion dépendent du montage retenu. Ils ne se confondent pas systématiquement avec ceux du crowdfunding immobilier.

Pour les épargnants, conserver les bulletins de souscription, contrats et relevés permet d’identifier les titres détenus et leurs émetteurs. Il faut aussi distinguer une créance éventuelle contre Tudigo d’un investissement dans une autre société.

La prochaine étape sera donc documentaire autant qu’opérationnelle : connaître, pour chaque dossier, le gestionnaire désigné, les frais soumis à accord et le calendrier de traitement. C’est à cette échelle que les conséquences de la liquidation de Tudigo pourront être mesurées.