La Banque d’Angleterre maintient son taux directeur à 3,75 %. Pourtant, le statu quo cache un débat de plus en plus tendu. Trois des neuf membres chargés de décider des taux voulaient déjà les relever à 4 %. L’inflation britannique atteint 3,1 % et pourrait dépasser légèrement 4 % début 2027 sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Pour les entreprises, la perspective d’un crédit moins cher s’éloigne donc encore.

Banque d’Angleterre : les taux restent à 3,75 %, mais l’inflation inquiète

La Banque d’Angleterre a décidé de ne pas toucher à son taux directeur.

Il reste fixé à 3,75 %.

La décision était largement attendue par les marchés.

Cependant, le résultat du vote montre que le débat évolue.

Six membres du Comité de politique monétaire ont voté pour maintenir le taux actuel.

En revanche, trois membres souhaitaient une hausse de 0,25 point, ce qui aurait porté le taux à 4 %.

La Banque d’Angleterre publie le détail de sa décision et du vote de septembre 2026.

Ainsi, la prochaine décision ne semble plus forcément devoir être une baisse.

Banque d’Angleterre : pourquoi trois membres voulaient déjà relever les taux

Le principal problème vient de l’inflation.

En août, les prix à la consommation ont augmenté de 3,1 % sur un an au Royaume-Uni.

En juillet, la hausse était encore limitée à 2,9 %.

L’inflation repart donc dans la mauvaise direction.

Les chiffres officiels de l’Office for National Statistics détaillent cette remontée des prix.

La Banque d’Angleterre vise pourtant une inflation de 2 %.

L’écart reste donc important.

Surtout, l’institution estime désormais que l’inflation pourrait encore progresser dans les prochains mois.

Elle attend environ 3,75 % au quatrième trimestre 2026.

Puis elle envisage un niveau légèrement supérieur à 4 % au premier trimestre 2027.

Cette nouvelle prévision explique pourquoi trois membres ont préféré agir immédiatement.

Le pétrole et l’énergie changent à nouveau la donne

La hausse des prix ne vient pas uniquement de l’économie britannique.

Le choc énergétique joue un rôle central.

Les tensions prolongées au Moyen-Orient ont fait monter le pétrole, le gaz et plusieurs produits énergétiques.

Par conséquent, les ménages britanniques paient davantage leurs carburants.

En août, le prix moyen de l’essence atteignait 161,3 pence par litre.

C’est son niveau le plus élevé depuis novembre 2022.

Le diesel atteignait, lui, 181,8 pence.

De plus, les carburants ont augmenté de 23 % sur un an.

Business Times analysait récemment le retour du Brent au-dessus de 109 dollars et le risque d’un nouveau choc inflationniste.

Le Royaume-Uni subit donc le même problème que le reste de l’Europe.

Un pétrole plus cher finit par se diffuser dans les transports, la logistique et les prix de nombreux produits.

La Banque d’Angleterre redoute surtout un effet durable

Une hausse ponctuelle du pétrole ne pousse pas automatiquement une banque centrale à augmenter ses taux.

Le vrai risque apparaît lorsque la hausse se propage.

Les entreprises peuvent augmenter leurs prix pour absorber leurs coûts.

Ensuite, les salariés peuvent demander des hausses de salaire pour préserver leur pouvoir d’achat.

Puis ces hausses peuvent à leur tour alimenter les prix.

C’est ce que les économistes appellent des effets de second tour.

La Banque d’Angleterre surveille précisément ce mécanisme.

Pour l’instant, elle estime que la transmission des prix de l’énergie vers le reste de l’économie reste limitée.

Cependant, elle craint que cet effet apparaisse avec retard.

C’est pourquoi elle ne veut pas réduire les taux trop rapidement.

L’économie britannique ne s’effondre pourtant pas

La situation est complexe car la croissance donne des signaux plus favorables.

En juillet 2026, le PIB britannique a progressé de 0,4 % sur un mois.

Sur les trois mois terminés en juillet, la croissance atteint également 0,4 %.

Les dernières données de l’ONS montrent une reprise de l’activité britannique au début de l’été.

Les services ont notamment progressé.

En revanche, l’industrie et la construction restent plus faibles sur une période de trois mois.

Ainsi, l’économie ne justifie pas forcément une baisse urgente des taux.

C’est un changement important.

Lorsque la croissance était très faible, la Banque pouvait envisager de soutenir davantage l’activité.

Aujourd’hui, une économie un peu plus solide lui permet de rester prudente face à l’inflation.

Banque d’Angleterre : la baisse des taux s’éloigne

Pendant plusieurs mois, les investisseurs ont surtout cherché à savoir quand les banques centrales recommenceraient à réduire leurs taux.

Le débat britannique change désormais de sens.

Avec une inflation susceptible de dépasser 4 %, une baisse rapide devient plus difficile à justifier.

Certains membres du comité estiment même qu’une hausse préventive permettrait d’éviter que les anticipations d’inflation ne s’installent.

Pour autant, une nouvelle hausse n’est pas certaine.

La Banque précise que si les tensions géopolitiques diminuent et que les prix de l’énergie se détendent, un assouplissement monétaire pourrait redevenir possible.

Autrement dit, aucune direction n’est garantie.

La prochaine réunion est prévue le 5 novembre 2026.

Pourquoi cela concerne directement les entreprises britanniques

Un taux directeur à 3,75 % continue à rendre le financement relativement cher.

Les entreprises qui renouvellent leurs crédits peuvent donc payer davantage qu’avant la période inflationniste.

Cela touche notamment les investissements.

Machines.

Locaux.

Véhicules.

Stocks.

Acquisitions.

Chaque projet devient plus difficile à rentabiliser lorsque le coût de l’argent reste élevé.

Business Times expliquait déjà comment les taux d’intérêt influencent directement les décisions des ménages et des entreprises.

Pour les PME, la situation est encore plus sensible.

Elles disposent généralement de moins de possibilités de financement que les grands groupes.

Par conséquent, quelques points supplémentaires sur un crédit peuvent suffire à repousser un projet.

Les entreprises doivent aussi absorber la hausse de leurs coûts

Les taux ne représentent qu’une partie du problème.

L’inflation touche aussi directement les dépenses des entreprises.

L’ONS indique que les prix payés par les fabricants britanniques pour leurs matières premières et leur énergie ont augmenté de 6,1 % sur un an en août.

Les prix à la sortie des usines progressent, eux, de 3,7 %.

Les statistiques officielles sur les prix à la production montrent cette pression sur les coûts industriels.

Ainsi, certaines entreprises doivent choisir.

Réduire leurs marges.

Ou augmenter leurs prix.

Cependant, augmenter ses tarifs devient plus difficile lorsque les clients cherchent eux-mêmes à réduire leurs dépenses.

La livre sterling réagit aussi aux décisions sur les taux

La politique de la Banque d’Angleterre influence également la livre sterling.

En théorie, des taux plus élevés peuvent rendre une monnaie plus attractive pour les investisseurs.

À l’inverse, la perspective de taux plus faibles peut exercer une pression à la baisse.

Cependant, les marchés ne réagissent pas uniquement au niveau du taux.

Ils analysent surtout ce que la Banque laisse entendre pour les prochaines réunions.

Les Échos revient sur le statu quo décidé par la Banque d’Angleterre et sur les inquiétudes liées à l’inflation.

Pour les entreprises françaises qui travaillent avec le Royaume-Uni, l’évolution de la livre compte directement.

Une livre plus forte peut rendre les produits français plus abordables pour les clients britanniques.

À l’inverse, une baisse de la monnaie britannique peut réduire leur pouvoir d’achat.

Le Royaume-Uni fait face au même dilemme que les autres banques centrales

La Banque d’Angleterre n’est pas seule dans cette situation.

Les banques centrales ont combattu pendant plusieurs années la forte inflation apparue après la pandémie et la crise énergétique.

Elles espéraient ensuite pouvoir réduire progressivement les taux.

Mais le nouveau choc énergétique complique ce scénario.

Le problème devient donc commun à de nombreuses économies.

Des taux élevés ralentissent le crédit et l’investissement.

Cependant, une baisse trop rapide peut relancer l’inflation.

Les banques centrales avancent donc avec prudence.

Le Royaume-Uni fournit aujourd’hui un bon exemple de ce dilemme.

Banque d’Angleterre : le prochain mouvement reste incertain

La décision de septembre pourrait sembler sans surprise.

Le taux reste à 3,75 %.

Pourtant, plusieurs éléments ont changé.

L’inflation remonte.

Les prix de l’énergie restent élevés.

Trois membres souhaitent désormais relever les taux.

En parallèle, l’économie britannique résiste mieux que prévu.

Tous ces éléments réduisent la pression en faveur d’une baisse rapide.

La Banque d’Angleterre veut maintenant vérifier si le choc énergétique restera temporaire ou s’il commencera à se diffuser dans toute l’économie.

Pour les entreprises, le message est donc clair : l’argent ne devrait pas redevenir bon marché rapidement. Et si l’inflation dépasse réellement 4 % début 2027, le débat pourrait même se déplacer d’une prochaine baisse vers une nouvelle hausse des taux.