Quels sont les principaux risques de l’IA en entreprise ?
K.T. : Le principal risque est la perte de maîtrise : de ce que l’on produit, de ce que l’on décide, des compétences que l’on conserve et, avec les agents, des actions que l’on délègue. À mesure que l’IA s’installe dans le travail, la question devient : que peut-on lui confier sans perdre la capacité de comprendre et de décider ?
Le premier risque est-il celui de l’erreur ?
K.T. : L’erreur n’est pas nouvelle. Ce qui change, c’est sa capacité à se faire industrialiser. Une IA peut produire en quelques minutes une analyse, un rapport ou du code avec une cohérence convaincante. Le risque apparaît lorsque l’utilisateur confond ce qui est robuste et vérifié avec ce qui est seulement plausible. On voit alors émerger un réflexe : « c’est l’IA qui l’a fait ».
L’IA peut-elle fragiliser les savoir-faire de l’entreprise ?
K.T. : Oui, si elle devient un substitut au raisonnement plutôt qu’un moyen de le renforcer. Un rapport du Sénat d’avril 2026 évoque le risque que certains salariés soient dépossédés d’une partie de leurs savoir-faire et souligne l’importance de la montée en compétences. Plus l’entreprise délègue, plus elle doit préserver sa capacité à comprendre, challenger et développer ses savoir-faire.
Pourquoi les agents IA changent-ils la nature du risque ?
K.T. : Parce qu’ils ne se contentent plus de répondre : ils peuvent agir. Lors de tests menés en juillet 2026, l’AI Security Institute britannique a observé des agents prendre, de leur propre initiative, des actions non prévues pour atteindre leur objectif. C’est un changement majeur : avec l’agentique, il ne suffit plus de maîtriser ce que l’IA produit, il faut aussi maîtriser ce qu’elle est autorisée à faire.
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Chez Spotwork.AI, vous défendez une « IA professionnelle de confiance ». Que signifie-t-elle face à ces risques ?
K.T. : Une IA professionnelle de confiance ne se juge pas seulement à ses performances, mais à ce qu’elle permet à l’entreprise de mieux faire tout en restant maîtresse de son travail.
La technologie que nous avons développée poursuit cette ambition. Elle transforme la puissance des modèles en travail professionnel de qualité, tout en permettant à l’entreprise de renforcer ses propres capacités.
C’est tout l’enjeu du passage de l’IA générative à l’intelligence professionnelle. Les modèles continueront de progresser. Pour rester compétitive, l’entreprise doit pouvoir faire de ces progrès des capacités qui lui sont propres, plutôt que de déléguer progressivement aux modèles ce qui fait son intelligence.
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