Pour Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree, la réponse passe par un changement de méthode : ne plus attendre l’apparition des douleurs, mais expérimenter les solutions directement avec les salariés.
Lorsqu’un TMS est identifié, il est souvent déjà trop tard. Comment passer du curatif à une véritable culture de prévention ?
N.W. : Lorsqu’une organisation prend connaissance d’un TMS, on est déjà dans le curatif. Il faut donc anticiper et investir en amont : le préventif coûte moins cher à terme. Automatisation des tâches, mesures organisationnelles ou adaptation des postes peuvent apporter des résultats concrets. Ces changements doivent ensuite être accompagnés sur le terrain pour construire une véritable culture de prévention.
Comment faire pour que l’analyse ergonomique reflète réellement le quotidien des collaborateurs ?
N.W. : Chez NovaFree, nous procédons souvent à l’inverse des méthodes classiques : nous proposons une expérience ergonomique durant laquelle les salariés testent différentes solutions adaptées à leur profil. Un salarié initialement sceptique qui retrouve agilité et enthousiasme devient souvent notre meilleur ambassadeur. Lors du suivi, nous ajustons les dispositifs et pouvons aussi identifier des évolutions organisationnelles ou techniques : travailler à plusieurs pour alléger les tâches individuelles ou repenser certains processus.
Les exosquelettes constituent-ils un tournant dans la réduction de la pénibilité ?
N.W. : Ce sont des outils innovants qui évoluent très vite : plus adaptés, moins envahissants et plus pratiques. Mais ils ne doivent pas permettre à une entreprise de « s’acheter une bonne conscience ». J’ai accompagné un acteur de l’industrie pharmaceutique qui envisageait des exosquelettes et qui a finalement opté pour un basculeur à fûts automatisé et personnalisé. L’atout de NovaFree est aussi d’offrir des prestations d’engineering sur mesure. L’innovation doit répondre à la problématique réelle, pas l’inverse.
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Comment favoriser l’adhésion des équipes à ces nouveaux équipements ?
N.W. : Le suivi sur le terrain est essentiel. Chez NovaFree, chacun peut essayer une solution avant de l’adopter ou de la critiquer. Cela enlève de la pression au dirigeant comme aux équipes. Lorsque les salariés sont satisfaits, l’adhésion est générale.
Comment mesurer le ROI d’une démarche de prévention des TMS ?
N.W. : Pour un exosquelette passif, le coût peut équivaloir à une journée d’absence. Le retour sur investissement est donc assez clair. Nous avons initié des partenariats avec des assurances, qui considèrent nos prestations comme mesures préventives. Nos démarches sont complétées par des formations avec des physiothérapeutes et des ergothérapeutes sur les bonnes postures. Les effets sont mesurés dans la durée et, très souvent, la baisse de l’absentéisme peut être spectaculaire.
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