PPA Transition énergétique

Du producteur au fournisseur : comment sécuriser son énergie bas carbone avec Arkolia

Par Morgane Huby |
Du producteur au fournisseur : comment sécuriser son énergie bas carbone avec Arkolia

La stratégie énergétique des entreprises ne peut plus se contenter de subir les soubresauts du marché. Dans un contexte de volatilité brutale et de pression réglementaire croissante, les industriels passent d’une consommation passive à une maîtrise totale de leurs risques et de leur approvisionnement. Les contrats d’achat direct (PPA) et les solutions de flexibilité ne sont plus des options, mais des armes stratégiques de compétitivité. Arkolia, fondée en 2008 par Jean-Sébastien Bessière, a compris très tôt ce basculement.

Aujourd’hui, produire de l’énergie ne suffit plus. Pourquoi les PPA deviennent-ils le standard pour les industriels ?

J-S.B : Je dirais que la vraie question, c’est de savoir comment les entreprises peuvent réellement sécuriser leur poste énergie sur la durée. Dans ce contexte de volatilité folle des prix de gros, les entreprises ne cherchent plus seulement à produire ou acheter de l’énergie au jour le jour, mais à verrouiller durablement leurs coûts pour protéger leurs marges. Les PPA s’imposent comme une réponse structurante car ils offrent une visibilité contractuelle inédite à long terme, tout en finançant directement le développement de nouvelles capacités renouvelables sur notre territoire. Chez Arkolia, cette logique s’inscrit dans une approche globale, notamment via des initiatives comme Alpha Innovation. Les PPA deviennent un levier de croissance clé, mais à une seule condition : qu’ils soient intégrés dans une stratégie énergétique d’ensemble, et non traités comme un simple contrat d’achat déconnecté des réalités de consommation de l’usine ou du site.

Vous développez désormais des services d’agrégation et de flexibilité. Le pilotage est-il devenu aussi vital que la production elle-même ?

J-S.B : Le pilotage de l’énergie, c’est un ensemble d’actions. Arkolia apporte la brique production, c’est notre métier historique, mais nous y ajoutons tous les outils connexes pour servir le client au plus juste. L’avenir de notre métier, c’est notre capacité à gérer la production en temps réel tout en apportant des services associés pour mieux valoriser l’énergie auprès de nos clients. Cela passe par exemple par des réserves de capacité ou des mécanismes d’ajustement complexes pour découper les centrales. Le pilotage, c’est ce qui transforme un électron brut en une solution énergétique fiable et économiquement performante.

Entre autoconsommation, PPA et valorisation sur les marchés, comment un dirigeant peut-il construire une stratégie à la fois rentable et sécurisée ?

J-S.B : Il faut être pragmatique et s’appuyer sur un mix de services pour assurer le bon équilibre entre les opportunités et les risques. C’est une question de profil. Les acteurs de la grande distribution vont plutôt foncer sur de l’autoconsommation couplée à des batteries pour booster leur production en journée, là où leurs magasins consomment le plus. Les sites industriels lourds, eux, sont par définition de très gros acheteurs et vont donc préférer des contrats PPA pour mettre en place une politique d’achat beaucoup plus structurée et prévisible. Ils sécurisent ainsi une partie massive de leur approvisionnement. Derrière tout cela, il y a un enjeu majeur de souveraineté : ces sites ne seront plus tributaires d’une production de gaz ou de charbon qui provient de l’étranger.

Vous êtes à la fois producteur, fournisseur et agrégateur. Le modèle de l’énergéticien intégré est-il en train de remplacer les schémas traditionnels ?

J-S.B : Nous avons opéré notre mutation il y a deux ans, car c’était une transformation vitale au regard des enjeux de décarbonation. On ne peut pas accélérer la production d’énergie renouvelable sans accepter de déployer le solaire et l’éolien au plus près des consommateurs. Il est impératif de changer de modèle pour valoriser l’énergie directement auprès de nos clients, sans intermédiaire inutile. Aujourd’hui, un PPA fonctionne comme une véritable couverture financière sur le coût de l’énergie, qui est devenu le premier poste de risque pour beaucoup. Arkolia garantit par exemple un prix fixe sur une durée de 20 ans.

En tant qu’agrégateur, nous avons aussi développé une brique stockage, qui est devenue un élément critique pour répondre aux besoins des clients qui veulent une énergie la plus verte, mais aussi la plus lissée possible. Nous installons même des super chargeurs pour les grands sites, un service totalement intégré à notre offre de production.

Comment voyez-vous l’avenir du métier d’énergéticien et quels sont les freins financiers à lever ?

J-S.B : Le stockage va devenir la question centrale de la prochaine décennie. Il faut aller encore plus loin dans l’intégration de ce métier et développer d’autres outils de fourniture toujours plus agiles. Mais dans le cadre des PPA, le nerf de la guerre reste la contrepartie financière. Un contrat long terme sur 15 ou 20 ans suppose que l’acheteur soit perçu comme suffisamment solide par le producteur et, surtout, par ses financeurs. C’est là que l’intervention de Bpifrance est cruciale, via des mécanismes de contre-garantie. Concrètement, Bpifrance sécurise une partie du risque de défaillance de l’entreprise qui achète l’électricité. Cela permet de rassurer les banques, de faciliter la signature de PPA avec des ETI ou des PME, et d’ouvrir enfin ces contrats à des acteurs qui n’auraient pas, seuls, la surface financière perçue comme suffisante par les marchés. 

Plus d’informations sur Arkolia :

https://arkolia.com/fr