Une double intrusion par usurpation d’identité
D’après Damien Bancal, spécialiste en cyberintelligence, l’attaque n’a pas nécessité de compétences techniques exceptionnelles. Le pirate n’a pas cherché à contourner les logiciels de sécurité. Il a directement usurpé l’identité d’un salarié pour accéder aux outils internes. Une seconde attaque a été menée fin juillet contre le Serveur professionnel de données cadastrales. Elle a été revendiquée par un individu se présentant sous le pseudonyme « ZeroBytes ». Il affirme avoir contourné l’authentification à plusieurs facteurs. Ce piratage viserait environ 200 000 comptes. Les informations concernées lient l’identité et l’adresse de propriétaires.
Selon des précisions apportées à l’AFP, le pirate se présente comme un groupe de deux personnes. Il agit par appât du gain, sans dissimuler ses intentions commerciales. Le fichier fiscal aurait été proposé à la vente sur le darkweb. Le prix demandé se chiffrerait en milliers d’euros. La base cadastrale, elle, aurait été mise en vente pour quelques centaines d’euros.
Des données particulièrement sensibles
Pour les particuliers, les informations dérobées comprennent le nom, le quotient familial, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source. Pour les professionnels, ce sont surtout le numéro Siren et l’adresse de l’entreprise qui ont été extraits. Le fisc se veut néanmoins rassurant sur un point. Ces données ne permettraient pas d’accéder au compte sécurisé sur impots.gouv.fr.
Interrogée par franceinfo, la DGFiP indique avoir détecté la première intrusion peu après sa survenue. Les accès concernés ont été immédiatement bloqués. L’administration a saisi la Cnil et déposé plainte. Une enquête a par ailleurs été confiée à l’Office anti-cybercriminalité.
À lire aussi
Hameçonnage, usurpation et risque de cambriolage
Le principal danger identifié par les experts reste l’hameçonnage. Des escrocs peuvent s’appuyer sur l’historique réel des démarches fiscales d’une personne. Ils envoient alors des messages très convaincants en se faisant passer pour l’administration. Le but est de soutirer de l’argent ou des coordonnées bancaires. Un second risque existe, selon Benoît Grünewald, expert cyber chez Eset. Des personnes pourraient se présenter physiquement au domicile des victimes. Certaines pourraient même se faire passer pour des agents des impôts. L’objectif serait alors le cambriolage ou l’extorsion.
Comment réagir
Les autorités recommandent une vigilance accrue. Il faut se méfier des mails, SMS et appels s’appuyant sur des informations fiscales ou personnelles pour paraître légitimes. Aucune démarche proactive n’est nécessaire pour vérifier si l’on est concerné. Les personnes touchées seront contactées directement par courriel ou courrier. Il est conseillé de ne cliquer sur aucun lien reçu par message non sollicité. Vérifiez toujours l’identité d’un interlocuteur se présentant comme agent des impôts. Restez attentif aux tentatives de contact inhabituelles dans les semaines à venir.
À lire également sur Business Times
- ActualitésRetour de congés : l’angoisse de la boîte mail révèle un vrai problème d’organisation
- ActualitésEntreprises en difficulté : le Grand Est renforce l’alerte précoce
- ActualitésRevolut France : le crédit immobilier devra encore attendre, mais la banque accélère ailleurs
- ActualitésFusion Cegid-Silae : un nouveau géant français du logiciel valorisé plus de 10 milliards d’euros
