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Récolte de maïs 2026 : une chute historique de près de 50 %

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La récolte de maïs 2026 s'effondre en France. Selon l'AGPM, la production de maïs grain tomberait à environ 7 millions de tonnes, soit près de moitié moins qu'en 2025. En conséquence, les producteurs chiffrent leurs pertes à 2,5 milliards d'euros et demandent à l'État un soutien rapide.

Récolte de maïs 2026 : une chute historique de près de 50 %

Une récolte de maïs 2026 au plus bas depuis près de 50 ans

Mardi 20 octobre, l’AGPM, l’association des producteurs de maïs, a présenté son bilan lors d’une conférence de presse à Paris. À cette occasion, l’institut Arvalis estime la production de maïs grain à 7,04 millions de tonnes. Il s’agirait d’un recul de 49 % sur un an et du niveau le plus bas depuis 1976.

Le ministère de l’Agriculture dresse un constat proche. En effet, son service statistique, Agreste, prévoyait 9 millions de tonnes début août, selon sa note de conjoncture d’août, puis 8,1 millions en septembre. Enfin, le 13 octobre, il a de nouveau abaissé sa prévision à 7,3 millions de tonnes, semences comprises. Cette dégringolade s’explique par une sécheresse persistante et par des canicules répétées, notamment pendant la floraison.

SourceDateProduction de maïs grainComparaison
Agreste (ministère)Début août9,0 Mt− 35 % sur un an
AGPM (communiqué)27 août7,5 Mt possibles− 45 % sur la moyenne 5 ans
Agreste (ministère)13 octobre7,3 Mt, semences comprises« Quasiment divisée par deux » sur un an
Arvalis (présenté par l’AGPM)20 octobre7,04 Mt− 49 % sur un an

Ces chiffres restent des estimations, et leurs références de comparaison diffèrent. Les statistiques officielles peuvent donc encore évoluer.

2,5 milliards d’euros de pertes pour la filière

Franck Laborde, président de l’AGPM, évalue la perte de chiffre d’affaires à 2,5 milliards d’euros pour les producteurs. De plus, ce montant exclut les pertes des filières aval, précisait déjà l’association fin août.

Les rendements illustrent l’ampleur du choc. Ainsi, Arvalis retient 45,9 quintaux par hectare pour le maïs pluvial, un niveau historiquement bas, contre 96,7 pour le maïs irrigué. Par conséquent, l’irrigation a protégé les récoltes lorsque l’eau était disponible. Toutefois, certaines exploitations n’ont rien récolté dans certains territoires, selon l’AGPM.

Selon Franck Laborde, les producteurs vivent en outre depuis plusieurs années avec des revenus déficitaires, et cette crise franchit « un cap supplémentaire ».

Ce que demandent les producteurs à l’État

L’AGPM réclame un « sursaut » des pouvoirs publics. Elle formule ainsi quatre demandes principales :

  • une aide de 450 euros par hectare, position commune aux associations de grandes cultures de la FNSEA ;
  • une dérogation à l’implantation d’intercultures, qui économiserait 150 à 230 euros par hectare ;
  • la rétroactivité de l’aide aux engrais au 1er mars 2026 ;
  • un accès facilité aux moyens de production, dont le stockage de l’eau.

Le gouvernement a déjà ouvert un guichet d’aide à l’achat d’engrais azotés. Annoncé en juillet, il prévoit 70 euros par tonne pour les exploitations les plus exposées et 50 euros par tonne pour les autres, d’après le communiqué du ministère de l’Agriculture. Toutefois, l’AGPM juge ce dispositif inadapté aux périodes d’achat des maïsiculteurs. Elle affirme aussi que les exploitants n’ont demandé que 14 millions d’euros à FranceAgriMer, sur un plan de plus de 140 millions.

En effet, sans aide « à la hauteur de la crise », l’association estimait fin août que le redémarrage serait impossible en 2027.

L’eau, l’autre front de la filière

À plus long terme, l’AGPM place l’eau au centre du débat. Selon l’association, seulement 10 % des surfaces agricoles françaises reçoivent de l’irrigation, contre plus de 20 % dans le monde. De son côté, la loi d’urgence agricole, votée définitivement, facilite la construction de stockages d’eau pour doubler les réserves d’ici 2035. Nous avions suivi l’annonce de cette loi d’urgence agricole en janvier.

L’AGPM demande donc que ce volet figure parmi les premiers décrets d’application. Elle plaide aussi pour reparamétrer les systèmes d’irrigation, conçus pour 6 millimètres par jour, alors que quelques journées ont atteint 10 à 12 millimètres.

Un choc qui dépasse le champ de maïs

De plus, cette crise s’ajoute à un été marqué par la chaleur. Nous avions déjà détaillé le coût de la canicule 2026 pour l’économie : entre 10 et 15 milliards d’euros selon la ministre de la Transition écologique, mais environ 0,1 point de croissance selon la direction générale du Trésor.

Par ailleurs, la sécheresse pèse aussi sur l’élevage : au 10 septembre, la pousse cumulée de l’herbe se situait 39 % sous la référence 1989-2018, d’après Agreste.

À suivre

Le prochain rendez-vous est l’arbitrage du gouvernement sur les aides demandées. Ensuite, les bilans définitifs d’Agreste devraient préciser l’ampleur réelle de la baisse.