Des cagnottes qui pèsent déjà plusieurs centaines de milliers d’euros
Au 20 octobre, les cagnottes de soutien aux commerces touchés par les violences du 17 octobre avaient collecté plusieurs centaines de milliers d’euros, selon l’AFP. Environ 3 000 commerces ont subi des dégâts en France, et les pillages ont touché beaucoup d’entre eux, d’après la même source. Paris, Lyon, Nice et Bordeaux figurent parmi les villes citées.
Les plateformes détaillent des montants très variables. Ainsi, Leetchi compte 79 cagnottes pour plus de 185 000 euros, avec un don médian d’environ 10 euros. De son côté, Le Pot Commun recense une quinzaine de cagnottes, surtout à Paris et à Lyon, pour près de 10 000 euros.
| Collecte | Cagnottes | Montant collecté | Précision |
|---|---|---|---|
| Leetchi | 79 | Plus de 185 000 € | Don médian d’environ 10 € |
| Le Pot Commun | Environ 15 | Près de 10 000 € | Surtout à Paris et à Lyon |
| My Presqu’île (réseau lyonnais) | 1 | Plus de 7 000 € | Sur Leetchi ; plus de 200 commerces |
| Commerçant parisien (téléphonie) | 1 | Près de 95 000 € | Plus de 10 000 contributions |
Ces chiffres datent du 20 octobre, et les totaux peuvent se recouper. En outre, ils progressent vite : un décompte antérieur de Leetchi faisait état d’au moins 47 cagnottes et de plus de 125 000 euros en deux jours.
Quand des internautes ouvrent des cagnottes sans prévenir les commerçants
Le succès de ces collectes attire aussi les escrocs. En effet, des internautes ont ouvert certaines cagnottes à l’insu des bénéficiaires présumés. À Nice, le gérant d’un magasin Micromania a prévenu, dans une vidéo sur Instagram, qu’une personne usurpait son identité sur Twitter pour demander de l’argent.
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Les plateformes réagissent. Le Pot Commun a renforcé ses contrôles depuis dimanche. Avant de verser les fonds, il vérifie l’identité du bénéficiaire et des justificatifs : preuve de l’existence du commerce et du lien entre l’organisateur et le commerçant. Par ailleurs, Leetchi indique qu’elle bloque les tentatives non conformes et ne transfère jamais l’argent dans ce cas.
Toutes les cagnottes ne sont donc pas frauduleuses. Néanmoins, un don se récupère difficilement, et la prudence s’impose.
Comment repérer une fausse cagnotte
La DGCCRF, qui surveille les fraudes, détaille ses conseils sur les fausses cagnottes dans sa fiche sur les appels frauduleux aux dons. Cette fiche date de 2022, mais ses réflexes valent encore. Voici les principaux :
- vérifier qui a créé la cagnotte et quel lien il entretient avec le commerçant ;
- regarder si le commerçant relaie lui-même la cagnotte sur ses propres comptes ;
- donner uniquement sur une plateforme reconnue, et refuser tout virement direct demandé par message ;
- exiger un projet précis et un porteur identifiable, et ne rien donner en cas de doute.
En cas de doute, signalez la cagnotte à la plateforme et demandez le blocage des fonds. Vous pouvez aussi la signaler à Pharos, la plateforme de signalement du ministère de l’Intérieur. Enfin, une victime peut déposer une pré-plainte en ligne ou porter plainte à la police ou à la gendarmerie.
Les risques juridiques pour les faux organisateurs
Créer une fausse cagnotte pour récolter des dons relève de l’escroquerie. Le Code pénal prévoit jusqu’à cinq ans de prison et 375 000 euros d’amende (article 313-1). De plus, usurper l’identité d’un commerçant en ligne peut coûter jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende (article 226-4-1). Enfin, garder l’argent d’une vraie cagnotte constitue un abus de confiance.
Cagnottes, assurance et aides de l’État : ce qui compte pour un commerçant
Les cagnottes ne remplacent ni l’assurance ni les aides publiques. Selon l’AFP, le gouvernement a annoncé un fonds de soutien dédié, des avances de trésorerie à taux zéro jusqu’à 50 000 euros, un étalement simplifié des charges fiscales et sociales, et un délai rallongé pour déclarer les sinistres. De plus, l’État prend en charge l’activité partielle à 100 % depuis mardi. En revanche, on ne connaît pas encore les modalités du fonds.
En 2023, après d’autres émeutes, l’État avait choisi une aide exceptionnelle pouvant atteindre 6 000 euros par travailleur indépendant, d’après le ministère de l’Économie. Pour l’assurance, nous avons détaillé qui indemnise les commerces après le 17 octobre, tandis que la FEDEA mobilise ses experts en assurance. Par ailleurs, Bernard Cohen-Hadad défend, dans un entretien sur le fonds émeutes, un dispositif national plus large.
À suivre
Le prochain test sera la répartition des fonds. Ainsi, My Presqu’île, un réseau de plus de 200 commerces lyonnais, promet des critères transparents : ampleur des dégâts, urgence des réparations et fragilité économique de chaque boutique. Enfin, il faudra aussi connaître les règles du fonds de l’État.
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