Femmes et tech : des freins encore forts malgré un intérêt réel

Par Sami Zeroual |
Femmes et tech : des freins encore forts malgré un intérêt réel

Les métiers de la tech attirent, mais ils restent encore largement masculins. À l’occasion de la Journée des femmes dans les technologies, une étude de Notify met en lumière un décalage clair : l’intérêt existe, mais les obstacles restent nombreux.

Un manque d’accompagnement dès le départ

Premier constat : tout se joue très tôt. Pour 48 % des femmes interrogées, l’intérêt pour les métiers de la tech doit être encouragé dès l’école primaire.

Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. 34 % estiment ne pas avoir été suffisamment encouragées dans leur parcours scolaire et 26 % déclarent ne pas l’avoir été du tout. À l’inverse, seules 12 % disent avoir été pleinement soutenues.

Pour Elodie Frey, le problème est clair :
« L’intérêt pour ces métiers ne se construit pas au lycée, mais dès les premières années de scolarité. »

Des métiers attractifs… mais encore intimidants

Malgré ces freins, l’image de la tech reste globalement positive. 62 % des femmes considèrent ces métiers comme attractifs.

Les motivations sont variées. Le salaire arrive en tête, suivi par les opportunités de carrière et l’innovation. Certaines évoquent aussi l’impact sur le monde ou la dimension créative.

Mais cette attractivité reste fragile. Une partie des femmes perçoit encore ces secteurs comme impressionnants ou peu accessibles.

Un manque de modèles féminins

La question de la représentation reste centrale. 42 % des femmes estiment qu’il n’y a pas assez de figures féminines visibles dans la tech.

Ce manque de modèles renforce les stéréotypes. 49 % des répondantes considèrent que l’image trop masculine du secteur est un frein. À cela s’ajoutent la peur de ne pas être légitime et le manque d’information sur les carrières.

Résultat : l’intérêt existe, mais le passage à l’action reste difficile.

Des solutions déjà identifiées

Face à ces constats, plusieurs leviers se dégagent.

D’abord, développer davantage de modèles féminins pour inspirer. Ensuite, mieux accompagner et former les jeunes. Enfin, proposer des expériences concrètes comme des stages ou des ateliers.

Pour Réjane Lhuerre :
« Entre l’intérêt et le passage à l’action, il reste encore un monde. »

Un enjeu clé pour les entreprises

Le sujet dépasse la question de l’égalité. Les entreprises ont besoin de talents et peinent à recruter dans la tech.

Attirer plus de femmes devient donc un enjeu stratégique. Cela passe par une meilleure pédagogie, plus de visibilité et des actions concrètes sur le terrain.

L’étude le montre : les bases sont là. Mais pour transformer l’intérêt en vocation, il faudra agir plus tôt et plus fort.