Les entreprises françaises accélèrent vers les conteneurs IA

Par Sami Zeroual |
Les entreprises françaises accélèrent vers les conteneurs IA

Les entreprises françaises accélèrent leur adoption des conteneurs sous l’effet de l’intelligence artificielle. Selon une étude Wakefield Research pour Nutanix, la souveraineté des données devient un moteur majeur dans les décisions d’infrastructure.

Les conteneurs gagnent du terrain avec l’IA

L’intelligence artificielle pousse les entreprises à revoir leurs infrastructures. En France, 88 % des responsables IT interrogés s’attendent à une hausse du niveau de containerisation des applications dans les trois prochaines années. Cette tendance montre que les conteneurs deviennent un élément central dans les stratégies cloud et data.

Le mouvement est aussi porté par l’IA. Selon l’étude Wakefield Research réalisée pour Nutanix, 83 % des décideurs IT français estiment que l’intelligence artificielle accélère de manière significative l’adoption des conteneurs dans leur organisation. Pour 26 % d’entre eux, cette accélération est même très forte.

Les conteneurs permettent aux entreprises de déployer plus facilement leurs applications, de les déplacer d’un environnement à l’autre et de mieux gérer les besoins liés aux données. Dans un contexte où les usages de l’IA progressent, cette flexibilité devient un vrai atout.

Parmi les entreprises qui utilisent déjà des conteneurs pour exécuter des applications intégrant de l’IA, 86 % construisent de nouvelles applications directement dans cet environnement. Certaines le font comme approche principale, d’autres en parallèle de la modernisation d’anciennes applications.

La souveraineté des données devient prioritaire

En France, le sujet ne se limite pas à la performance technique. La souveraineté des données arrive en tête des motivations. Pour 54 % des responsables IT français, garder le contrôle sur le lieu de stockage et de traitement des données est le principal objectif pour adopter ou renforcer l’usage des conteneurs dans les douze prochains mois.

Cette priorité distingue la France des autres marchés étudiés. À l’échelle mondiale, la motivation principale reste plutôt la performance, avec la recherche de plus de rapidité, de fiabilité ou de capacité de montée en charge.

Le besoin de contrôle se retrouve aussi dans les choix d’infrastructure. 67 % des organisations françaises estiment nécessaire d’exécuter leur infrastructure dans un seul pays, que ce soit sur site ou via une région cloud locale. Ce chiffre est supérieur à la moyenne mondiale, située à 57 %.

Les entreprises françaises privilégient aussi plus souvent les environnements internes ou privés. 53 % des applications containerisées sont exécutées sur site ou dans un cloud privé, contre 43 % dans le cloud public. Cette approche traduit une volonté de garder plus de maîtrise sur les données sensibles.

Le Shadow AI inquiète les directions IT

L’étude met aussi en avant un autre sujet : le contrôle des usages de l’IA dans les entreprises. En France, 91 % des responsables IT considèrent que l’utilisation d’outils ou d’agents IA en dehors du cadre officiel crée un risque pour l’entreprise.

Ce phénomène, souvent appelé Shadow AI, concerne les usages non validés par les équipes IT. Il peut s’agir d’outils utilisés par des salariés pour automatiser une tâche, analyser des données ou produire du contenu, sans supervision officielle.

En France, 63 % des responsables interrogés déclarent avoir déjà rencontré des applications ou agents IA mis en place par des collaborateurs en dehors des fonctions IT. Ce chiffre reste inférieur à la moyenne mondiale, mais il montre que le sujet est déjà bien installé.

Le risque est d’autant plus fort lorsque les services travaillent en silos. 82 % des décideurs IT français estiment que les séparations entre les directions métiers et les équipes IT freinent au moins modérément la performance globale de leur organisation et l’exécution des projets technologiques.

Une approche hybride pour mieux garder le contrôle

Face à ces enjeux, beaucoup d’entreprises françaises semblent se tourner vers des modèles hybrides. Elles cherchent à combiner performance, flexibilité et maîtrise des données. Le choix entre cloud public, cloud privé et infrastructure locale ne se fait donc plus seulement selon des critères de coût ou de rapidité.

La montée de l’IA rend cette réflexion encore plus importante. Les applications intelligentes demandent des données disponibles, sécurisées et faciles à déplacer. Les conteneurs peuvent répondre à ce besoin, à condition d’être intégrés dans une stratégie claire.

L’étude souligne toutefois un paradoxe. Même si la souveraineté des données apparaît comme un moteur important, seuls 69 % des décideurs français la considèrent comme une priorité forte ou indispensable dans leurs décisions d’infrastructure. À l’échelle mondiale, ce chiffre atteint 80 %.

Ce décalage montre que le sujet progresse, mais qu’il n’est pas encore totalement intégré dans toutes les stratégies. Pour les entreprises françaises, les prochaines années seront donc décisives. Entre IA, cloud hybride, sécurité et souveraineté, l’infrastructure devient un levier stratégique, et plus seulement un sujet technique.

Avec cette évolution, les conteneurs s’imposent comme un outil clé. Ils permettent de mieux gérer les applications liées à l’IA, tout en répondant aux besoins de mobilité, de contrôle et de protection des données. Pour les directions IT, l’enjeu sera maintenant de garder la main sur ces usages, sans freiner l’innovation.