Les salariés prennent les devants
L’intelligence artificielle intègre les habitudes des voyageurs d’affaires, mais souvent en dehors des règles fixées par les entreprises. D’après la nouvelle édition du Global Business Travel Survey de SAP Concur, 72 % des collaborateurs utilisent ou seraient prêts à utiliser des outils d’IA non autorisés par leur entreprise pour organiser leurs déplacements professionnels.
Un chiffre qui illustre l’essor du « shadow AI », un phénomène qui désigne l’utilisation de solutions d’intelligence artificielle sans validation ni contrôle de l’employeur.
Un décalage entre l’offre des entreprises et les attentes des collaborateurs
Pourquoi les salariés se tournent-ils vers ces outils ? Pour 42 % des personnes interrogées, les solutions d’IA qu’elles préfèrent ne sont tout simplement pas celles proposées par leur entreprise. Plus inquiétant encore, 30 % affirment qu’aucun outil d’IA n’est mis à leur disposition pour planifier ou réserver leurs voyages.
Cette situation traduit un décalage croissant entre les investissements des entreprises dans l’IA et les usages réels des collaborateurs.
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Les jeunes générations en première ligne
L’acceptation du shadow AI varie fortement selon les profils. Les voyageurs de la génération Z sont les plus enclins à utiliser ces outils, avec 79 % de réponses favorables. Ils sont suivis par les millennials (76 %). À l’inverse, ce taux est plus faible chez les membres de la génération X (62 %) et chez les baby-boomers (49 %).
Le mode de travail influence également les comportements. Les salariés en télétravail se montrent davantage ouverts à l’utilisation d’outils d’IA non approuvés (81 %) que ceux travaillant exclusivement sur site (71 %).
L’IA devient un véritable assistant de voyage
L’étude montre que l’IA est déjà présente à chaque étape du déplacement professionnel. Trois quarts des voyageurs d’affaires déclarent utiliser ces technologies. La planification des itinéraires constitue l’usage principal (33 %), devant le suivi des dépenses en déplacement (24 %) et l’évaluation des risques liés au voyage (22 %).
Les collaborateurs s’appuient également sur l’IA pour modifier leurs réservations. Trouver les meilleures options d’hébergement ou de transport, ou remplir les notes de frais, devient, selon eux, indispensable.
Les directions financières tirent la sonnette d’alarme
Cette montée en puissance du shadow AI préoccupe fortement les entreprises. Selon l’étude, 98 % des directeurs financiers se disent inquiets face à ce phénomène.
« Les outils d’IA grand public permettent aujourd’hui aux employés de réserver ou de planifier leurs voyages via des solutions non autorisées », souligne Romain Delcroix, Head of SAP Concur France.
Le principal risque concerne la sécurité des données. Des informations sensibles peuvent être partagées avec des plateformes externes ou connectées à des systèmes qui échappent aux règles de gouvernance de l’entreprise.
Les collaborateurs réclament une IA mieux intégrée
Pour limiter le recours à des outils non approuvés, les entreprises devront répondre aux attentes des utilisateurs. Les salariés souhaitent avant tout voir l’IA intégrée à leurs outils quotidiens. Plus d’un tiers (36 %) réclament des connexions avec leur agenda ou des applications comme PowerPoint. Un tiers (33 %) souhaitent retrouver ces fonctionnalités directement dans des plateformes collaboratives telles que Teams ou Slack.
D’autres attendent des assistants capables de suggérer automatiquement des réservations, d’envoyer des rappels ou d’accompagner les utilisateurs tout au long de leur déplacement.
Encadrer plutôt qu’interdire
Pour SAP Concur, le message est clair : l’IA est déjà devenue un réflexe pour de nombreux voyageurs d’affaires.
Face à cette réalité, les entreprises ne peuvent plus se contenter d’interdire certains usages. Elles doivent proposer des solutions performantes, sécurisées et adaptées aux besoins des collaborateurs afin de reprendre la main sur ces nouveaux outils tout en accompagnant leur adoption.
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