Comment répartir le travail entre équipes salariées, agents IA et freelances ? En août 2026, le baromètre européen de Shakers a recueilli les réponses de 1 035 professionnels de la tech dans 23 pays. Les salariés interrogés sont près d’un sur deux à prévoir un recours accru à des spécialistes indépendants dans leur entreprise d’ici fin 2027. Ce chiffre mesure une attente. Les réponses ne renseignent ni sur les budgets déjà votés ni sur les missions qui seront effectivement confiées.
IA et freelances : l’automatisation déplace une partie du travail
Dans l’enquête, 73 % des professionnels déclarent utiliser au moins un agent IA ou un processus automatisé dans leur activité courante. L’indicateur couvre donc aussi des automatisations qui ne passent pas par un agent. À une autre échelle, Eurostat indique que 20 % des entreprises de l’Union européenne d’au moins dix salariés utilisaient une technologie d’IA en 2025. Les deux chiffres décrivent des populations et des usages différents. Le premier porte sur des professionnels expérimentés de la tech. Le second mesure l’adoption de l’IA par les entreprises du champ de l’enquête européenne.
Le baromètre s’intéresse aussi à la manière dont les répondants occupent leur temps. Ainsi, 32 % disent surtout orienter et vérifier les productions de l’IA. La même proportion déclare produire principalement les livrables elle-même. Enfin, 17 % se consacrent surtout à la conception des systèmes et à la définition des problèmes.
Concrètement, si un agent prépare une modification du code, un développeur doit encore vérifier qu’elle répond au besoin. Il doit aussi évaluer ses effets sur le reste du logiciel. Le temps consacré à cette revue entre dans le coût du projet. Pour mesurer le gain, l’entreprise peut donc comparer le temps total avant et après le déploiement, corrections comprises. Business Times a relevé cette distinction dans son article sur le déploiement d’agents IA chez Mantu avec Dust. Le nombre d’agents créés renseigne sur l’activité du programme. La qualité du travail et le temps gagné demandent d’autres mesures.
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Quand une mission externe a du sens
Shakers parle d’« entreprise élastique » pour décrire une organisation qui mobilise des spécialistes externes selon l’étape du projet. La société commercialise elle-même des services de mise en relation avec des indépendants. Sa lecture du baromètre rejoint donc son activité.
Prenons le cas d’une PME qui veut automatiser le tri des demandes au support. Elle peut confier à un spécialiste la connexion de l’outil au logiciel de tickets et la mise en place des premiers tests. En revanche, les équipes internes connaissent les demandes qui exigent une réponse humaine. Elles peuvent, par exemple, décider qu’une réclamation liée à un paiement doit toujours arriver chez un conseiller. Lorsque le prestataire termine sa mission, quelqu’un doit encore savoir modifier cette règle, repérer une erreur et suspendre l’automatisation.
L’enjeu se joue dès le cadrage de la mission. Si l’entreprise achète uniquement l’installation, elle risque de devoir rappeler le prestataire à chaque modification. Une documentation des réglages et une prise en main par l’équipe interne ont donc une valeur dès le départ. Pour comparer une mission externe et une montée en compétence interne, le prix du projet doit inclure ce passage de relais.
Les équipes veulent apprendre à faire travailler les agents ensemble
Dans les douze mois suivant l’enquête, 44 % des professionnels souhaitent développer leur capacité à coordonner plusieurs agents IA. C’est la priorité de formation la plus citée. Viennent ensuite la sécurité et la conformité de l’IA (34 %). Enfin, 30 % souhaitent mieux formuler leurs consignes et choisir les informations à donner au modèle.
Ces besoins apparaissent aussi dans le recrutement, sous une autre forme. L’analyse des compétences IA demandées dans les offres d’emploi françaises montre que les attentes varient fortement d’un métier à l’autre. Pour un employeur, le choix dépend donc de la fréquence du besoin. Une expertise utile pour sécuriser un lancement peut faire l’objet d’une mission ponctuelle. En revanche, si l’équipe doit contrôler les résultats chaque semaine, elle a intérêt à développer cette capacité en interne.
L’indépendance attire, la stabilité des revenus pèse
Sur les 806 répondants ayant une activité salariée, 24 % préparent un passage à l’indépendance ou l’envisagent sérieusement dans les deux ans. Ce groupe comprend 130 salariés qui exercent déjà une activité indépendante en parallèle. Toutefois, 50 % des répondants salariés citent la stabilité des revenus comme principal frein. De plus, 21 % mentionnent leur préférence pour l’emploi salarié.
L’étude a retenu 963 réponses issues du panel Prolific et 72 provenant du réseau de spécialistes indépendants de Shakers. Tous les participants avaient au moins trois ans d’expérience. Les résultats éclairent les pratiques et les attentes de cet échantillon. Ils ne permettent pas d’extrapoler à l’ensemble des salariés européens ni de chiffrer les embauches ou les missions en 2027.
À l’approche de 2027, un premier projet donne déjà un moyen d’éprouver cette organisation. Une fois le spécialiste parti, l’équipe interne peut-elle corriger une erreur de l’agent et adapter ses règles à un nouveau besoin ? La réponse aide à décider quelles compétences acheter à la mission et lesquelles développer dans la durée.
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