Écologie Numérique

Comment réduire l’empreinte environnementale du numérique 

Par Celia Bonnin |
Comment réduire l’empreinte environnementale du numérique 

À l’approche du 5 juin, Journée mondiale de l’environnement, la question de l’empreinte écologique du numérique revient au premier plan. Le CEO et cofondateur de l’entreprise française Weytop, Souchiam Sechao, propose cinq conseils pour une utilisation plus durable. 

Le défi de l’empreinte carbone du numérique

Le secteur du numérique représente aujourd’hui entre 3 et 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit 1,4 milliard de tonnes par an. Les États de l’Union européenne se sont engagés à atteindre la neutralité carbone en 2050 par l’adoption du Pacte vert en 2019. Dès lors, agir sur la consommation numérique en croissance exponentielle est un levier indispensable vers la sobriété. En France, le numérique représente 2,5 % de notre empreinte carbone, et ce chiffre pourrait tripler d’ici 2050.

Comme le souligne Souchiam Sechao, « la sobriété numérique ne consiste pas à renoncer à la performance, mais à utiliser les ressources informatiques de manière plus intelligente. » Prolonger la durée de vie des équipements informatiques est une priorité. Les entreprises doivent repenser leur fonctionnement pour ne plus remplacer leur parc numérique tous les 3 à 5 ans. 

Des ordinateurs écologiques

Le principal impact environnemental du numérique est la fabrication des appareils. Selon WWF, la fabrication d’un ordinateur consomme 240 kg de combustibles fossiles, 22 kg de produits chimiques et 1,5 tonne d’eau. Pour contribuer, à l’échelle individuelle et collective, à réduire cet impact, le choix d’un « ordinateur écologique » est une piste d’action. Le dispositif doit respecter plusieurs critères : matériaux de fabrication (extraction de minerais rares, éléments recyclés), faible consommation énergétique (mode économie d’énergie, veille automatique) et durabilité (indice de réparabilité).

Par ailleurs, on trouve également des labellisations : TCO (processus de fabrication) ou EPEAT (consommation énergétique, durée de vie et absence de substance dangereuse). Il est aussi possible de s’orienter vers de l’occasion ou du reconditionné. Enfin, le marché du Cloud PC permet d’accéder à un ordinateur depuis un navigateur web. Cette solution connaît un essor important, porté notamment par la généralisation du télétravail.

Cinq conseils concrets pour un parc informatique plus durable

1. Prolonger la durée de vie des équipements

Le renouvellement d’un ordinateur ne devrait pas être dicté uniquement par son ancienneté. Tant qu’un équipement répond efficacement aux besoins des utilisateurs, il peut continuer à être exploité.

2. Adapter les performances aux usages réels

Tous les collaborateurs n’ont pas les mêmes besoins informatiques. Équiper chaque utilisateur en fonction de ses usages permet d’éviter le surdimensionnement des postes de travail, de limiter la consommation de ressources et d’optimiser les investissements.

3. Favoriser le réemploi avant le recyclage

Avant d’envisager le recyclage, plusieurs alternatives méritent d’être étudiées : réaffectation en interne, reconditionnement ou don à des structures associatives. En matière de déchets électroniques, la solution la plus vertueuse reste souvent de prolonger l’usage des équipements existants.

4. Miser sur la virtualisation des postes de travail

La centralisation des environnements de travail permet aux utilisateurs d’accéder à leurs applications et à leurs données depuis des terminaux moins récents ou moins puissants. Les performances étant assurées par l’infrastructure centralisée, cette approche contribue à prolonger la durée de vie des équipements tout en simplifiant leur gestion.

5. Intégrer des critères de durabilité dans les achats

Les décisions d’achat ne devraient pas reposer uniquement sur le prix ou les performances. La réparabilité, la durée de support, l’efficacité énergétique ou encore le potentiel de réemploi constituent des critères essentiels pour construire une politique informatique plus responsable et durable.

Ces conseils visent à adopter une approche plus durable du numérique en conciliant performance, maîtrise des coûts et responsabilité environnementale.