Gestion de flotte automobile Mobilité électrique Transition énergétique

La mobilité selon FD-C, un véritable levier de performance pour les entreprises

Par Benoît Morin |
La mobilité selon FD-C, un véritable levier de performance pour les entreprises

Face à la complexité réglementaire et aux impératifs environnementaux, la gestion de flotte automobile vit aujourd’hui une mutation sans précédent. Mais pour Mathieu Charpentier, président fondateur du cabinet FD-C (Fleet Développement-Conseil), il est aussi possible, en réalignant la chaîne de valeur, d’en faire un levier de compétitivité et de transformation durable. 

Quelles sont aujourd’hui les principales contraintes liées à la mobilité pour les entreprises ?

M.C. : « Les principaux enjeux pour les entreprises ont désormais trait à la RSE, à la transition énergétique et à la règlementation, ces trois aspects étant pour partie corrélés. La flotte automobile représente aujourd’hui jusqu’à 30 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’une entreprise de services, et avec l’entrée en vigueur de la directive CSRD, les entreprises doivent désormais reporter précisément leurs émissions sur les Scopes 1, 2 et 3. Le verdissement des flottes est donc devenu un argument, tant du point de vue commercial ─ les critères environnementaux sont par exemple intégrés de manière stricte dans les appels d’offres publics ─ que vis-à-vis d’autres partenaires investisseurs ou des salariés, les jeunes talents étant aussi attentifs au type de mobilité qu’au salaire.

La transition énergétique est donc impérative, mais un décalage persiste entre les intentions (84 % des entreprises françaises déclarent avoir entamé leur transition énergétique) et la réalité. L’électrification des véhicules utilitaires légers (VUL) pour la logistique urbaine reste ainsi un défi complexe, et l’intégration des hybrides rechargeables (PHEV), bien que pertinente pour les plus grands rouleurs, ne saurait être plus qu’une solution provisoire. La problématique est ici à la fois logistique, notamment pour la recharge des véhicules, et économique car le TCO (Total Cost of Ownership, ou coût total de possession) de l’électrique reste à optimiser. FD-C accompagne les dirigeants pour transformer ces contraintes en opportunité, en coconstruisant une feuille de route RSE flotte pragmatique et chiffrée.

Un autre écueil majeur tient à la réglementation, à la fois complexe et en constante évolution : réforme des Avantages en Nature (AEN) 2025, taxe au verdissement, fin du bonus écologique pour les VUL, même les spécialistes peinent à suivre… C’est d’ailleurs pour aider les entreprises sur cette question que FD-C assure une veille permanente, pour traduire chaque évolution législative en impact concret sur la car policy et la fiscalité, car elles risquent facilement de se retrouver en infraction, ou de négliger des avantages fiscaux qui ont un impact direct sur leurs coûts, et donc leur rentabilité. »

Selon vous, comment les entreprises peuvent-elles s’adapter à ce nouveau contexte ? 

M.C. : « Face à l’ampleur des problématiques, il m’apparaît comme nécessaire de repenser la gestion des flottes, et de faire évoluer les gouvernances. La car policy est en effet bien plus qu’un simple catalogue de voitures, et traduit la stratégie de mobilité des entreprises. Il est donc urgent de sortir d’une vision liée au statut pour se pencher sur les évolutions des usages et ainsi intégrer davantage de flexibilité et de multimodalité, à travers le développement du covoiturage ou du vélo de fonction par exemple. Car la mobilité est au carrefour de bien des fonctions de l’entreprise : opérationnel bien sûr, mais aussi financière ou RH, pour répondre à des problématiques d’attractivité.

Un autre levier est celui de la formation, qui n’est plus anecdotique, tant pour la prévention du risque routier que pour la prise en main des véhicules électriques. J’ajoute que l’écoconduite peut permettre à un conducteur formé de réduire sa consommation de carburant de 10 à 15%, générant des économies immédiates.

Bien entendu, l’impératif économique s’impose, et les directions des achats ont un rôle essentiel. Or, la négociation d’une flotte ne s’improvise pas : grilles tarifaires complexes, clauses de révision de loyer, conditions de restitution, paramétrage des cartes carburant multiservices… Un acheteur formé aux spécificités de la mobilité est alors un réel avantage. À ceci s’ajoute la nécessaire prise en compte du TCO, qui comprend plus de 20 critères distincts, et se focaliser uniquement sur le loyer financier est une erreur car un TCO non optimisé peut par exemple engendrer un surcoût de 20%.

La question devient d’ailleurs encore plus complexe pour des véhicules hybrides ou électriques du fait des différences de prix entre les recharges au domicile, au bureau ou en itinérance. Des leviers existent toutefois, comme une gestion fine de la fin de contrat ─ on peut par exemple générer une économie de 5 à 10 % sur les frais de remise en état en industrialisant les réparations avant restitution ─ ou une bonne négociation des clauses pour les Locations Longue Durée (LLD). Bien entendu, cela reste complexe, surtout pour les PME et ETI. C’est pour cela que FD-C construit pour chacun de ses clients des tableaux de bord TCO personnalisés, pour un pilotage fin ; et apporte une expertise en matière d’achats. »

Quels sont les leviers à actionner pour impulser cette transformation globale ? 

M.C. : « Ayant longtemps été Directeur de Flottes Automobile avant de créer FD-C, et contribué au Livre Blanc Ford Pro « Vans in the City » sur la livraison urbaine, je suis convaincu qu’un changement global est nécessaire. Pour une bonne prise en compte de tous les paramètres, il est indispensable d’aligner l’ensemble de la chaîne de valeurs, et cela implique à mon sens une évolution dans la gouvernance. Le gestionnaire de flotte doit ainsi devenir un chef d’orchestre, échangeant avec l’ensemble des parties pour construire une performance globale et pérenne. A ce titre, l’utilisation fine de la donnée est clé, permettant de centraliser la gestion, structurer les processus et de mettre en place des indicateurs de performance fiables (KPI). La donnée permet de modéliser les scénarios, pour que les décisions soient réellement impactantes, mais surtout pertinentes.

Mais il est aussi crucial d’anticiper l’avenir, pour adopter une mobilité augmentée. La connectivité des véhicules n’est plus un gadget, et la gestion prédictive des maintenances permettra d’anticiper les pannes avant qu’elles ne surviennent tout comme l’optimisation dynamique des itinéraires réduira l’empreinte carbone en temps réel. L’intelligence artificielle (IA) devient également un outil quotidien pour l’analyse de masses de données et la formulation de recommandations stratégiques. À mon sens, les entreprises qui préparent cette transition digitale et humaine aujourd’hui auront une longueur d’avance décisive sur leurs concurrents, anticipant plutôt que subissant, et c’est pourquoi FD-C intègre déjà l’IA dans ses processus de travail. »

Plus d’infos : 

Site : www.fd-c.eu

Mail : mathieu.charpentier@fd-c.eu