Le ZEvent 2026 s’achève sur un record spectaculaire. Pour sa dixième et dernière édition, le marathon caritatif organisé autour de Twitch a récolté près de 32,9 millions d’euros au profit de 22 associations. Plus de 300 streamers ont participé à l’événement, dont près de 90 réunis à Montpellier. En dix ans, le ZEvent aura ainsi levé plus de 90 millions d’euros. Au-delà du montant, cette dernière édition montre surtout la puissance économique et sociale acquise par les communautés de créateurs de contenus. Pour les marques comme pour les associations, les enseignements sont nombreux.

ZEvent 2026 : près de 33 millions d’euros récoltés pour une dernière édition hors norme

D’un salon à près de 33 millions d’euros récoltés en un week-end.

Le chemin parcouru par le ZEvent en dix ans est spectaculaire.

Dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 septembre, le compteur de la dernière édition s’est arrêté autour de 32,9 millions d’euros.

Un montant près de deux fois supérieur au précédent record.

En 2025, la Fondation de France avait officiellement comptabilisé 16,179 millions d’euros de collecte.

Cette fois, plus de 300 créateurs ont participé au marathon.

Près de 90 étaient réunis physiquement à Montpellier. Les autres diffusaient leurs programmes à distance.

Le ZEvent quitte donc la scène au moment même où il atteint une dimension qu’Adrien Nougaret, alias ZeratoR, et Alexandre Dachary, alias Dach, auraient difficilement pu imaginer lors des premières éditions.

ZEvent 2026 : 32,9 millions d’euros en quelques jours

La dernière édition avait été pensée comme un anniversaire.

Dix ans après les débuts de l’événement, les organisateurs avaient décidé de réunir les 22 associations déjà soutenues au cours de son histoire.

La Fondation de France assure la collecte des dons et leur reversement aux organismes bénéficiaires. Le site du ZEvent le précise directement sur ses pages de collecte.

Découvrir le site officiel du ZEvent

Le marathon proprement dit s’est déroulé du 4 au 6 septembre.

Il avait été précédé par un concert organisé le jeudi 3 septembre à la Sud de France Arena de Montpellier.

Au fil du week-end, les streamers ont multiplié les jeux, défis, rencontres et opérations spéciales pour faire progresser leurs cagnottes.

Le record de 2025 a été dépassé plusieurs heures avant la clôture.

Dimanche, peu avant 18 heures, plus de 16,6 millions d’euros avaient déjà été récoltés.

Le compteur a ensuite presque doublé pendant les dernières heures du marathon.

Cette accélération finale est devenue l’une des caractéristiques du ZEvent.

Les communautés attendent souvent les dernières heures pour débloquer des défis, participer à des opérations spéciales ou répondre aux appels des créateurs.

Plus de 90 millions d’euros récoltés en dix ans

Le chiffre final prend encore une autre dimension lorsque l’on regarde l’ensemble de l’histoire du ZEvent.

Avant l’édition 2026, les différentes éditions avaient déjà permis de récolter environ 58 millions d’euros.

Avec les près de 33 millions ajoutés cette année, le total dépasse désormais les 90 millions d’euros depuis la création du projet.

Le contraste avec les débuts est saisissant.

En 2016, l’événement réunissait une quinzaine de créateurs.

La collecte atteignait alors environ 170 000 euros.

Dix ans plus tard, plusieurs centaines de streamers participent au dispositif et des centaines de milliers de personnes suivent simultanément certaines séquences.

Le changement d’échelle dépasse largement la seule collecte.

Il concerne la production technique, les salles, les équipes, les partenaires, la boutique, les paiements et la gestion des associations bénéficiaires.

Le ZEvent est passé d’une initiative communautaire à une véritable organisation événementielle.

ZEvent 2026 : Mastu dépasse les cinq millions d’euros

Cette dernière édition a également montré jusqu’où pouvait aller la puissance d’une communauté individuelle.

Le streamer et youtubeur Mastu a franchi la barre des cinq millions d’euros collectés sur sa cagnotte personnelle selon les comptes de fin d’événement rapportés par plusieurs médias.

Une partie de cette performance repose sur une opération particulièrement efficace : une grande tombola.

Une quarantaine de lots exceptionnels étaient proposés.

On y trouvait notamment un script du film Inception signé par Christopher Nolan, des maillots de football dédicacés ou encore différents objets issus de la culture populaire.

La mécanique était simple.

Chaque don permettait de participer au tirage.

Le montant du don ne garantissait pas de gagner.

Un participant pouvait donc théoriquement remporter un objet rare après avoir donné seulement quelques euros.

Cette mécanique a transformé le don en expérience.

C’est l’une des grandes forces du ZEvent.

Pourquoi le ZEvent fonctionne-t-il aussi bien ?

Il ne suffit pas de réunir des personnalités connues pour collecter plusieurs dizaines de millions d’euros.

La force du ZEvent repose d’abord sur une relation particulière entre les streamers et leurs communautés.

Un téléspectateur regarde généralement une émission.

Un utilisateur de Twitch participe beaucoup plus directement.

Il discute dans le chat.

Il répond au streamer.

Il propose des idées.

Il débloque des objectifs.

Enfin, son don peut avoir une conséquence immédiate sur ce qui se passe à l’écran.

Cette proximité crée un engagement très différent de celui obtenu avec une campagne caritative traditionnelle.

Le don n’interrompt pas le divertissement.

Il en devient une composante.

C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants pour les associations, mais aussi pour les entreprises.

Une communauté vaut parfois davantage qu’une audience

Le ZEvent 2026 rappelle une différence essentielle entre audience et communauté.

Deux créateurs peuvent avoir exactement le même nombre d’abonnés.

Pourtant, leur capacité à mobiliser leur public peut être très différente.

Le nombre de vues ne suffit donc pas.

Il faut mesurer la confiance, la fidélité et la capacité à provoquer une action.

Business Times avait déjà observé ce phénomène avec le GP Explorer de Squeezie.

L’événement automobile a démontré qu’une audience issue de YouTube et Twitch pouvait devenir une audience physique, acheter des billets, suivre des sponsors et se déplacer pendant plusieurs jours.

À lire sur Business Times : GP Explorer, un levier économique inédit pour les sponsors

Le ZEvent va encore plus loin.

Ici, l’objectif n’est pas de vendre un produit.

Il consiste à convaincre des centaines de milliers de personnes de donner directement leur argent à une cause.

Réussir à obtenir près de 33 millions d’euros démontre une capacité de mobilisation extrêmement forte.

Les créateurs de contenus sont devenus de véritables médias

Il y a encore dix ans, les streamers étaient souvent perçus comme des joueurs diffusant leurs parties depuis leur chambre.

Cette vision ne correspond plus à la réalité.

Les principaux créateurs disposent aujourd’hui d’équipes.

Ils produisent des événements.

Ils développent des marques.

Ils organisent des spectacles.

Certains remplissent des salles de plusieurs milliers de places.

Le modèle rejoint celui observé chez Léna Situations.

Fin août, la créatrice concluait dix ans de Vlogs d’août avec un spectacle à l’Accor Arena.

Business Times analysait alors comment un créateur pouvait transformer une communauté numérique en billetterie, produits, événements et partenariats commerciaux.

À lire sur Business Times : Léna Situations et la nouvelle puissance économique des créateurs

Le ZEvent constitue probablement l’une des démonstrations les plus impressionnantes de cette évolution française.

Le ZEvent 2026 montre aussi les nouveaux codes de la philanthropie

Les associations ont traditionnellement plusieurs moyens de récolter des dons.

Courriers.

Campagnes télévisées.

Appels téléphoniques.

Événements physiques.

Collectes dans la rue.

Le streaming ajoute désormais une autre mécanique.

Le public peut recevoir une sollicitation au milieu d’un contenu qu’il suit volontairement depuis plusieurs heures.

Le créateur connaît également très bien sa communauté.

Il sait quels défis peuvent la faire réagir.

Il adapte son discours en direct.

Les résultats sont immédiatement visibles.

Lorsque la cagnotte progresse, tout le monde peut le constater.

Cette transparence alimente à son tour la mobilisation.

Le phénomène crée une sorte d’effet collectif : plus les dons augmentent, plus la communauté veut atteindre le prochain objectif.

La Fondation de France apporte la structure indispensable

Un événement capable de lever plusieurs dizaines de millions d’euros ne peut toutefois pas fonctionner uniquement sur la confiance accordée à des streamers.

La gestion financière devient essentielle.

Depuis plusieurs éditions, la Fondation de France intervient pour assurer la collecte et accompagner les organisations bénéficiaires.

Pour l’édition 2026, elle assure également le reversement aux 22 associations soutenues.

Ce rôle institutionnel répond à une question importante.

Lorsqu’un internaute donne 20 ou 100 euros, il doit savoir où ira son argent.

Plus l’opération grandit, plus les exigences de contrôle augmentent.

Le succès du ZEvent repose donc aussi sur cette association entre une culture numérique très informelle et une structure philanthropique beaucoup plus classique.

Les deux modèles ne s’opposent pas.

Ils se complètent.

Les entreprises peuvent-elles s’inspirer du ZEvent ?

Évidemment, une entreprise n’a pas vocation à reproduire un marathon de cinquante heures sur Twitch.

Mais plusieurs mécanismes sont intéressants.

Le premier concerne la mobilisation.

Le ZEvent ne demande pas uniquement à son public de soutenir une cause.

Il lui donne des objectifs concrets à atteindre.

Le deuxième concerne la visibilité.

Chaque progression est immédiatement affichée.

Enfin, la gamification transforme le geste individuel en expérience collective.

Pour une politique de mécénat, un challenge interne ou une collecte menée auprès des salariés, ces méthodes peuvent être utiles.

Une entreprise peut par exemple associer ses collaborateurs à la sélection d’une cause.

Elle peut fixer un objectif collectif.

Elle peut également compléter les dons réalisés par les équipes.

Le numérique permet ensuite de suivre l’opération en direct.

Le mécénat d’entreprise reste fiscalement encouragé

Pour les dirigeants, le sujet possède également une dimension fiscale.

Une entreprise qui effectue un don à un organisme d’intérêt général peut bénéficier, sous certaines conditions, d’une réduction d’impôt.

Le régime général prévoit actuellement 60 % de réduction pour la fraction des dons inférieure ou égale à deux millions d’euros, puis 40 % au-delà, avec certaines exceptions.

Un plafond s’applique également.

Consulter les règles officielles du mécénat d’entreprise sur economie.gouv.fr

Cela ne signifie évidemment pas qu’une opération de mécénat doit être motivée par son avantage fiscal.

Mais le dispositif explique pourquoi la philanthropie est aussi devenue un sujet de politique d’entreprise.

Les grands groupes comme les PME associent de plus en plus mécénat, engagement des salariés et politique RSE.

Attention à ne pas confondre mécénat et sponsoring

Le succès du ZEvent peut aussi donner envie à certaines marques de chercher une visibilité directe.

Il faut toutefois distinguer deux logiques.

Le mécénat repose sur un soutien sans contrepartie commerciale équivalente.

Le sponsoring recherche au contraire une visibilité ou un avantage publicitaire en échange du financement.

Les règles fiscales ne sont donc pas identiques.

Pour une entreprise, le choix doit être fait avant l’opération.

Si une marque finance un événement essentiellement pour afficher son logo et toucher une audience, on se rapproche du parrainage commercial.

Lorsqu’elle soutient une cause d’intérêt général sans contrepartie disproportionnée, la logique du mécénat peut s’appliquer.

Le ZEvent illustre justement la nécessité de conserver une frontière claire entre générosité et communication commerciale.

ZEvent 2026 : une leçon également pour les marques

Le ZEvent montre la puissance des créateurs.

Mais il rappelle aussi aux marques qu’elles ne maîtrisent pas entièrement ces communautés.

C’est un point essentiel.

Une communauté forte repose précisément sur la crédibilité personnelle du créateur.

Si une marque cherche à contrôler excessivement son discours, elle peut détruire ce qui fait sa valeur.

Le marketing d’influence fonctionne donc différemment de la publicité classique.

Les entreprises ne louent plus simplement un espace.

Elles entrent dans une relation entre un créateur et son public.

Business Times l’avait souligné dans son analyse consacrée à Léna Situations : la puissance économique de l’influence s’accompagne aussi d’un risque de réputation beaucoup plus élevé.

Les entreprises doivent donc regarder autre chose que le simple nombre d’abonnés.

La qualité de la communauté devient un indicateur majeur.

Pourquoi arrêter alors que les records tombent ?

La décision peut sembler paradoxale.

Pourquoi mettre fin à un événement au moment où il vient de pulvériser son record ?

Les organisateurs avaient annoncé dès le mois de mai que 2026 serait la dernière édition.

ZeratoR a expliqué qu’après dix ans, l’équipe avait le sentiment d’avoir exploré la formule et de vouloir terminer sur une grande fête.

Cela ne signifie pas nécessairement la fin de leur engagement caritatif.

L’idée est plutôt de ne pas laisser le ZEvent devenir une institution répétée mécaniquement chaque année.

Le créateur a indiqué que l’aventure solidaire pourrait continuer sous d’autres formes.

Cette décision contient d’ailleurs une leçon intéressante pour les entreprises.

Une marque ou un événement peut parfois préserver sa valeur en sachant s’arrêter.

La croissance perpétuelle n’est pas toujours la meilleure stratégie.

Le ZEvent laisse surtout un modèle derrière lui

Le ZEvent disparaît.

Le modèle qu’il a contribué à inventer, lui, va probablement rester.

Des créateurs ont démontré qu’ils pouvaient réunir des centaines de milliers de personnes autour d’une cause.

Ils ont montré qu’une opération caritative pouvait adopter les codes du divertissement sans perdre son objectif.

Ils ont également rapproché deux univers longtemps séparés : la philanthropie traditionnelle et la culture numérique.

Pour les associations, la conséquence est importante.

Les nouvelles générations ne consomment pas l’information de la même manière.

Elles ne donnent pas nécessairement de la même manière non plus.

Le prochain enjeu sera donc de conserver cette mobilisation sans le rendez-vous annuel qui la fédérait.

ZEvent 2026 : la fin d’un événement, pas celle de l’économie des créateurs

Avec près de 32,9 millions d’euros récoltés, le ZEvent 2026 quitte la scène sur un résultat difficile à imaginer quelques années auparavant.

Plus de 300 streamers ont participé.

Vingt-deux associations vont bénéficier de la mobilisation.

Sur dix ans, plus de 90 millions d’euros auront été récoltés.

Mais le principal héritage n’est peut-être pas financier.

Le ZEvent a démontré qu’une communauté numérique pouvait produire une mobilisation collective comparable à celle des grands médias traditionnels.

Le GP Explorer l’avait montré dans le sport.

Léna Situations l’a montré dans l’événementiel.

Le ZEvent l’a démontré dans le caritatif.

Pour les entreprises, les associations et les annonceurs, la leçon est assez claire.

Les créateurs de contenus ne sont plus simplement un nouveau canal publicitaire.

Certains sont devenus de véritables médias capables de construire une communauté, de créer leurs propres événements et surtout de provoquer une action immédiate.

Avec près de 33 millions d’euros récoltés en quelques jours, le dernier ZEvent vient d’en apporter une démonstration difficilement contestable.